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    12.01.2020 - Prédication Annonay - Culte en commun EPUdF et EEL….

    …par le Pasteur Éric Denimal de Valence

    Texte du jour : Matthieu 2. « QUE FAISONS-NOUS DE CE QUE NOUS SAVONS »

    * Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l'Orient et nous sommes venus lui rendre hommage. »
    À cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.
    Il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple, et s'enquit auprès d'eux du lieu où le Messie devait naître. « À Bethléem de Judée, lui dirent-ils, car c'est ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda : car c'est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple. »
    - Alors Hérode fit appeler secrètement les mages, se fit préciser par eux l'époque à laquelle l'astre apparaissait, et les envoya à Bethléem en disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant ; et, quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que, moi aussi, j'aille lui rendre hommage. » - Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route ; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à l'Orient, avançait devant eux jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. - À la vue de l'astre, ils éprouvèrent une très grande joie. Entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; ouvrant leurs coffrets, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner auprès d'Hérode, ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin. - Après leur départ, voici que l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; restes-y jusqu'à nouvel ordre, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. » Joseph se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte. Il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, pour que s'accomplisse ce qu'avait dit le Seigneur par le prophète : D'Égypte, j'ai appelé mon fils.
    - Alors Hérode, se voyant joué par les mages, entra dans une grande fureur et envoya tuer, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants jusqu'à deux ans, d'après l'époque qu'il s'était fait préciser par les mages. - Voilà une histoire que nous connaissons assez pour nous demander si elle a encore quelque chose à nous dire aujourd’hui. Je pense que oui ! Mais il faut sans doute aussi nous dégager de ce que nous croyons déjà savoir, retrouver le texte dans sa simplicité et dans sa totalité, et oser quelques questions.

    * Le contexte :
    Jésus est né au temps d’Hérode. Comme il y a plusieurs Hérode dans les Évangiles, il faut rappeler que celui dont on parle ici est Hérode le Grand. On sait qu’il a vécu de 73 à 4 avant Jésus-Christ. Du coup, nous sommes en face d’un petit problème qui vient d’une erreur de calcul : Jésus est né avant Jésus-Christ. Et il est juste de situer la naissance de Jésus non pas en l’an 1, mais en l’an -7 ou -6

    - Le lecteur du Nouveau Testament constate qu’Hérode est un homme cruel - et Matthieu nous en donne la raison - mais on oublie parfois qu’Hérode était aussi un homme de pouvoir qui a marqué son temps par de très nombreuses constructions impressionnantes. Notamment, en 20 av. J.-C, il a commencé des travaux importants de restauration du Temple de Jérusalem, lesquels travaux n’étaient pas totalement terminés lorsque Jésus y va à l’âge de 30 ans. On terminait alors les derniers embellissements, ceux qui ont poussé les apôtres à faire admirer l’ensemble à Jésus. On sait aussi qu’à une certaine époque, les travaux pour le Temple, employaient jusqu’à 10 000 ouvriers.

    * La naissance de Jésus intervient, il ne faut pas l’oublier, après un silence de Dieu qui a duré 400 ans. 4 siècles sans prophètes, sans visionnaires, sans oracles de l’Éternel.
    - Et soudain, une naissance anonyme qui touche quelques personnes quasi insignifiantes, et la fameuse étable de Bethléem parce qu’il n’y avait pas de place ailleurs. Il y a bien quelques bergers mis dans la confidence, mais pas de quoi faire un film.
    - Huit jours plus tard, Joseph et Marie se rendent au Temple de Jérusalem pour y présenter l’enfant et respecter le rituel de la Loi.
    Là, quelques remous suscités par deux personnages qui sortent de nulle part et qui y retournent rapidement : Siméon et Anne. Ces deux vieux disent des choses surprenantes du bébé, mais l’écho reste modeste puisque chacun rentre chez lui, comme si de rien n’était.
    Joseph retourne chez lui aussi, à Nazareth, avec une femme et un bébé, et malgré toutes les annonces et propos anormaux, la vie reprend son cours dans une normalité déconcertante.
    Tout ça pour ça ! Dirait Claude Lelouch !

    * Que viennent donc faire les mages dans cette histoire ? Puis les mages venant d’Orient…
    - Nous pourrions être surpris de ces personnages introduits dans un tel scénario. Des étrangers de l’Orient : Babylone, Mésopotamie. C’est de ces régions que tout a commencé : le Jardin d’Éden, Abraham !
    - Des mages. Ils ne lisent pas dans les textes bibliques, mais dans les étoiles. Que peut-on lire dans les étoiles lorsque la Bible nous dit de nous méfier de l’astrologie ?
    - En même temps, le psalmiste fait une lecture particulière de ses contemplations : « Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains ; la lune et les étoiles que tu as créées… » La contemplation des mages devient révélation ; une révélation qu’ils peuvent lire puisqu’elle est à leur portée et dans leur langage. C’est alors un signe qu’ils peuvent discerner.
    - L'arrivée de ces étrangers venus d'ailleurs, c’est aussi les prémices d’une ouverture vers le monde, un élargissement du message à l’universel. Lequel était inscrit dès l’origine.
    - Mais pour les mages, la lecture est incomplète. L’étoile n’est pas un GPS qui conduit à l’endroit précis. Il faut d’autres informations. Et ces informations sont dans la Bible.
    À la question « Où est le roi des Juifs qui vient de naître », il faut plus qu’une intuition pour répondre. L’intuition a conduit à Jérusalem, ce qui semble logique. Mais cela ne suffit pas : la logique de l’homme est bien moins pertinente que celle de Dieu !

    * À Jérusalem, les mages posent des questions dans la ville ; pas au palais, pas au Temple.
    C’est la rumeur qui arrive jusqu’aux oreilles d’Hérode et qui brusquement le titille, et même l’inquiète. Hérode est jaloux de son pouvoir (comme la plupart des hommes de pouvoir). Tout ce qu’il accomplit, c’est pour son image. D’ailleurs, la restauration du Temple, ce n’est pas parce qu’il a une quelconque dévotion pour Dieu, mais parce qu’il veut plaire aux Juifs qui ont du mal à accepter ses compromissions avec les Romains.
    - Un roi qui viendrait de naître met en danger sa dynastie. D’où son trouble.
    Notez au passage que les mages cherchent « le roi des Juifs » et lui, il s’inquiète de savoir où doit naître « le Christ ».
    - Hérode n’est donc pas ignorant de tout ! Lui aussi s’intéresse soudain à la question et il se renseigne. Il a beau construire le Temple, il ne sait pas l’essentiel qui concerne le nouveau David. Les prêtres, les sacrificateurs, les scribes (c’est à dire les théologiens du moment et de la place) eux, savent où doit naître le roi des Juifs : à Bethléem. Et ils ne se trompent pas. Ils citent avec justesse les prophètes. Ils renseignent Hérode, mais ils ne bougent pas.

    * C’est un des grands mystères de l’Évangile : les premiers qui auraient dû être informés, attentifs et capables d’accueillir le Messie - puisque tout est déjà inscrit dans les livres sur lesquels ils se penchent - sont ceux qui le refusent presque systématiquement.

    - Hérode, riche du renseignement précieux, convoque - en secret - les mages. Il donne l’information contre une autre : « Il se fit préciser par eux l'époque à laquelle l'astre apparaissait, et les envoya à Bethléem. » En effet, le temps s’écoule entre les versets de notre histoire et parfois, nous ne le mesurons pas.
    - Dans nos crèches, dans les illustrations, dans les contes qui se greffent sur la véritable histoire jusqu’à la déformer, nous voyons Marie, Joseph, l’enfant. Nous y ajoutons l’âne et le bœuf, des bergers et pourquoi pas ? Des santons de Provence et même trois rois mages !
    Or, il est très improbable que les mages se soient rendus à Bethléem. Il s’est même passé assez de temps pour qu’Hérode, lorsqu’il décide de tuer l’enfant, fait assassiner les enfants de moins de 2 ans !

    * Quand ils quittent Jérusalem, les mages ne suivent pas l’information d’Hérode, mais l’étoile qui, brusquement, est à nouveau là. « Ils se mirent en route ; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à l'Orient, avançait devant eux jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. À la vue de l'astre, ils éprouvèrent une très grande joie. » Ils arrivent enfin. De Jérusalem à Nazareth, il y a presque une semaine de marche. Ils rendent hommage à l’enfant, et offrent des cadeaux dont on a beaucoup parlé pour en faire des symboles et des indices sur ce que sera la vie de l’enfant. On peut naturellement le faire.
    - Quant à moi, je pense que cela va permettre à Joseph de financer son prochain déplacement pour l’Égypte, et pour y faire vivre sa petite famille durant le séjour, loin de son village, de son atelier et donc de ses sources de revenus. Que voulez-vous, j’ai grandi dans une famille où il fallait toujours compter avec le peu d’argent qui y rentrait. Ça donne un certain sens pratique.

    * Les songes contre le mensonge : Arrivent la série des avertissements divins.
    Premièrement les mages : « Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner auprès d'Hérode, ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin. » Ils rentrent chez eux sans plus de publicité. Sans tambour ni trompette.
    - C’est alors au tour de Joseph de recevoir une information : « Voici que l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; restes-y jusqu'à nouvel ordre, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. »

    * Dieu protège son fils. Il n’empêche pas Hérode d’accomplir ses plans terribles. Il bouscule plutôt la vie de Joseph.
    - Il aurait pu faire en sorte qu’Hérode meurt (de la gangrène) quelques mois plus tôt ; ce qui aurait évité à Joseph un déplacement long et risqué ; et la mort de nombreux enfants innocents… Mais non ! Dieu laisse l’horreur des hommes accomplir leurs desseins, puisque c’est leur choix. On peut cependant faire un parallèle entre cette histoire et celle des Hébreux en Égypte, justement.
    - Hérode et Pharaon ont quelques traits en commun.
    Pharaon fait tuer les enfants mâles, il ne veut pas que grandisse un homme comme Moïse.
    Et plus tard, Pharaon (pas le même mais le même type) s’obstine contre les plans de Dieu.
    Moïse libère le peuple de la servitude pour l’introduire dans la Terre Promise.
    Jésus est le libérateur de tous les esclavages et conduit son peuple vers une éternité promise.

    * Mais revenons-en à Hérode le Grand. Il est furieux parce qu’il a été trompé par les mages. Il est bien placé pour marquer son indignation, lui qui avait trompé les mages sur ses intentions :
    « Avertissez-moi pour que, moi aussi, j'aille lui rendre hommage. » --Hérode s’acharne :
    « Alors Hérode, se voyant joué par les mages, entra dans une grande fureur et envoya tuer, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants jusqu'à deux ans, d'après l'époque qu'il s'était fait préciser par les mages. »
    - Le temps passe et Hérode meurt. Alors, Joseph et les siens peuvent rentrer.

    * Que retenir de toute cette histoire ?
    Il est vrai que nous avons déjà entendu de multiples prédications sur ce texte, et que nous avons sans doute lu pas mal de commentaires. Donc difficile de percevoir quelque chose que nous ne saurions pas. Mais justement, parlant du savoir, j’ai toute une série de questions qui surgissent, et toutes tournent autour du même axe.
    - D’un côté les mages, étrangers, qui ne savent pas grand-chose et qui cherchent assez pour oser un grand déplacement, jusqu’à Jérusalem.
    - De l’autre, des gens qui savent tout, et qui ne bougent pas.

    * Mon audace est de faire un parallèle entre les mages étrangers que j’associe aux hommes et aux femmes de notre temps : ceux qui ont des questions, des attentes, des intuitions et qui tentent des expériences pour trouver : où est la vérité ? Qu’est est le sens de la vie ? Où est le Christ ? Ils cherchent, ils tâtonnent, ils se cognent, ils se trompent d’adresse…
    De l’autre, il y a les scribes, les prêtres, les sacrificateurs, les nantis : ceux qui savent, et qui parfois même construisent le Temple. C’est à ceux qui savent que nous ressemblons le plus, nous chrétiens ! Nous savons ! Nous lisons la Bible. Nous tentons même de la vivre ! Nous avons fait des expériences avec Dieu et il nous a répondu assez souvent pour confirmer notre connaissance…Mais…Ceux qui savent, au lieu de courir avec les mages pour apporter leurs hommages, restent dans un temple ; rénové, certes ! Mais vide de l’essentiel!
    - Je pense que notre monde est de plus en plus fou, déboussolé. Il y a tant de signes qui poussent au questionnement.
    - Le silence de Dieu, qui a duré 400 ans, ne voulait pas dire que Dieu n’avait plus d’intention pour l’humanité !
    - Le silence de Dieu aujourd’hui, ne veut pas dire qu’il a abandonné la terre et les hommes. Ce n’est pas son habitude !
    - Le silence de Dieu, c’est peut-être nous qui le véhiculons lorsque nous oublions ce que nous savons de lui, ce qu’il nous a dit et ce qu’il nous faut dire de lui.
    - En tant que chrétien, nous avons plus qu’une étoile à suivre puisque la Bible est notre boussole.
    - Dès lors, nous qui savons où est le roi des Juifs ; où est le Christ, le Seigneur ; où le chercher et comment le trouver…Nous qui savons où est le vrai sens de la vie ; où va le monde et même pourquoi il souffre…
    Que faisons-nous de notre savoir ?...
    Voilà la question que je me pose, que je pose à l’Église et que je pose aux chrétiens que nous sommes :
    Que faisons-nous de ce que nous savons de Dieu quand le monde crève de ne pas le connaître ?
    Amen










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