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EGLISE PROTESTANTE UNIE DE FRANCE ANNONAYLundi 6 Avril 2020Contact:
 
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    Le Bulletin de l’Église protestante unie d’Annonay - Spécial confinement – Samedi 21 mars 2020

    Chers amis,
    En une semaine, que de changements dans nos vies quotidiennes ! En cette période de confinement pour limiter la propagation du Covid-19, je vous proposerais deux à trois fois par semaine un « Bulletin » spécial, qui vous sera adressé par e-mail. Un culte « par téléphone » pourrait être mis en place pour le 29 mars.

    Avant tout, si vous souhaitez participer à un culte, soyez ce samedi 21 à 18h à l’écoute de RCF (90.9 FM) ou rcf.fr : les pasteurs de Lyon Nicole Fabre et Pierre Blanzat animent cette émission exceptionnelle de culte. Un feuillet de liturgie vous est transmis en annexe à ce Bulletin.
    - Il y a aussi, comme en temps « normal », un culte demain dimanche à 8h30 via France Culture ; et France 2 diffusera à 10h un culte déjà enregistré, sûrement dépaysant puisqu’il sera autour des motards, avec l’Église protestante Vie chrétienne de Saint-Dié-des-Vosges ! Sans oublier la conférence de Carême à 16h via France Culture.

    Pour une vie spirituelle encore plus active, sachez que tous les jours, sur Facebook, le groupe « #linstantcommunion » , animé par l’Église protestante unie de France et l’Union des églises protestantes d’Alsace-Lorraine propose quelques minutes de prière en vidéo. Plus de 1.000 personnes s’y connectent chaque soir, et j’essaie de le faire de mon côté. A 20h30, c’est la communauté oecuménique de Taizé qui diffuse un temps de prière (via RCF et facebook.com/taize).

    A l’instar des rendez-vous « aux fenêtres » à 19h30 pour de la musique et des danses, et à 20h pour applaudir le personnel soignant, il s’agit de vivre au même moment la même chose. Ces temps ne remplacent évidemment pas la communion que permet un culte « en présence les uns des autres », mais leur valeur n’est pas moindre. Au contraire même, parce que nous sommes encore plus conscients que partager du temps ensemble est nécessaire à notre équilibre, que c’est même vital !

    Cette sélection extrêmement partielle illustre quelque chose qui m’a frappé cette semaine : quand nous ne pouvons plus nous réunir en nos murs, quel foisonnement d’offres !
    Je veux rendre grâce à Dieu pour cette diversité et cette richesse : il y en a pour tous les goûts, et il y en a davantage que les besoins que nous pouvons observer d’habitude à notre niveau local…

    Internet, télévision, radio… la technique redevient un « lien » (au sens positif) entre les êtres humains. N’oublions pas le téléphone, car cette offre abondante ne fait pas disparaître l’exclusion numérique. Ces derniers jours, sans
    surprise, je sais que vous avez pris des nouvelles les uns des autres. Heureusement, la paroisse d’Annonay n’a pas attendu cette situation de crise pour être solidaire ! Avec le Conseil presbytéral, je prends ma part dans cette mission
    importante. Encore une fois, n’hésitez pas à me faire part de toute personne qui pourrait avoir besoin d’un appel, d’écoute, d’aide pratique, de réconfort, de prière. Vous pouvez me joindre au 04 75 67 78 38 ; au 07 64 01 83 10 ; et par e-mail. Si je ne peux pas décrocher, laissez-moi un message sur le répondeur pour que je puisse vous rappeler au plus vite !

    Ce Bulletin ne saurait être complet sans quelques éléments de réflexion. Là encore, ils abondent. Je pense par exemple aux messages de la présidente de notre Union nationale, la
    pasteure Emmanuelle Seyboldt (Le confinement est un défi) ou bien aux réflexions du professeur de théologie Elian Cuvillier (Et soudain tout s’est arrêté et Le choc du réel). Modestement, voici quelques pistes personnelles.

    D’abord, la Bible ne nous parle pas beaucoup d’épidémies (et encore moins de pandémies) . Certes, le Mal se répand avant le Déluge (Genèse 6), et à de très nombreuses autres occasions, comme un virus… On peut aussi penser, dans la séquence des « dix plaies » qui s’abattent sur l’Égypte (Exode 7 à 12), à la peste du bétail (cinquième plaie), et aux ulcères (sixième plaie). Les lépreux, dans toutes les
    Écritures, sont maintenus à l’écart, avant qu’une parole restauratrice ou un geste symbolique ne les réintègrent (Myriam en Nombres 12, Naaman en 2 Rois 5, les lépreux guéris par Jésus, notamment en Marc 1, 40-45 et en Luc 17,11-19). La maladie comme punition du péché est un thème récurrent (pensons aux discours des amis de Job, mais ils ne sont pas les seuls !), une idée néanmoins combattue avec force en particulier par le Christ. La maladie est une des
    manifestations du Mal présent dans le monde ; la Bible affirme de façon répétée qu’elle n’est pas rupture du lien avec Dieu, et Jésus vient souvent retisser cette relation vitale.
    Les guérisons sont bien plus que des miracles thérapeutiques. Ce sont des refus catégoriques d’associer maladie et péché, des démentis formels de l’absence ou de l’indifférence de Dieu à l’égard de nos souffrances, des preuves que rien n’arrête l’amour de notre Créateur pour nous.

    - Deuxième « ouverture » que je vous propose : le confinement, cela peut faire penser aux temps durant lesquels des villes étaient assiégées. C’est le cas de Jérusalem au temps du prophète Jérémie. En Jérémie 32, le porte-parole de Dieu est appelé à prendre une décision à priori absurde : acheter un champ ! Pour le Seigneur, c’est une façon d’affirmer que l’espérance peut subsister malgré la sévérité de l’épreuve. Je pense aussi aux Onze, confinés dans des maisons, après la Crucifixion (Jean 20,19 et suivants) et avant les apparitions du Ressuscité puis le don de l’Esprit à la Pentecôte. Là encore, le temps d’enfermement n’est pas obstacle à la Bonne Nouvelle d’une vie au-delà de la mort ! Les exemples des apôtres emprisonnés (Pierre, Jean, Paul…) rapportés par les Actes le souligne. Et quelle joie, quel partage, ensuite !

    - Troisième cheminement, celui qui peut être celui de nos prières en ces jours.
    Nous pouvons d’abord faire part au Seigneur de nos peurs, de nos angoisses : elles nous oppressent, elles nous font souffrir, il importe de les déposer aux pieds du Christ. Qu’il s’agisse de notre santé, de celle de nos proches, ou même du monde « d’après », cela nous tient à cœur, donc n’étouffons pas ces sujets de préoccupations, ces demandes de protection.
    - Un deuxième temps peut être consacré à l’introspection ou à la repentance. Certes, le virus ne dépend pas de nous. Mais nous avons peut-être tardé à prendre la situation aussi
    sérieusement qu’il aurait fallu. Surtout, nous n’avons pas posé suffisamment de paroles et de gestes pour défendre les biens et services publics qui ont été considérablement fragilisés ces dernières années ; or ce sont leurs sous-capacités actuelles qui rendent cette pandémie si dangereuse (nous serions moins inquiets si nous avions davantage de lits et de matériel dans les hôpitaux pour prendre en charge ceux qui en ont besoin). Bien sûr, nous sommes fondamentalement vulnérables, et l’orgueil nous conduit parfois à l’oublier. Reconsidérons ce qui est le plus important dans nos vies. Passer du temps avec nos proches, nous retrouver y compris en église : nous en redécouvrons la valeur, aux dépens d’autres quêtes peut-être idolâtres. Dans notre prière, que Dieu nous fortifie dans nos conversions de chaque jour, pour qu’« après », nous recherchions la cohérence entre ces joyaux redécouverts et nos quotidiens…
    - Troisième étape : la reconnaissance et l’intercession, envers celles et ceux qui sont « au front » pour prendre soin des malades, mais aussi des plus fragiles (nous pensons par exemple au personnel de la Maison de retraite protestante de Montalivet et de la résidence des Colombes, il y en a beaucoup d’autres) ; nous n’oublions pas ceux qui nous permettent de vivre par les aliments et les médicaments qu’ils produisent et rendent accessibles, ainsi que les scientifiques qui cherchent des remèdes nouveaux. Reconnaissance aussi si nous avons la chance de pouvoir « subir » le confinement dans des conditions de confort raisonnables (en famille, nous remercions Dieu pour le jardin mis à notre disposition : quel soulagement pour nos
    enfants et nous-mêmes !). Confions enfin au Seigneur nos décideurs : qu’il leur donne des cœurs de chair, de la sagesse et du courage pour prendre les décisions justes.

    Après ces idées, je tenais aussi à vous « changer les idées » en évoquant le texte proposé à la réflexion dimanche dernier 15 mars. Nous étions invités à lire Jean 4, la rencontre entre Jésus et la Samaritaine. Je me permets de
    m’arrêter sur quelques points de détail…
    Dans la traduction « Nouvelle Bible Segond », au verset 9, il est écrit « Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains. » Je suis frappé par cette volonté de ne pas être comme l’autre. C’est comme si l’on constatait que l’on était très semblable et que l’on refusait cela !
    Samaritains et Juifs avaient des origines communes, avant de se séparer suite à l’exil. Mais voilà, c’est comme s’il fallait créer, renforcer, exacerber, des différences, afin d’exclure bien sûr. Et nous, ne créons-nous pas parfois de la différence là où le partage d’une même humanité nous semble insupportable ? Remarquez que Jésus n’a naturellement que faire de ces barrières artificielles…
    Plus loin, au verset 15, la femme dit à Jésus :« Seigneur, donne-moi cette eau-là, pour que je n’aie plus soif et que je n’aie plus à venir ici. »
    - Nous aussi, nous aimerions ne plus avoir soif ! Pourtant, même si nous avons accès au Christ, qui nous donne une eau vraiment pure, désaltérante, vitale, il nous faut encore avoir soif, car notre vie ne s’achève pas là, car nous avons
    besoin de désir, de soif, pour avancer, que ce soit dans nos gestes quotidiens que dans notre foi.
    - Alors oui, nous goûtons à cette eau incomparable, qui nous fait un bien infini, et pourtant, nous gardons un peu de soif.
    Au verset 27, alors que Jésus et la Samaritaine ont eu une conversation qui a changé la vie de cette dernière, les disciples reviennent après avoir acheté des provisions. Ils sont étonnés de la situation, mais ne disent rien, alors que
    l’évangéliste Jean nous montre qu’il y avait de quoi s’interroger ! Ce silence est-il de la gêne, ou de la confiance (Jésus sait ce qu’il fait, même si cela nous trouble ?). Je ne sais pas. Mais ce silence permet à la femme de rentrer dans la ville, ce qui sera décisif pour le quatrième point que je voulais souligner, à partir du verset 39. Il y a là une conversion massive… qui n’aurait pas eu lieu sans le témoignage de la Samaritaine ! Ce témoignage n’était pas : « Croyez », mais « Venez voir ! »
    Et grâce au récit de son expérience et à l’invitation formulée, les habitants de la ville sont allés à la rencontre du Christ. C’est lui qui les a convertit.
    Quel bel exemple d’une compréhension « juste » du témoignage : les témoins racontent ce qu’ils ont vécu puis indiquent la direction de la source ; et c’est la source qui désaltère, la source seule.
    Témoigner n’est pas imposer, mais ouvrir à celui qui fait vivre. Que cette Samaritaine nous inspire !

    Frères et sœurs, soyez assurés de mes prières, pour que Dieu vous garde en ces temps particuliers.
    Bien fraternellement,
    Pasteur David Veldhuizen

    Image : illustration de Story Makers pour le récit de la Samaritaine





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