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EGLISE PROTESTANTE UNIE DE FRANCE ANNONAYMardi 12 Novembre 2019Contact:
 
MEDITATION
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    Prédication du 06.10.2019 par notre Pasteur David Veldhuizen

    Genèse 1,27-31 ; Genèse 2,4b-5,7,15 ; Luc 17,5-10 « Dominer, servir, coopérer »

    Frères et sœurs,


    * Nous venons de le voir avec les catéchumènes, les premières pages de la Bible nous proposent deux modèles pour définir la place de l’être humain dans la Création. Le premier récit de la Genèse positionne l’être humain au sommet de tout ce qui a été créé.
    - L’être humain est appelé à se multiplier, à dominer la terre, à diriger les animaux.
    - L’être humain cueille des fruits et des graines : c’est formidable, car il peut se nourrir sans efforts, et il peut se permettre d’aller et venir, n’étant pas attaché à un terrain particulier. Tout lui est donné, il n’a qu’à se servir et se faire servir. Les éléments naturels ne sont ni à craindre ni à adorer, mais à apprivoiser.

    * Dans le deuxième texte, en Genèse 2, la situation est différente. La terre n’est pas fertile pour deux raisons : l’humain n’est pas encore là pour la mettre en valeur, mais aussi Dieu n’a pas encore envoyé de pluie pour faire croître ce qui sera semé.
    - Ici, la femme et l’homme viennent de la poussière, une situation moins glorieuse que dans le premier texte.
    - Ici, l’humain est placé dans un jardin qu’il doit cultiver pour manger ; il doit donc travailler, il doit patienter avant de récolter, il est attaché aux terrains qui vont le nourrir. Il dépend aussi d’autres éléments qui lui échappent, comme d’un Dieu qui fait pleuvoir.
    - L’être humain est donc un partenaire de Dieu qui a deux missions : cultiver et garder, c’est-à-dire qu’il doit prendre soin, protéger, ce qui lui a été confié.

    * Pour faire simple, en Genèse 1, l’humain dirige et se sert ; en Genèse 2, l’humain travaille et prend soin. Je pense que depuis les origines, nous préférerions tous le premier modèle, tout en nous résignant au second. Depuis une cinquantaine d’années, nous prenons lentement conscience que nous avons trop cherché à atteindre le premier modèle de domination et d’exploitation, et nous redécouvrons la sagesse du second modèle, où l’on prend explicitement en compte les autres vivants, l’environnement, que l’on valorise et protège. Nous avons voulu être des maîtres, et voilà que nous aimerions pouvoir toujours être des serviteurs.

    * A ce propos, l’évangile proposé pour ce jour nous propose un parallèle intéressant. Ah, si Dieu augmentait en nous la foi ! Que ferions-nous, en effet, de merveilleux ! Comme d’un coup de baguette magique, nous ferions disparaître la faim et la pauvreté dans le monde, nous donnerions à chacun une éducation, une culture, des soins appropriés, nous vivrions en paix, nous remplirions les églises et les temples…Oui, bien sûr, nous ne ferions que des bons choix…Oh, peut-être qu’en passant, histoire d’essayer nos nouveaux superpouvoirs, nous commencerions par quelques bricoles… Au hasard, donner un ordre à un arbre réputé pour la solidité de son ancrage, pour qu’il s’arrache à sa terre nourricière et plante ses racines dans la mer…mais pour y faire quoi ?
    - Eh oui, si nous avions une foi capable de déplacer les montagnes, ne soyons pas naïfs, nous ne deviendrions pas immédiatement plus sages. Jésus met en garde celles et ceux qui le suivent : votre foi est minuscule, mais agissez sagement avec ce trop peu, plutôt que de chercher davantage de performance, de puissance, au risque de faire n’importe quoi avec.

    * Car la suite de l’évangile nous rappelle que suivre le Christ, encore une fois, suppose de se détourner de la tentation d’être des maîtres de la Création, et plutôt de s’efforcer d’être des serviteurs à leur place ; non pas des héros, mais des partenaires dignes de confiance.
    Bien sûr, l’exemple pris par Jésus n’est pas aussi égalitaire que nous pourrions le rêver. En effet, le serviteur qui rentre des champs n’est pas appelé à partager le repas de son maître immédiatement, mais d’abord à préparer le repas, à le servir, et enfin à manger et à boire à son tour. Cette histoire semble même être contradictoire avec tous ces passages dans lesquels Jésus annonce et expérimente une table ouverte : peuvent manger avec le Seigneur celles et ceux qui l’accueillent, sans distinction. C’est aussi l’un des messages de la Sainte Cène que nous partageons : nous sommes invités à table avec le Christ, pour manger le pain de vie qu’il incarne.

    * Pourquoi donc ce passage de l’évangile de Luc semble-t-il nous renvoyer à une position de serviteurs subalternes ? Remarquez que Jésus commence en demandant à ses disciples de se mettre dans la peau d’un propriétaire, et l’histoire finit avec cette invitation à être des serviteurs dévoués mais ordinaires voire inutiles selon certaines traductions !
    - Si nous sommes vivants sur cette terre, ce n’est pas parce que nous l’avons créée, ce n’est pas parce que nous en sommes les propriétaires ; non, la vie nous a été donnée, la Création nous a été confiée, mais nous dépendons bien d’un Tout-Autre, de Dieu.

    * Par le parcours de Jésus dans notre monde terrestre, nous savons que malgré nos faiblesses, nos échecs ou nos absences, malgré nos résultats toujours trop modestes, nous savons que nous sommes des serviteurs aimés du maître, nous savons qu’il nous considère comme des équipiers, des partenaires, précieux, avec lesquels il peut agir.
    - Dans le deuxième récit de la Genèse, rappelez-vous, la terre a besoin du travail de l’être humain pour porter du fruit, mais elle a aussi besoin de la pluie donnée par Dieu pour être fertile. Dès les premiers paragraphes de la Genèse en effet, la Bible est histoire d’alliance entre Dieu et l’humanité. - Dieu a besoin de nous, comme nous avons besoin de lui. En ces temps où nous mesurons à quel point nous pouvons endommager la nature au point d’y compliquer notre existence future, n’oublions donc jamais que nous sommes aussi rendus capables de créer de la vie et de la beauté. - Avec davantage de sagesse, nous aurions pu être des maîtres avisés et respectueux ; mais notre cupidité aurait pu nous exclure complètement de la Création. Finalement, n’être que des serviteurs ordinaires est déjà une grâce qui nous est accordée !

    * Alors pour conclure, de quoi est-il question ? D’un équilibre fragile, qu’il nous faut rechercher ? Nous pensons alors à toutes ces occasions de chute, et nous risquons de demeurer immobiles. Or beaucoup parmi nous peuvent se souvenir de leur apprentissage du vélo. Que faut-il faire, pour ne pas tomber ? Avancer !
    - Oui, y compris avec notre foi minuscule !
    - Oui, quand nous pensons à notre mission sur Terre, nous avons besoin de nous laisser porter par l’Esprit pour vaincre nos peurs et nous mettre en mouvement.

    * Si notre foi gagnait en puissance, nous serions exposés au risque d’en abuser. Tant les éléments naturels que notre égoïsme pourraient nous écraser, mais en Christ, nous sommes appelés à un service librement consenti.
    - Plutôt que d’avoir davantage de foi, notre prière pourrait être de demander au Seigneur de faire croître en nous l’esprit d’équipe, l’esprit de coopération, l’esprit de partage, l’esprit de service…
    Dieu peut encore transformer nos cœurs. Amen.







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