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MEDITATION
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    05.01.2020 – Prédication du pasteur Jacques Vernier

    ...à l'Espace Marie Durand
    Lectures bibliques :
    Esaïe 60, 1 à 6 ; Matth.2, 1 à 12 ; (Eph. 3, 2 à 6 version FC.)
    « Où est le roi des juifs qui vient de naître ? »


    * Je ne me lasse pas de ce récit, pourtant il est proposé chaque année pour le dimanche de l’Épiphanie. Contrairement à certains, je crois que les mêmes textes de l’Écriture ont toujours quelque chose de neuf à nous dire, ils nous rejoignent dans des circonstances toujours neuves…"Où est le roi des juifs"(c’est à dire Jésus ou le Messie) qui vient de naître ? Je me suis intéressé de voir dans notre environnement (émissions TV, manifestations dans la société locale) comment Noël apparaissait. La question des mages reste sans réponse ! Il n’est plus du tout question, de Jésus, nulle part !
    - Tout est fait pour dire Noël sans rien dire de la naissance de cet enfant qu’est Jésus. Pour celui qui ne connaît rien de l’histoire du christianisme, comme de nombreux jeunes aujourd’hui, Jésus n’existe pas. L’enfant de Noël a disparu. L’histoire de Noël est réécrite comme l’histoire de la République soviétique (et de bien d’autres nations-dictatures) l’a été en gommant ce qui ne cadrait pas avec ce que l’on voulait montrer.

    * Ainsi j’ai vu construire par un instituteur de mon village et les enfants de sa classe une « espèce » de crèche avec des palettes de bois, et je me suis demandé ce qu’ils allaient mettre à l’intérieur. Non pas un bébé et sa mère, car l’instituteur aurait eu sur le dos son inspecteur d’académie comme cela est déjà arrivé, pas de « religion » à l’école !, mais des paquets cadeaux bien emballés de papier aux couleurs voyantes. Mais même cette crèche laïque (!) pourrait contenir un message subliminal : Noël c’est les cadeaux…et le chrétien peut traduire : Noël est le cadeau que Dieu fait au monde, à notre terre.
    - Le cadeau d’une vie, le cadeau d’un fils d’homme qui est aussi le fils de Dieu, venu partager la vie humaine et lui donner son sens et une direction…mais cela il ne faut surtout pas le dire, même si on fête Noël, car une fête, cela ne se refuse pas dans un monde où, comme le dit Esaïe, les ténèbres couvrent la terre et où une obscurité épaisse recouvre les peuples. Il faut bien que la fête fasse oublier un moment tous les douloureux problèmes qui nous prennent à la gorge. Nous les retrouvons en ce début d’année 2020 au travers de toutes les nouvelles qui nous parviennent : le feu brûle toujours plus en Australie, des bruits de guerre entre l’Iran et les USA se font inquiétants, les grèves qui continuent…

    * Comment faut-il parler de Noël comme fête sans du tout parler de Jésus ?
    - Comment faire ? On a trouvé une solution : J’ai entendu un peu avant Noël, dans une bonne émission musicale à la TV, avec un grand nombre de chants de Noël traditionnels, la plupart d’origine anglaise ou américaine, il vaudrait mieux dire cantiques, dont le célèbre (en tout cas pour ma génération) « Minuit chrétien », mais la laïcité était sauve : ils étaient tous chantés en anglais,et les paroles « le monde entier tressaille d’espérance,A cette nuit qui lui donne un Sauveur… » et autres déclarations de foi restaient inaccessible à celui qui n’est pas familier de l’anglais chanté…alors que les paroles originales pour « Minuit chrétien » sont bien françaises et même d’un ardéchois, Placide Cappeau, de Roquemaure (et la musique d’un autre français Adolphe Adam !)…

    * Où est le roi des juifs ?… ce n’est pas au détour du chemin que nous allons le trouver, les crèches sont vides…ce n’est qu’en le cherchant que nous pourrons le trouver, en le cherchant dans l’Écriture entendue, méditée, annoncée, lue et relue…Les Mages, personnages mystérieux, (je ne veux pas faire un roman là-dessus) nous sont en tout cas présentés comme des chercheurs de Dieu, du lieu où Dieu peut être adoré.
    - Des chercheurs de Dieu, il y a en a dans les Églises, bien sûr, mais aussi en dehors. Les mages n’étaient pas des proches du temple de Jérusalem, viennent de loin mais ils cherchent Dieu, c’est cela l’essentiel. Ils détonnent en notre époque où le dernier souci de beaucoup de nos contemporains est de chercher Dieu. Et où dans l’Église même, beaucoup ne cherchent plus Dieu, parce qu’ils pensent l’avoir trouvé et sont déçus par Lui, car sa recherche ne réserve plus de surprises. Dieu fait partie du paysage mais on l’oublie, comme ces tableaux que l’on suspend au mur de son salon mais qu’on ne regarde plus. Ne cherchons pas plus loin l’une des causes de la fonte des présences au culte dans les paroisses, mais non pas toutes heureusement !

    * En cherchant (justement !) pour préparer une conférence les raisons spirituelles qui ont pu conduire tant de gens du Plateau de la Haute Loire à Résister pendant la dernière guerre et à accueillir tant de juifs pourchassés, j’ai relu des vieux numéros de l’Écho de la Montagne (le Réveil de l’époque pour le consistoire) des années 1939-1944. J’y ai découvert ce qui faisait la nourriture spirituelle des 3000 abonnés, sans compter tous ceux qui lisaient le journal sans y être abonnés. J’ai découvert un conte d’André Trocmé, alors pasteur au Chambon, homme talentueux pour écrire des contes, au point que deux volumes ont été réédités récemment. Mais pour lui ces histoires de Noël n’étaient pas des contes « à dormir debout ». Ils étaient, mine de rien, une prédication avec une interpellation de chaque auditeur. Le conte s’appelle « la Nouvelle Étoile » et met en scène les trois mages de la tradition (Melchior, Gaspard et Balthazar) qui suivent la nouvelle étoile apparue à l’Orient, repérée à l’aide d’un astrolabe, et qui les conduit vers l’occident, vers la vallée du Jourdain, tout près du but recherché qui est Jérusalem en haut sur le montagne de l’autre côté du Jourdain. Mais c’est là que la prédication vient en surimpression du conte : arrivés presque au but, Gaspard ajoute « nous sommes si près du but que nous n’avons plus besoin de l’étoile. Les hommes que nous rencontrerons nous renseigneront plus exactement ».
    - Que vont-ils dire ces hommes croisés sur la route de Jérusalem et à Jérusalem même ? Le roi des juifs, je n’en ai rien à faire. J’ai d’autres choses à chercher que le roi des juifs. J’ai mon travail et il est assez épuisant. Dieu m’est devenu étranger et il ne s’occupe pas de moi. J’ai d’autres dieux, d’autres sujets de préoccupation…Je cherche à avoir une place pour le concert des « vieilles charrues » et à entendre encore une fois la voix de Johnny, mon idole…un roi ne changera rien du tout dans le train de violence de ce monde, je préfère trouver un bon dictateur qui fera marcher tout le monde à la baguette, sans palabres et négociations interminables qui n’aboutissent à rien. Je préfère me préoccuper de ma retraite à venir, là au moins c’est du concret, et cela m’angoisse déjà… Là…j’invente dans la ligne de Trocmé, car on peut toujours imaginer des types de personnages à qui la question est posée : « où est le roi des juifs… », et nous pouvons imaginer des réactions différentes à la question où chercher Dieu aujourd’hui, où le trouver aujourd’hui… ce n’est même plus une question pour beaucoup, y compris dans notre entourage. La question n’est pas que pour les incroyants qui ne cherchent pas Dieu, bien qu’il puisse arriver qu’ils le cherchent secrètement, sans trop oser l’avouer ou le dire.
    - Elle est aussi pour nous croyants, chercheurs de Dieu, comme les mages venus d’Orient. Nous cherchons Dieu mais l’avons-nous trouvé ? La question aujourd’hui, dans notre monde complètement décroché de Dieu, surtout du Dieu de Jésus-Christ est :
    Quels témoins rencontrés sur notre route vont-ils pouvoir nous conduire vers Dieu ?
    Quels témoins vont-ils dire que Jésus-Christ n’est pas absent de notre vie ?

    - Pouvons-nous nous passer si facilement de l’étoile, comme signe de Dieu, signe que c’est Lui qui veut nous conduire ? C’est là aussi l’interpellation du conte de Trocmé : ce constat : maintenant nous n’avons plus besoin de l’étoile.
    - Nous n’avons plus besoin de l’Écriture sainte, nous la connaissons, elle nous a tout dit…
    - Nous n’avons plus besoin de la prière, je ne suis jamais exaucé.
    - Nous n’avons plus besoin du culte, il ne s’y passe plus rien de neuf…
    - Nous n’avons plus besoin des autres membres de mon Église, je les connais trop bien…
    - L’étoile, ce signe de Dieu pour nous mener à Jésus, nous est-elle désormais devenue inutile ?…
    * Où trouver Dieu dans notre monde, où trouver une indication, une direction pour aller jusqu’à lui ? avec l’Australie qui brûle, l’Antarctique qui fond ainsi que le pôle Nord, l’Iran et l’Amérique qui jouent avec la guerre, et tout ce monde qui se met la tête dans le sac plutôt que de regarder en face les problèmes pour essayer de les résoudre…le réchauffement climatique, c’est une invention de quelques technocrates ou de Nicolas Hulot…

    * Il y a une piste à suivre quand nous entendons les membres de l’équipe de préparation de notre synode sur l’écologie nous dire : quelles conversions, à préparer et à vivre pour que la terre soit plus habitable demain ?
    - F et S, je sors de ce « conte » de Noël (j’aimerais mieux l’appeler plutôt une prédication narrative) qui m’a pas mal accompagné pendant le temps de Noël. Je m’en suis servi pour le message que j’ai eu à apporter à la paroisse de Tence. Il faut entrer dans ce temps qui nous est donné aux uns et aux autres et dont nous mesurons symboliquement, en ce début d’année, la durée fragile et en même temps que nous recevons comme la grâce d’un don immérité. Un temps de vie, un temps à vivre à la recherche de Dieu et comme témoins de Dieu, justement à cause de cette recherche même.

    * Dieu en son fils nous a donné une « étoile » qui nous dirige, non d’une manière contraignante, mais comme une lumière qui réjouit. Pour autant nous lui faisons suffisamment confiance pour la suivre plutôt que des conseils humains, même s’ils nous paraissent plus abordables, meilleurs à première vue…
    - C’est la bonne nouvelle de l’espérance que je voulais partager avec vous ce matin, alors que ce début d’année ne baigne pas dans l’espérance, avouons-le, par les nouvelles qui nous parviennent de près ou de loin.
    - Ma confiance en ce début d’année : Dieu en Jésus est toujours à chercher (l’écriture, les témoins, la méditation et la prière) malgré toutes les fausses pistes que d’autres (gourous, courants d’idées, « fake news »…) tracent devant nous.
    - Ne perdons pas de temps en nous distrayant de l’essentiel. Le chercher pour L’adorer. C’est aussi le sens du culte. L’adorer ne signifie pas le posséder, mettre la main sur lui.
    Au contraire, l’adorer, c’est reconnaître son autorité sur nous. C’est reconnaître sa présence. C’est entrer dans une vraie joie.
    Amen.









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