Méditation

Il suffit de croire pour que s’ouvre une vie nouvelle

Temps cultuel (précédant l’Assemblée générale) du dimanche 14 mars 2021
Prédication par le pasteur David Veldhuizen

Texte biblique : Jean 3,13-21

Écoutez ci-dessus ou en cliquant ici (PodCloud) l’enregistrement de la prédication.

Dans le passage que nous venons d’entendre, Jésus évoque un épisode du Premier Testament, durant lequel Moïse fabrique un serpent de bronze. Un petit rappel concernant cette histoire. Libéré de l’esclavage, sorti d’Égypte, le peuple n’a pas encore accès à la Terre Promise. Pendant les quarante années passées au désert, les Israélites se plaignent à de nombreuses occasions de leur sort. L’eau et la nourriture sont rares, et bien sûr ce provisoire qui dure jusqu’à ce que les générations soient renouvelées, ce provisoire est difficile à vivre. Alors, en Nombres 21, ils s’en prennent à Moïse mais surtout à Dieu. Juste après, des serpents attaquent les Israélites ; beaucoup meurent. D’autres prennent conscience de leurs reproches injustes envers Dieu. Devant leur repentance, Dieu demande à Moïse de fondre du métal pour un faire un serpent, et élever ce serpent sur une perche, presque une croix, pour qu’il soit visible de tous. Moïse s’exécute, et tous les Israélites qui regardent le serpent, avec confiance dans le pardon de Dieu, tous ceux qui voient le serpent ont la vie sauve. En une formule, il suffit de voir pour être sauvé.

Les années ont passé. L’évangile de Jean nous raconte que Jésus a passé trois Pâques juives à Jérusalem. Lors de la première d’entre elles, une nuit, en toute discrétion, un Pharisien vient s’entretenir avec lui. Il s’appelle Nicodème. Il se demande sincèrement qui est Jésus, et s’il ne serait pas quelqu’un de très important pour sa foi et pour son peuple. Jésus et lui dialoguent. Le pharisien a du mal à comprendre ce que Jésus veut dire quand il parle de nouvelle naissance. Jésus l’encourage à lui faire confiance, même si ce qu’il dit est étonnant. Jésus l’invite à poursuivre son cheminement : si Jésus vient de Dieu, ce que Nicodème soupçonne, alors ce qu’il dit de Dieu et de l’humanité est vrai.

Surtout, Jésus explique à Nicodème, mais aussi à tous ceux qui ont entendu ou lu l’évangile de Jean que désormais, il suffit de croire en lui pour être sauvé. Pas besoin de voir, juste de croire. Il faut croire que le Fils de Dieu a été élevé en gloire alors qu’humainement il était humilié en haut d’une croix. Pour Nicodème, il est trop tôt pour comprendre que Jésus annonce ici la croix. Mais depuis la troisième Pâque de Jésus à Jérusalem, depuis la Passion jusqu’au tombeau vide, nous comprenons que l’élévation paradoxale du Christ renvoie à un événement bien identifié, la croix.

Jésus est très clair sur sa mission : il a été donné par Dieu afin de sauver ceux qui croient. Il leur donne accès à la vie éternelle, qui n’est pas une vie à perpétuité, mais une vie qui est ouverte à une dimension qui dépasse nos limites et nos compréhensions, une vie ouverte sur le Tout-Autre. Oui, il suffit de croire en Jésus Fils de Dieu pour goûter à cette vie augmentée. Jésus est encore très clair : il est venu pour sauver, sans exclusive. Sauver ses amis bien sûr. Mais aussi ceux qui ne croient pas, qui ne croient pas encore pourrait-on dire.

Mais l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ est encore plus grand, car il souhaite aussi faire vivre ceux qui détestent la lumière, parce qu’ils savent que la lumière les condamnent. Jésus nous invite à ne pas craindre la lumière. Car être dans la lumière en croyant en lui, cela fait disparaître le jugement et la condamnation. Là où notre conscience nous accable de regrets ou ne parvient pas à accepter nos fragilités, là où nos proches ou nos contemporains nous renvoient à nos erreurs et à nos échecs, la lumière du Christ nous illumine de son amour, restaure notre dignité, et nous fait entrer dans une qualité de vie incomparable.

Alors oui, plaçons-nous dans cette lumière. Le jugement meurt, et nous commençons une vie nouvelle, autre, ouverte sur l’éternité. Amen.