Méditation

« Si ce n’est le Seigneur qui bâtit la maison… »

Culte « abrégé » du dimanche 3 avril 2022
(précédant l’Assemblée générale de l’association cultuelle)
Prédication par le pasteur David Veldhuizen

Texte biblique : Psaume 127

En ce cinquième dimanche du Carême, je vous propose une dernière étape dans notre parcours parmi les Psaumes des montées ou des pèlerinages. Vous pourrez retrouver sur le site Internet de la paroisse toutes les prédications de cette série. Aujourd’hui, le Psaume 127 nous parle à la fois de bâtiment, et de famille, de postérité. Cela nous conduit déjà dans la thématique de la réflexion que le Conseil presbytéral proposera à l’Assemblée générale.

Pour les pèlerins juifs, l’objectif a longtemps été le temple de Jérusalem, construit sous les ordres de Salomon, lieu sacré où les sacrifices de réconciliation sont offerts, lieu sacré où le peuple honore son Dieu. La Bible nous raconte que c’est le roi David qui avait voulu construire un tel édifice, mais qu’en consultant Dieu, il lui a été donné de comprendre que cela n’était pas sa mission, et David n’a pas insisté. Il faut dire que Dieu lui avait promis autre chose : « Je susciterai après toi ta descendance, celui qui sera sorti de toi, et j’affermirai son règne. (…) Ta maison et ton règne seront pour toujours assurés devant toi, ton trône pour toujours affermi. » (2 Samuel 7,12b.16). La suite de l’histoire, nous la connaissons : le Temple sera bien bâti par Salomon, mais quatre siècles plus tard, il sera détruit par l’envahisseur babylonien. Or, mille ans après le règne de David, un de ses descendants naît à Bethléem, il a pour nom Jésus, il est le Messie, le Christ.

Dans le Psaume 127, la maison peut donc être le Temple, ou un autre bâtiment. Mais la suite suggère que ce Psaume est en fait une petite leçon de sagesse, comme on en trouve dans d’autres livres du Premier Testament, comme on en trouve aussi dans la bouche de Jésus avec des appels à la confiance. Dans ce Psaume comme dans d’autres textes, la maison semble aussi désigner une famille, un foyer, et même plus exactement, des parents et des jeunes enfants. Les deux premiers versets semblent ici témoigner de ce quotidien où les adultes peuvent faire beaucoup d’efforts, veiller longtemps, se lever tôt et se coucher tard, avec des moments d’épreuve, du fait de leurs enfants, ce quotidien que beaucoup de jeunes parents connaissent. Mais ces éléments ne sont pas ce qui compte. Ce qui compte, ce sont les enfants, les fils ici, présentés, avec justesse, comme un cadeau que l’on reçoit du Seigneur. Ce qui compte, ce ne sont donc pas les soucis, mais ce qui est donné, ce que nous recevons. Et ce qui est donné, ce sont d’autres êtres vivants, qui ressemblent à leurs parents et aînés et en même temps qui sont uniques, singuliers, complètement nouveaux. Ces autres êtres vivants sont appelés à vivre après notre mort, appelés à poursuivre le chemin de vie que nous avons nous-même emprunté à la suite de nos ancêtres. Quelles bénédictions avons-nous reçu ? En tant que chrétiens, c’est la Bonne Nouvelle, la rencontre avec Jésus-Christ, son amour et son pardon ; et, en recevant Christ comme notre frère, nous nous recevons mutuellement les uns les autres comme frères et sœurs, formant ainsi la maison des enfants de Dieu. C’est cette maison que nous pourrions avoir à transmettre, une maison communauté plutôt que bâtiment. C’est une maison dont le bâtisseur doit être le Seigneur, et non nos désirs, aussi bien intentionnés soient-ils.

Veillons donc à ne pas travailler en vain. Prenons le temps de nous assurer que le Seigneur bâtit avec nous. Que son Esprit nous éclaire, pour que nous participions à notre place à l’édification de la maison des enfants de Dieu, une communauté vivante et ouverte davantage préoccupée de l’amour entre ses membres et au-delà, que des murs qui, un temps, abritent ces mêmes membres. Amen.