Méditation

Des bergers pour un berger

Culte du samedi 25 décembre 2021 (Noël)
Prédication participative et parcours biblique par le pasteur David Veldhuizen

En ce culte de Noël, je voudrais vous proposer de donner un peu de relief à un groupe de personnages qui figurent dans l’évangile de Luc, que nous allons entendre tout à l’heure, quand il nous raconte la naissance de Jésus, un groupe de personnages que nous plaçons aussi dans nos crèches. Mais pour donner un peu de relief à ces personnages, je vais avoir besoin de vous. Nous allons parler des bergers. Et nous allons pour cela cheminer à travers les pages de nos bibles…

Première question, pourriez-vous me dire qui est le premier berger à apparaître dans nos bibles ?

« [Eve] met aussi au monde Abel, le frère de Caïn. Abel devient berger, et Caïn cultive la terre. »

Genèse 4,2

Il n’y a pas besoin de tourner beaucoup de pages dans nos bibles avant de trouver ce premier berger ! Alors quand on parle de Caïn et Abel, on parle de phénomènes très anciens, importants pour l’espèce humaine. Il n’y a pas le même rapport à l’espace, à l’occupation de l’espace, à nos mouvements, selon si on est cultivateur ou si l’on est éleveur ou berger. L’éleveur peut bien sûr prévoir un enclos pour son bétail, mais ses troupeaux se déplacent là où il y a boire et à manger, alors que le cultivateur s’attache à un terrain donné. Dans les deux cas, il s’agit d’une certaine domestication d’autres espèces vivantes, parfois le végétal, parfois de l’animal. Et puis dans les deux cas, il y a aussi une relation à Dieu qui s’instaure, qui devient différente très rapidement et très rapidement dramatique. Abel, le berger, présente une offrande qui reçoit les faveurs de Dieu, et vous le savez, son frère, jaloux, le tuera peu après ; Abel, le berger, est donc la première victime innocente de la violence au sein de l’espèce humaine. Deux idées au moins à retenir : la bonne relation entre le berger et le Créateur d’une part, et d’autre part, sa mort absurde, à cause de son frère.

Deuxième question : en tournant quelques pages, en restant dans les livres de la Genèse et de l’Exode, est-ce que vous pouvez me citer des patriarches qui ont été des bergers ou qui étaient propriétaires de troupeaux employant des bergers ?

Il y a Abraham, bien sûr, on nous parle notamment d’un moment avec son neveu où ils se répartissent des pâturages ; on ne sait pas s’il gardait lui-même ses troupeaux, en tous cas il était propriétaire de troupeaux…

Et ensuite, après Abraham ?

Isaac a sûrement été berger, et le fils d’Isaac, Jacob. Alors au début, on nous dit qu’il reste avec sa maman, au campement, mais il doit fuir parce qu’il a volé le droit d’aînesse et la bénédiction de son frère, et il se réfugie justement chez son oncle Laban. Et il va vouloir épouser Rachel mais avant cela il va devoir travailler comme berger pendant sept années et même pendant sept années de plus, car il se fera avoir par son beau-père. Et puis Jacob va avoir des enfants, qui vont aussi garder des troupeaux, les Douze qui seront ensuite les douze tribus d’Israël. Il y a un moment, quand ils sont aux champs, c’est l’histoire de Joseph qui raconte ses rêves…

Allons un peu plus loin, est-ce que vous savez à quel moment Moïse a été berger ? On se souvient de sa naissance, on se souvient peut-être de tout ce qui se passe devant le Pharaon, de la sortie d’Égypte, dans le désert… Est-ce que vous savez si Moïse a été berger et si oui, à quel moment ? C’est un épisode un peu creux dans sa vie… C’est dans Exode 3, juste avant l’épisode du buisson ardent. En fait, il avait été élevé à la cour du Pharaon, et puis il avait vu un Égyptien maltraiter un Hébreu, il l’avait défendu, il avait même tué l’Égyptien et il avait dû fuir. Il avait fui dans le désert, et il s’était rapproché d’une famille, de Jethro, dont il avait épousé une des filles.

« Moïse garde les moutons et les chèvres de Jéthro, son beau-père, le prêtre de Madian. Un jour, Moïse conduit le troupeau au-delà du désert et il arrive à l’Horeb, la montagne de Dieu. »

Exode 3,1

Juste après, vous avez l’histoire du buisson ardent dans laquelle il est appelé à retourner en Égypte pour libérer le peuple. En fait, le cycle de la Genèse et de l’Exode pourrait être l’histoire d’une dynastie pastorale. Et de très nombreux épisodes de la vie de ces personnages sont extrêmement riches pour aider les humains de tous les temps à réfléchir sur des sujets universels : le fait de quitter sa famille, d’en fonder une autre, les questions de mariage, d’engendrement, de parenté, d’adoption, de sépulture, d’héritage… Toutes ces questions-là, on les voit dans les vies d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et de Moïse. En fait, ces bergers ou ces propriétaires de troupeaux auront toutes les questions que nous pouvons nous poser. Dans les multiples péripéties de leurs vies, tous nos questionnements existentiels sont évoqués, avec comme fil rouge une relation avec Dieu définie par des bénédictions, des promesses, des alliances. Finalement, être berger, avec tous ces patriarches, c’est être humain, tout simplement, en relation avec d’autres, dans des familles, avec d’autres familles, avec d’autres peuples, et avec Dieu.

Après Abel et les patriarches, troisième étape de notre cheminement, on saute quelques générations. Après la sortie d’Égypte, les années au désert, l’entrée dans la Terre promise, vient le temps des Juges. Cette période prend fin quand le peuple demande à Dieu d’être un peuple comme les autres, c’est-à-dire avec un roi. Malgré les mises en garde du Seigneur, le peuple insiste, et Saül devient le premier roi d’Israël. Et quand Saül s’éloigne de Dieu, le prophète Samuel va être envoyé pour désigner son successeur. Qui est le successeur de Saül ?

C’est David.

Lisons la rencontre entre le prophète Samuel et David.

« Le SEIGNEUR dit à Samuel : « Est-ce que tu vas pleurer Saül encore longtemps ? C’est moi qui l’ai rejeté, et il ne sera plus roi d’Israël. Prends de l’huile et va à Bethléem. Je t’envoie là-bas, chez Jessé. En effet, j’ai choisi parmi ses fils le roi qui me plaît. » […] Jessé fait passer ainsi sept de ses fils devant Samuel. Samuel lui dit : « Le SEIGNEUR n’a choisi aucun d’eux. » Puis il ajoute : « Est-ce que tes fils sont tous là ? » Jessé répond : « Non, il y a encore David, le plus jeune. Il garde les moutons. » Samuel lui dit : « Envoie quelqu’un le chercher ! Nous ne commencerons pas le repas du sacrifice avant son arrivée. » Aussitôt Jessé fait venir David. David a le teint clair, avec de beaux yeux et un beau visage. Alors le SEIGNEUR dit à Samuel : « C’est lui ! Verse de l’huile sur sa tête pour le faire roi ! » Samuel prend l’huile et il la verse sur la tête de David devant ses frères. L’esprit du SEIGNEUR descend sur David et, à partir de ce jour-là, il ne le quitte plus. »

1 Samuel 16,1;11-13 (extraits)

Ce qui est intéressant, c’est que, normalement dans un système monarchique, on va chercher le successeur d’un roi à la cour, et là, le prophète est envoyé dans les champs pour aller chercher un berger. Un tout petit peu après, au chapitre suivant, il va encore être question de David. C’est le passage très célèbre avec les Philistins, le défi lancé par Goliath. Et David dit qu’il va le combattre, Saül lui demande s’il va y arriver. Et en 1 Samuel 17, dans quelques versets, on va voir en quoi l’expérience de David en tant que berger va être utile dans le combat.

« Alors David dit [à Saül] : « Quand je garde les moutons de mon père, si un lion ou un autre animal sauvage vient et prend un mouton du troupeau, je cours derrière lui. Je le frappe et j’arrache le mouton de sa gueule. Et s’il vient contre moi, je le saisis à la gorge et je le tue. Voilà comment je fais pour tuer les lions et les autres animaux sauvages. Je vais faire la même chose à ce Philistin non circoncis qui a insulté l’armée du Dieu vivant. Le SEIGNEUR me protège des griffes du lion et des autres animaux sauvages. Il va aussi me protéger des attaques de ce Philistin. » Alors Saül dit à David : « Pars donc, et que le SEIGNEUR soit avec toi ! » »

1 Samuel 17,34-37

Cela nous change de l’image du berger qui garde ses troupeaux tranquillement. Un berger peut être confronté à des dangers, à des bêtes sauvages qu’il y avait à l’époque, on peut penser aussi à tout ce qui peut venir à notre rencontre d’hostile. Mais la Bible nous dit que le Seigneur nous donne la force d’affronter cette adversité. Cela nous rappelle que l’existence du berger n’est pas toujours aussi bucolique, presque mièvre, comme on l’imagine, mais elle est aussi faite d’imprévus et de dangers. David devient roi, et vous savez que l’on dit que Jésus est le descendant de David. Il est devenu la référence royale pour Israël. Ce n’était pas quelqu’un de parfait, vous connaissez sûrement cette séquence dans laquelle il envoie un de ses généraux en première ligne pour le faire tuer, et ainsi épouser sa veuve… Mais la Bible nous raconte sa repentance sincère, la Bible nous décrit surtout David comme n’oubliant presque jamais de s’entretenir avec le Seigneur, de se placer à son écoute, de lui dire sa reconnaissance. Nous en avons des restes, des témoignages, car vous savez que l’on attribue à David une bonne partie des 150 psaumes, et notamment le Psaume 23 où il est justement question… de berger ! Ici, le berger, c’est l’Éternel.

« Psaume de David. Le SEIGNEUR est mon berger, je ne manque de rien.
Il me fait reposer dans des champs d’herbe verte,
il me conduit au calme près de l’eau, il me rend des forces,
il me guide sur le bon chemin, pour montrer sa gloire.
Même si je traverse la sombre vallée de la mort,
je n’ai peur de rien, SEIGNEUR, car tu es avec moi.
Ton bâton de berger est près de moi, il me rassure.
Tu m’offres un bon repas sous les yeux de mes ennemis.
Tu verses sur ma tête de l’huile parfumée, tu me donnes à boire en abondance.
Oui, tous les jours de ma vie, ton amour m’accompagne, et je suis heureux.
Je reviendrai pour toujours dans la maison du SEIGNEUR. »

Psaume 23

A partir de David et notamment de ce Psaume 23, le Premier Testament va développer cette image du berger. C’est maintenant une image et pas seulement une réalité du quotidien. Cette image distingue d’un côté les bergers humains, avec leurs négligences, leurs failles, leurs absences, et de l’autre, le berger fiable, solide et attentionné envoyé par Dieu. Porte-paroles de Dieu, plusieurs prophètes vont interpeller les élites politiques et religieuses du peuple élu : les prophètes vont dénoncer les défauts des bergers humains pour mieux annoncer le bon pasteur. On va lire un seul texte, très long, mais beaucoup de textes prophétiques reprennent des parties de cette argumentation. Vous verrez, on retrouvera plus tard ces images, mais on ne sait pas toujours qu’elles viennent des prophètes.

« Le SEIGNEUR m’a adressé sa parole. Il m’a dit : « Toi qui n’es qu’un homme, parle comme un prophète contre les chefs du peuple d’Israël. Parle comme un prophète et dis-leur : Voici les paroles du Seigneur DIEU : Quel malheur pour vous, bergers d’Israël ! Vous vous occupez seulement de vous-mêmes ! Est-ce que les bergers ne doivent pas s’occuper des moutons ? Vous, au contraire, vous buvez le lait des brebis, vous prenez leur laine pour vous habiller, vous tuez les bêtes les plus grosses. Mais les moutons, vous ne vous en occupez pas. Vous n’avez pas rendu des forces aux moutons qui étaient faibles. Vous n’avez pas guéri ceux qui étaient malades. Vous n’avez pas soigné ceux qui avaient une patte cassée. Vous n’avez pas ramené ceux qui s’étaient éloignés du troupeau. Vous n’avez pas cherché ceux qui étaient perdus. Mais vous avez dominé les moutons avec violence et dureté. Les moutons sont partis de tous côtés parce qu’ils n’avaient pas de berger. Et toutes les bêtes sauvages les ont dévorés. Mon troupeau est allé se perdre sur les montagnes et sur les collines. Mes moutons sont partis de tous côtés dans tout le pays. Personne ne va les chercher, personne ne s’en occupe. C’est pourquoi, bergers d’Israël, écoutez ce que je vous dis. Aussi vrai que je suis vivant, voici ce que je déclare, moi, le Seigneur DIEU : Mon troupeau est dans les mains des voleurs. Toutes les bêtes sauvages ont pris les moutons et les ont dévorés, parce qu’ils n’avaient pas de berger. Mes bergers ne sont pas allés les chercher. Mais ces bergers s’occupent d’eux-mêmes, ils ne s’occupent pas de mon troupeau. C’est pourquoi, bergers d’Israël, écoutez ce que je vous dis. Moi, le Seigneur DIEU, je vous préviens. Je vais agir contre vous, les bergers. Je vous reprendrai mon troupeau, je vous empêcherai de le diriger. Alors vous ne pourrez plus profiter d’eux. J’arracherai mes moutons de votre bouche, et ils ne serviront plus à vous nourrir.
« Voici ce que je dis, moi, le Seigneur DIEU : À partir de maintenant, j’irai moi-même chercher mes moutons et je m’occuperai d’eux. Quand un berger se trouve au milieu d’un troupeau parti de tous côtés, il s’occupe de ses moutons. De la même façon, je m’occuperai de mon troupeau. J’irai délivrer les moutons partout où ils sont partis, dans le brouillard et dans la nuit. Je les ferai sortir des pays étrangers, je les rassemblerai et je les ramènerai dans leur pays. Je les conduirai sur les montagnes d’Israël, dans les vallées, dans les meilleurs endroits du pays. Je les conduirai dans un bon pâturage, et ils auront leurs champs d’herbe sur les montagnes du pays d’Israël. Là, mes moutons pourront se reposer dans de beaux champs d’herbe. Ils mangeront dans des endroits fertiles, sur les montagnes d’Israël. C’est moi qui serai le berger de mon troupeau, c’est moi qui le ferai se reposer. Moi, le Seigneur DIEU, je le déclare. Le mouton perdu, j’irai le chercher, celui qui s’est éloigné, je le ramènerai. Celui qui a une patte cassée, je le soignerai. Celui qui est malade, je lui rendrai des forces. Mais celui qui est gros et fort, je le supprimerai. Je serai un berger juste. » »

Ézéchiel 34,1-16

Nous entendons bien dans ce texte à la fois le constat, la mise en garde à l’égard de personnes qui ont un peu la charge de bergers, on peut penser aux dirigeants politiques ou religieux mais cela peut concerner tous les groupes, et puis cette promesse, cet engagement de Dieu de venir rassembler son troupeau, d’en prendre soin. On va arrêter avec le Premier Testament, et nous arrivons maintenant au Nouveau Testament. Nous allons maintenant entendre comment Luc nous raconte la nuit spéciale des bergers de Bethléem, c’est-à-dire, comme le disent les paroles d’un cantique, des bergers qui vivent et travaillent dans les mêmes pâturages que leur ancêtre David…

« Joseph quitte donc la ville de Nazareth en Galilée pour aller en Judée, à Bethléem. C’est la ville du roi David. En effet, David est l’ancêtre de Joseph. Joseph va se faire inscrire avec Marie, sa femme, qui attend un enfant.
Pendant qu’ils sont à Bethléem, le moment arrive où Marie doit accoucher. Elle met au monde un fils, son premier enfant. Elle l’enveloppe dans une couverture et elle le couche dans une mangeoire. En effet, il n’y a pas de place pour eux dans la salle où logent les gens de passage.
Dans la même région, il y a des bergers. Ils vivent dans les champs, et pendant la nuit, ils gardent leur troupeau. Un ange du Seigneur se présente devant eux. La gloire du Seigneur les enveloppe de lumière, alors ils ont très peur. L’ange leur dit : « N’ayez pas peur. Oui, je viens vous annoncer une bonne nouvelle qui sera une grande joie pour tout votre peuple. Aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur est né pour vous. C’est le Christ, le Seigneur. Voici comment vous allez le reconnaître : vous trouverez un petit enfant enveloppé dans une couverture et couché dans une mangeoire. »
Tout à coup, il y a avec l’ange une troupe nombreuse qui vient du ciel. Ils chantent la louange de Dieu : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et sur la terre paix à ceux que Dieu aime ! »
Ensuite, les anges quittent les bergers et retournent au ciel. Alors les bergers se disent entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur Dieu nous a fait connaître. »
Ils partent vite et ils trouvent Marie, Joseph et le petit enfant couché dans la mangeoire. Quand ils le voient, ils racontent ce que l’ange leur a dit sur cet enfant. Tous ceux qui entendent les bergers sont étonnés de leurs paroles. Marie retient tout ce qui s’est passé, elle réfléchit à cela dans son cœur. Ensuite les bergers repartent. Ils rendent gloire à Dieu et chantent sa louange pour tout ce qu’ils ont vu et entendu. En effet, tout s’est passé comme l’ange l’avait annoncé. »

Luc 2,4-20

Je vous propose de chanter, de reprendre le chant des anges, le n°375 de nos recueils : Gloire à Dieu au plus haut des cieux.

Quelques mots sur ces bergers de Bethléem. Selon les siècles, l’importance accordée à ces bergers a été très variable. On en parlait très peu, on parlait plutôt des mages, plus exotiques… Dans le judaïsme du deuxième siècle par exemple, les bergers étaient méprisés, au même titre que les collecteurs d’impôts notamment, comme dans les évangiles, des gens pas très recommandables. Mais les pères de l’Église, notamment Origène, Ambroise ou Cyrille d’Alexandrie, prêcheront que ces bergers étaient des modèles du croyant, qui ont répondu avec empressement à l’invitation qui leur était faite d’aller rencontrer un nouveau-né… Leur humilité et leur simplicité est devenu un modèle de ce que pourrait être notre foi quand nous recevons un message de bonne nouvelle.

Mais les bergers de Bethléem, la nuit de Noël, ne sont pas les derniers bergers qui apparaissent dans nos bibles ! En fait, cette nuit-là, les bergers de Bethléem sont venus voir celui qui allait devenir le bon berger promis au temps des prophètes. Nous allons entendre deux passages dans les évangiles où Jésus explique en quoi il est le bon berger à celles et ceux qui l’écoutent. Il y a le chapitre 10 de l’évangile de Jean et puis la parabole de la brebis perdue et retrouvée.

« « Oui, je vous le dis, c’est la vérité : si quelqu’un n’entre pas par la porte dans l’enclos des moutons, mais s’il passe par-dessus le mur à un autre endroit, c’est un voleur et un bandit. Mais celui qui entre par la porte, c’est le berger des moutons. Le gardien lui ouvre la porte, et les moutons écoutent la voix du berger. Il appelle ses moutons chacun par son nom et il les conduit dehors. Quand il les a tous fait sortir, il marche devant eux. Et ses moutons le suivent, parce qu’ils connaissent sa voix. Ils ne suivront jamais quelqu’un d’autre. Au contraire, ils fuiront loin de lui, parce qu’ils ne connaissent pas la voix des autres personnes. »
Jésus utilise cette comparaison, mais les gens ne comprennent pas ce qu’il veut dire.
Alors Jésus ajoute : « Oui, je vous le dis, c’est la vérité : la porte pour les moutons, c’est moi. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits. Mais les moutons ne les ont pas écoutés. La porte, c’est moi. Celui qui entre en passant par moi sera sauvé. Il pourra entrer et sortir et il trouvera de la nourriture. Le voleur vient seulement pour voler, tuer et détruire. Moi, je suis venu pour que les gens aient la vie, et pour que cette vie soit abondante.
« Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses moutons. Celui qui n’est pas le berger travaille seulement pour de l’argent, les moutons ne lui appartiennent pas. Alors quand il voit le loup arriver, il abandonne les moutons et il part en courant. Le loup emporte des moutons et il fait partir le troupeau de tous les côtés. En effet, l’homme qui travaille seulement pour de l’argent ne s’occupe pas bien des moutons. Le bon berger, c’est moi. Le Père me connaît, et je connais le Père. De la même façon, je connais mes moutons, et mes moutons me connaissent. Je donne ma vie pour eux. J’ai encore d’autres moutons qui ne sont pas dans cet enclos. Eux aussi, je dois les conduire. Ils écouteront ma voix, alors il y aura un seul troupeau et un seul berger. »

Jean 10,1-16

« Alors Jésus leur raconte cette histoire : « Parmi vous, un homme a 100 moutons et il en perd un. Bien sûr, il va laisser les 99 moutons dans les champs et il part chercher celui qui est perdu, jusqu’à ce qu’il le trouve. Quand il l’a trouvé, il est tout joyeux. Il met le mouton sur ses épaules, puis il rentre chez lui. Il appelle ses amis et ses voisins et leur dit : “Venez, réjouissez-vous avec moi ! Oui, j’ai retrouvé mon mouton qui était perdu ! ” Je vous le dis, c’est la même chose : quand un seul pécheur change sa vie, Dieu est dans la joie. Sa joie est plus grande que pour 99 personnes justes qui n’ont pas besoin de changer leur vie ! » »

Luc 15,3-7

On va arrêter notre parcours biblique ici, nous avons vu un certain nombre de textes ! Quelques phrases de synthèse et quelques mots d’envoi pour conclure. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont accepté de venir lire et à vous tous qui avez réfléchi pour deviner quels textes nous allions écouter. La figure des bergers traverse toute la Bible. Je me demande si, en rentrant chez vous tout à l’heure, vous regarderez différemment les bergers qui sont sûrement dans vos crèches. Il ne s’agit pas simplement de représentants du monde rural, il ne s’agit pas simplement d’un prétexte pour faire entrer la douceur des moutons dans cette nativité un peu rustique…

Le berger, dans la Bible, c’est celui dont la louange et l’offrande plaisent à Dieu, c’est celui qui est tué alors qu’il est innocent, c’est celui qui est confronté à de très nombreuses questions existentielles qui sont celles de tout être humain, c’est celui qui peut être un témoin de la protection de Dieu, c’est celui qui a la charge d’autres êtres vivants et qui est appelé à être à la hauteur de cette responsabilité. Mais un berger, s’il n’est qu’un être humain, demeure un berger ordinaire, avec ses faiblesses ; alors que Jésus, le Christ, est le vrai, le seul, le bon berger dont nous avons besoin. Noël, c’est une bonne nouvelle pour tous les bergers, qui ne sont plus seuls, ils sont eux-mêmes pris en charge par le bon berger.

En guise d’envoi, à la suite de Luther commentant le chapitre 2 de l’évangile de Luc, je vous propose de vous demander : êtes-vous bergers ? D’abord saisis par la crainte, avez-vous entendu le chant des messagers de la Bonne Nouvelle ? Vous êtes-vous mis en chemin et avez-vous rencontré le Sauveur promis, même s’il s’agissait d’un nouveau-né dépendant de tous ? Avez-vous témoigné de votre découverte, glorifié et loué Dieu pour les cadeaux qu’il vous a fait ? Oui, si nous avons reconnu en Jésus le bon berger qui vient accomplir et même sublimer notre vocation, qu’il renouvelle nos forces, qu’il nous donne d’être des bergers témoins de la Bonne Nouvelle pour nos frères et sœurs en humanité. Amen.


Tous les textes bibliques sont extraits de la Bible Parole de Vie (c) Alliance biblique française.