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EGLISE PROTESTANTE UNIE DE FRANCE ANNONAYDimanche 26 Janvier 2020Contact:
 
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    Culte du dimanche 29.12.2019 EPUdF au temple de St-Vallier par notre pasteur David Velduizen

    Proverbes 23,15-26 et Matthieu 2,13-15 et 19-23 (NBS)

    « Nous sommes imparfaits dans nos rôles terrestres, mais des enfants bien-aimés et bien conseillés par Dieu »

    Frères et sœurs,


    * Une petite question, pour commencer. Si vous avez la joie d’être parents, pouvez-vous vous souvenir combien de livres vous avez lu, ou feuilleté, sur ce rôle spécifique ? Peut-être même, si vous avez la chance d’être grands-parents, avez-vous consulté un livre sur le sujet ? Pour celles et ceux qui ne sont pas parents, ils peuvent se demander quelle place de tels rayons occupent aujourd’hui dans leur librairie préférée ou leur bibliothèque habituelle, et essayer de se souvenir si ce volume a toujours été le même…

    * Vous vous en doutez, ce « marché » est en plein essor. Je ne sais pas si cela dépend de l’émergence d’un certain nombre de disciples scientifiques, comme les sciences de l’éducation, la psychologie du développement, s’il s’agit de la même dynamique que tout ce qui a trait au développement personnel entre sérieux et fantaisie, ou si l’essor de ce marché repose sur le bouleversement récent de la transmission entre générations. Quoi qu’il en soit, les injonctions sont nombreuses et quasi-totalitaires. Il y a plusieurs écoles sur le sujet, chacune se considérant comme la meilleure et cherchant à démontrer que les autres ont pour effet de produire des enfants mal dans leur peau, malheureux, qui ne s’épanouiront pas pleinement. Ces systèmes radicaux de pensée, bien sûr, exagèrent…mais dans le même temps, ils réussissent à produire, à coup sûr, des adultes tourmentés. Oui, là où l’intention première de futurs parents est de lire quelque chose pour apaiser leurs angoisses, les exigences inatteignables des différentes écoles de parentalité engendrent de nouvelles et redoutables névroses. A chaque instant, c’est comme si l’on compromettait durablement l’avenir d’un enfant ! Quelle culpabilité : on n’arrive pas à être un « super-parent ». Le parent ne se rendait pas compte que l’échec d’une méthode, d’une théorie, était prévisible. En effet, tant lui le parent que son ou ses enfants ne sont pas en papier, mais bien en chair, et cela change tout. Ce qui pose problème, c’est que ce parent en arrive à croire qu’il n’est même pas capable d’être un « bon parent », c’est-à-dire un parent « moyen », « ordinaire », « normal » avec ses faiblesses certes, mais aussi toutes les fois où il manifeste heureusement de l’amour à son ou ses enfant(s), toutes les fois où il participe à l’éveil de leurs talents à venir, etc.

    * Bref, autrefois, un parent savait qu’il devait nourrir son enfant de temps en temps, et ce savoir était bien suffisant pour que le monde, quoique très imparfait, pour que le monde soit peuplé d’hommes et de femmes avec qui il est tout à fait possible de vivre et de construire ensemble !

    * Frères et sœurs, ce matin il est beaucoup question des injonctions faites aux parents. Mais ces conseils, ces prescriptions, peuvent bien sûr concerner d’autres rôles que nous sommes appelés à jouer dans notre vie : au travail, en association, en église…L’employé parfait, le bon patron, le bénévole dévoué…Les domaines dans lesquelles des « lois » souvent implicites étouffent la vie et la grâce sont nombreux. Pourtant cette grâce peut être redécouverte partout. C’est la richesse de la bonne nouvelle de ce dimanche !

    * Vous le savez, les évangiles ne nous disent pas grand-chose des premières années de Jésus. Il y a les récits de la naissance chez Luc et chez Matthieu, puis, chez Matthieu, le texte que nous avons entendu autour de la fuite en Égypte, qui a probablement eu lieu quand Jésus était âgé de deux années ; enfin, chez Luc, l’épisode de Jésus au sortir de l’enfance, à douze ans, en conversations avec les théologiens au Temple de Jérusalem. Sinon, nous sommes projetés au début de son ministère, lors de son baptême, adulte, auprès de Jean. Difficile de savoir exactement l’éducation qu’il a pu recevoir ! Peut-être Marie et Joseph, dans le cadre de la synagogue, se sont-ils nourris des préceptes formulés par exemple dans le livre des Proverbes. Nous ne pouvons que le supposer. Dans le passage de ce livre de sagesse que nous avons entendu, il est question d’un comportement droit, de tempérance, de rejet de la jalousie et de la paresse. Il est question de respect envers les parents, et l’on pense au commandement « Tu honoreras ton père et ta mère ». Il est question, surtout, que le fils, mais on devrait dire l’enfant, que l’enfant suive l’exemple de ses parents qui recherchent le Seigneur. Une formule est à remarquer : « Acquiers la vérité et ne la vends pas » (Proverbes 23,23). Peut-on vendre la vérité ? Je pense que le sage invite son enfant ou son disciple à rechercher la vérité, auprès de Dieu bien sûr, et à veiller à ce que rien ne l’en détourne : l’argent ou toute autre idole peut facilement nous faire dévier de notre cap. Jésus l’avait affirmé, il n’est pas possible de servir en même temps Dieu et l’argent , il n’est pas possible de rechercher la justice tout en étant soumis aux puissances du monde. Dans les Proverbes, l’essentiel de l’éducation consiste à familiariser ses enfants à la recherche et au dialogue avec Dieu.

    * Revenons à Marie, Jésus, et surtout Joseph, car l’évangéliste Matthieu, à la différence de Luc, nous invite à accorder de l’attention à ce père adoptif. C’est par l’ange que nous apprenons l’importance théologique des décisions de Joseph. Au lieu d’être un enfant bâtard, Jésus rejoint, par Joseph son père adoptif, la généalogie de la promesse. En effet, la promesse de Dieu annoncée par les prophètes était bien que le Messie, le Sauveur, serait issu de la généalogie du roi David, lui-même originaire de la région de Bethléem. L’ange va aussi demander à Joseph que l’enfant soit appelé Jésus, c’est-à-dire Dieu sauve, et là encore il s’agit d’accomplir un engagement pris par Dieu envers son peuple.
    - Enfin, avec l’exil puis le retour d’Égypte, Joseph inscrit son fils dans le récit sacré du peuple choisi. Il a fui la mort en allant en Égypte. Il en revient ensuite, pour que se réalise la promesse d’une Terre où il sera possible de vivre debout et libre, devant les autres nations et devant Dieu.

    * Mais Joseph n’avait pas besoin d’être conscient des grandes conséquences théologiques que j’ai évoqué. Joseph, qui semble ne pas faire preuve d’une forte personnalité, reçoit en tout à quatre reprises dans un rêve la visite d’un messager de Dieu. La première fois, l’ange lui dit « N’aie pas peur de prendre chez toi Marie, ta femme, car l’enfant... ». Les deuxième et troisième fois, il ordonne « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et va à tel endroit ». Matthieu ne nous rapporte aucune parole de Joseph, qui semble ne poser aucune question, aucune objection, et surtout, qui semble obéir de façon remarquable. Pourtant, Dieu lui demande de faire des choix très importants : au lieu de se séparer de sa fiancée et de la réduire à une précarité dramatique, il l’épouse ; au lieu de choisir avec Marie un prénom pour l’enfant, ils le nomment comme l’ange leur a demandé ; au lieu de nier le danger venu d’Hérode, Joseph part en exil dans un pays qu’il ne connaît sûrement pas, loin de ses origines ; au lieu de rester dans le pays où il a refait sa vie, il retourne en Israël ; et là encore, il s’installe dans une nouvelle région. Joseph s’en est remis à Dieu pour un nombre impressionnant de questions importantes.

    * Cela permet d’éviter un malentendu : non, la Bible n’est pas un manuel d’éducation ou de parentologie, un recueil de « lois » sans message d’amour, et non, Joseph n’est pas un pantin qui se contente d’obéir à Dieu. Joseph peut être un modèle de confiance pour des décisions importantes, car en effet, à chaque fois, il obéit à Dieu pour le bien de Marie et de l’enfant. Ou plutôt, pour la vie de Marie et pour la vie de Jésus, les deux étant menacées si Joseph faisait preuve d’égoïsme ou d’orgueil (comme « Je sais mieux que Dieu ce qui est bon dans ma situation »). Il fait confiance au messager de Dieu alors que celui-ci lui indique comment permettre à une jeune mère et à son enfant de vivre, pour que cet enfant, plus tard, soit en mesure d’accomplir les promesses de Dieu.

    * Ce qui fait de Joseph un homme intéressant, ce n’est donc pas l’école pédagogique qu’il a choisi en tant que père adoptif, c’est la confiance qu’il place en Dieu alors que des décisions graves sont à prendre. Jésus, bien sûr, était trop jeune pour percevoir cette attitude. Mais alors qu’il grandissait, il me plaît de croire que tant Joseph que Marie lui ont raconté ces pérégrinations ; et il me plaît de croire que Jésus a perçu l’amour de ses parents pour lui, ainsi que leur confiance en Dieu, et que ces deux éléments l’ont aidé à se construire, à trouver sa place dans notre humanité, avant que ne s’ouvre son ministère.L’enfant Jésus a aussi certainement reçu les recommandations du sage rédacteur des Proverbes ; en tous cas, les évangiles nous le montrent souvent en prière, et nous voyons en cela qu’il entretenait le dialogue avec Dieu qui est en même temps son Père céleste, à qui il témoigne un immense respect.

    * Retenons que tant Jésus que ses parents, Marie et Joseph, ont recherché la volonté du Seigneur et ils s’y sont conformés, en tous cas en ce qui concerne les décisions importantes pour leurs vies respectives.
    - Et nous, nos enfants et nos petits-enfants savent-ils que nous nous tournons vers Dieu pour lui demander sa lumière et sa sagesse devant des choix majeurs pour la famille ? Il n’est pas question d’être des super-croyants, très pieux, assidus aux cultes. Mais prier en famille, ou dire à nos enfants que nous prions, nous permet d’assumer nos fragilités, nos doutes et nos peurs, de manifester notre amour pour nos proches et notre Créateur, et d’affermir notre confiance alors que les circonstances peuvent nous dépasser. Dire où nous en sommes, en présence de Dieu… Et laisser la grâce de Dieu accomplir le reste… N’est-ce pas là le seul témoignage qui compte pour ceux qui nous entourent, quels que soient nos liens avec eux ?

    * Oui, la grâce fait éclater les carcans de toutes les injonctions sociales ; la grâce proclame la liberté de jouer et de travailler, la liberté de rire et de pleurer, la liberté d’attendre et d’aimer.
    Bénis sommes-nous, nous qui échouons à être parfaits dans les rôles que la société nous assigne, car nous sommes des enfants pardonnés de notre Père qui es aux cieux. Amen.







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