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EGLISE PROTESTANTE UNIE DE FRANCE ANNONAYDimanche 26 Janvier 2020Contact:
 
MEDITATION
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    Prédication du dimanche 01.12.2019 par notre pasteur David Veldhuizen…

    Matthieu 24,36-51 NFC - « Non pas prêts pour le service, mais prêts par le service ».

    Chers amis,

    * Dans les médias, les dernières corrections doivent être effectuées ces jours-ci sur tous les « bilans » de l’année 2019 qui nous seront bientôt proposés, quand bien même il reste près d’un mois pendant lequel des événements décisifs peuvent avoir lieu. Oui, même en matière d’analyse, nous constatons, année après année, que le calendrier s’emballe, qu’il faut avoir évalué, jugé peut-être, toute une période avant même qu’elle ne soit achevée. Pourtant, on le sait bien, notamment en matière sportive, la compétition ne s’achève qu’à un moment précis, et pas avant. Par exemple en football, l’équipe qui arrête de se concentrer sur le jeu à partir de la 87èmeminute prend des risques très importants, d’autant plus qu’on ne connaît pas la longueur exacte des minutes additionnelles…

    * En ce début de l’Avent, les personnes qui ont établi les listes de lectures bibliques proposées pour ce dimanche nous invitent à une certaine prise de distance avec cette question du temps. En effet, alors que s’ouvre une nouvelle année liturgique, alors que nous pensons, encouragés par notre environnement, que nous sommes au commencement de la préparation d’une fête signifiant un nouveau départ, ce sont des passages de fin des temps qui sont proposés à notre méditation. Au chapitre 24 de l’évangile selon Matthieu, Jésus prononce ses derniers discours en public avant la Passion. Pour qui lit, pour qui entend l’évangile, tant par le contexte que par le contenu, il est ici question d’un terme imminent, de la conclusion d’un cycle, oui, vraiment, d’un achèvement.

    * Mais c’est justement ce qui est intéressant. Quand il prononce les paroles que nous avons entendu, Jésus n’est pas encore passé par la croix, il n’a pas été enseveli, il n’a pas encore visité toutes les ténèbres de l’humanité avant d’en être rendu victorieux. Bien sûr, il annonce un après. Mais justement, pour qu’il y ait un après, il faut qu’il y ait eu un avant.

    * Pour qu’il y ait un après, il faut qu’il y ait eu un avant. Tautologie, enfonçage de portes ouvertes, pensez-vous, notre pasteur ne bouscule pas grand-chose en ce lendemain de dîner des chefs… En terme de logique, en effet, rien de révolutionnaire dans mon propos. Et pourtant, pouvons-nous dire que nous prenons pleinement le temps de conclure quelque chose avant d’ouvrir autre chose ?

    * Alors que s’ouvre le temps de l’Avent, il est peut-être judicieux de regarder notre monde d’avant Noël. Car si Noël, comme Pâques, sont des fêtes qui symbolisent des basculements, et si nous avons besoin, chaque année, de répéter cela, c’est bien que le monde ancien n’est jamais bien loin du monde neuf ouvert par le Christ, c’est bien que nos choix qui ont souvent des conséquences mortelles ne sont jamais bien loin des résurrections offertes par le Créateur…

    * Les disciples de Jésus l’avaient interrogé. Alors que leur maître venait de les stupéfier en prophétisant la destruction du temple de Jérusalem à peine restauré, les Douze voulaient savoir quand cela arriverait, et aussi quand Jésus reviendrait, sous-entendu dans son règne, en vrai roi, et non plus seulement en humain. La réaction de Jésus sera longue, elle couvre deux chapitres. Il ne répond pas à cette question précise du « quand », mais il insiste sur le « comment ».

    * Premier élément, Jésus multiplie les façons de signifier à ses auditeurs qu’il est impossible, y compris à lui-même, le fils de Dieu, de savoir le moment de ce retour. Il est même impossible d’analyser tel ou tel signe, car ce retour sera soudain, imprévisible. Autre constat surprenant : les comparaisons employées par Jésus sur le sujet ont des tonalités plutôt voire franchement désagréables : tour à tour, Jésus compare ce moment au déluge destructeur de presque toute la Création (Noé) ; à des rapts dans lesquels des êtres que rien ne distingue extérieurement des autres seront « pris » ou « emmenés », pour être placés en présence de Dieu peut-on supposer, alors que les autres non ; à un vol avec effraction…Étonnant non, comme cet événement qui semble attendu par les disciples est décrit par des images négatives par Jésus ! Ce sont même comme des paraboles de crise, qui déstabilisent celles et ceux qui les entendent…Peut-être est-ce une façon de rappeler aux disciples, et à nous aussi, que notre éventuelle impatience ne doit pas nous détourner de notre mission !

    * Deuxième élément, en effet, longuement développé par Jésus, c’est la question de la préparation, de notre rôle, de notre mission. Si nous savions « quand », alors nous pourrions être prêts, avons-nous tendance à penser, et nous ne sommes pas les premiers à le faire. Mais vous l’avez compris, et Jésus le répète de nombreuses fois, le moment surviendra à l’improviste, alors même que nous ne nous y attendons pas, ou, pour être plus précis, alors que nous avons renoncé à attendre, comme découragés. Bien sûr, dans nos vies, il y a des moments pendant lesquels notre foi est vraiment impressionnante, nous pouvons l’exprimer par des mots, mais aussi ajuster nos actes et nos gestes avec l’Évangile ; il y a des moments pendant lesquels nous parvenons à une cohérence assez grande entre ce que nous comprenons de la volonté de Dieu, entre le commandement d’amour du prochain, et nos efforts. Mais ces moments sont fugaces, ils disparaissent vite. Et comme cela fait près de deux mille ans que Jésus pourrait revenir la semaine prochaine, ou même demain, ou même dans deux minutes, il nous est difficile de rester toujours en tension. Quand bien même l’attente n’aurait pas été aussi longue, notre condition humaine et peut-être même la vie en général ne supporte pas l’urgence permanente. Dans combien de métiers justement soumis à de telles exigences d’urgence le surmenage est-il très fréquent ? Nous savons que le stress nous use. Il n’est pas possible de vivre constamment en veille, sur le qui-vive.

    * En somme, Jésus répète : Vous ne saurez pas le « quand », mais il vous faudra être « toujours prêts », comme ce mot d’ordre du scoutisme. Jésus évoque la situation d’un maître de maison qui s’est absenté, qui tarde à revenir, et du serviteur qu’il a chargé d’administrer ses biens et surtout de ses domestiques. Si, quand le maître revient, il trouve son intendant dévoué au service de ceux qui lui ont été confiés, c’est qu’il était prêt. Être prêt, ce n’est donc pas être parvenu à un stade propice et y demeurer, mais c’est être dans l’action, sans se préoccuper de quand la mission qui nous a été confiée s’achèvera. Être prêt, c’est servir Dieu et les autres sans cesse. C’est important, car souvent nous raisonnons différemment : nous voulons qu’un certain nombre de conditions soient réunies pour nous placer en attitude de service ; Dieu, lui, nous encourage au service permanent, en toutes circonstances. C’est ainsi que nous sommes prêts à ses yeux. Il ne nous faut pas chercher à être prêts pour servir, mais plutôt à être prêts par le service.

    * Pour aller plus loin, être prêt, finalement, cela ne nous appartient pas. Cela nous est donné quand nous trouvons en nous des ressources pour aimer et prendre soin de nos prochains.

    * Quand surviendra le nouveau commencement, commencement qui sera aussi la conclusion des temps anciens ? Nul ne le sait. Pourtant, il nous est demandé de veiller, sans sombrer dans l’angoisse. Il nous faut sans cesse nous convertir à nouveau. Il nous faut sans cesse regarder l’Autre avec le regard aimant de Dieu, et nous placer à son service. C’est ainsi qu’il nous sera donné d’être prêts, le moment venu, et même dès aujourd’hui.
    Amen.






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