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EGLISE PROTESTANTE UNIE DE FRANCE ANNONAYDimanche 26 Janvier 2020Contact:
 
MEDITATION
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    Culte du mardi 24.12.2019 / Veille de Noël avec l’EELibre d’Annonay,

    ...à la Maison de Retraite Protestante d’Annonay
    Lecture Biblique : Michée 5, 1-4a ; Ésaïe 52,7-10 NBS « Qu’ils sont beaux les pas… »

    * D’une petite ville de Juda doit naître celui qui dominera sur Israël. Oui, le moment venu, les forces étrangères et les occupants venus du lointain se retrouveront désarmés et impuissants devant le sauveur du peuple rassemblé. Le moment venu, une femme mettra au monde celui que Dieu a envoyé pour apporter la paix, comme un berger prend soin de restaurer la confiance de son troupeau auparavant dispersé. Voici une partie des paroles du prophète Michée, certaines seront reprises par l’évangéliste Matthieu quand il racontera la naissance de l’enfant de Joseph et de Marie. Michée et Matthieu annoncent ici une bonne nouvelle ; pour le prophète, c’est une promesse, c’est une espérance, pour réconforter celles et ceux qui l’entendent. Pour le rédacteur de l’évangile, c’est l’accomplissement de cette même promesse, c’est la confirmation que la confiance et l’espérance sont fondées dans la parole certaine de Dieu.

    * Aujourd’hui, comment apprenons-nous une nouvelle ? Comment prenons-nous connaissance d’une information ? Les outils se sont multipliés.
    - Peut-être certains d’entre vous consultez des messages via des applications sur des tablettes ou des Smartphones.
    - Peut-être comptez-vous sur les moyens de masse que sont la télévision, la radio, ou encore les journaux - Parfois, ce sont les méthodes à la fois plus lentes et plus anciennes, comme le courrier postal ou la visite de quelqu’un, qui est l’occasion de recevoir de nouvelles informations sur un sujet qui vous tient à cœur ou d’ordre plus général.
    - Bien sûr, tous ces canaux ne sont pas équivalents, et c’est tant mieux. Je ne pense pas qu’un journaliste en reportage dans une zone de conflits vous écrive une lettre personnalisée pour vous décrire les derniers développements des combats ; de même, nous ne découvrons pas les résultats de nos analyses médicales lors du journal télévisé…
    *
    * Les moyens se sont donc multipliés, comme d’ailleurs les informations, dont la circulation va de plus en plus vite. Nous savons aussi qu’un des risques pour nous aujourd’hui est d’être englouti par ces informations toujours plus nombreuses, toujours plus rapides. L’un des enjeux pour nous et nos enfants est bien d’apprendre à reprendre la main sur ces flux.
    - Aujourd’hui, le sage dirait qu’il y a un temps pour se connecter, et un temps pour se mettre en retrait ; un temps pour se documenter, et un autre pour se divertir ; un temps pour analyser, et un temps pour se révolter ; un temps pour écouter ce qui nous correspond, et un temps pour s’enrichir du point de vue de l’autre.

    * Il y a bien longtemps, une ville avait été attaquée et vaincue, ses fortifications et ses défenses avaient été rasées, sa population déportée. Seuls demeuraient sur place quelques survivants, les plus faibles. Les exilés, eux, se rappelaient l’époque où ils vivaient libres, dans leur pays, et ils rêvaient de pouvoir rentrer chez eux, et reconstruire ce pays. En ce sixième siècle avant Jésus-Christ, le peuple de Dieu, car c’est bien sûr de lui dont je parle, à partir des paroles du prophète Esaïe, le peuple est à Babylone. Mais la capitale de l’empire néo-babylonien va bientôt tomber. Cyrus le Grand, le fondateur de l’empire perse, va vaincre ce qu’il reste de cette puissance. Surtout, il va autoriser les peuples qui avaient été soumis à Babylone à rentrer sur leurs terres d’origine. Esaïe annonce donc à la fois ce retour de Juda sur la Terre promise y compris à Jérusalem, l’empereur Cyrus étant alors perçu comme un instrument de la volonté de Dieu, et Esaïe annonce aussi que dans d’autres temps sombres, Dieu enverra un Sauveur pour son peuple. En effet, six siècles plus tard, Jésus est né, apportant justement le salut promis.

    * Mais restons il y a 2500 ans. Le prophète Esaïe s’émerveille de la beauté des pas – littéralement des pieds – de celui qui annonce une bonne nouvelle au peuple de Dieu.
    - Rappelez-vous la dernière fois que vous avez reçu une bonne nouvelle. Peut-être était-ce lors d’un entretien médical, ou lors d’une conversation téléphonique avec un membre de votre famille, ou encore à l’occasion d’un culte… La joie procurée par la bonne nouvelle n’a-t-elle pas soudainement changée votre regard sur celui ou celle qui vous a apporté ce motif de réjouissance ? N’avez-vous pas ressenti comme une vague d’affection pour le messager ? C’est quelque chose que nous avons probablement tous vécu…
    - Pourtant, quand on y réfléchit, parfois, le messager n’a aucun mérite dans la nouvelle, qu’elle soit bonne ou mauvaise ! Le facteur n’a aucune responsabilité dans l’évolution de nos relations avec des proches, ou dans nos résultats scolaires ou médicaux !

    * Qu’ils sont beaux, les pas de celui qui porte la bonne nouvelle ! Oui, autrefois, on envoyait un messager d’une ville à l’autre, un messager capable de se déplacer rapidement et de transmettre fidèlement une information, et un tel messager était guetté par les sentinelles. Un messager approche, et l’excitation s’emballe. Peut-être les sentinelles distinguent-elles, à son pas et à son visage, s’il apporte plutôt de la joie, comme la victoire de l’armée sur les soldats ennemis, ou plutôt de la peine ou de l’inquiétude, comme la perte d’une récolte suite à un événement météorologique destructeur…

    * Ce jour-là, les guetteurs poussent des cris de joie, avant même qu’il soit arrivé : oui, l’espérance va être comblée, oui, des jours meilleurs vont venir. Mais quelle est donc cette bonne nouvelle ? « Ton Dieu est roi ! » Autrement dit, celui en qui tu te confies est digne de ta confiance, il n’est soumis à aucune puissance, il est juste, et donc tu es en de bonnes mains. Oui, celui en qui tu te confies, celui que tu écoutes, t’apporte de bonnes choses. Mais la bonne nouvelle, c’est aussi que ce Seigneur vient vers toi. Il n’est pas au loin. Le messager t’annonce sa venue, son retour vers toi ; peut-être même le messager est-il déjà le Seigneur ! Le prophète poursuit : certes, tu es en ruines, affaiblie, méprisée, considérée comme négligeable, mais Dieu vient pour te consoler et te sauver. Pour le dire autrement, aux yeux des humains, tu es misérable, mais aux yeux de Dieu, tu as une valeur inestimable.
    - Pour Dieu, tu es son enfant, qu’il aime, en dépit de toutes les considérations que d’autres pourraient avoir. Pour Dieu, tu es digne d’être sauvée, restaurée, redressée, remise debout. Et pour Dieu, peu importe tes origines, que tu sois issu de son peuple depuis le départ, ou non. « Toutes les extrémités de la terre verront le salut de notre Dieu. » Il n’est plus question d’être méprisé parce que faible ou vaincu, il n’est pas question non plus d’être exclu parce que n’appartenant pas à une généalogie donnée, non, le salut sera donné à voir, à tous.

    * Le Réformateur Martin Luther a écrit que l’incarnation, c’est-à-dire le fait que Dieu s’est fait homme par Jésus, l’incarnation était la preuve que Dieu n’était pas contre nous. Pour le dire autrement, le fait que Jésus, venu apporter le salut, que Jésus soit né comme nous, qu’il ait grandi comme nous, qu’il ait aimé, mais aussi souffert dans sa chair, qu’il soit mort, oui, tout cela nous dit l’immense et l’éternel amour de Dieu pour chacune et chacun de nous.
    Alors oui, qu’ils sont beaux, les pas de celui qui porte une telle nouvelle ! Et nos pas aussi peuvent être bénis, car s’il n’y a qu’un seul Sauveur, le Christ, il y a plusieurs témoins, plusieurs messagers, capables de transmettre cette extraordinaire nouvelle ! Oui, nous aussi, nous pouvons partager la joie de Noël autour de nous. Amen.
    Pasteur David Veldhuizen






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