ACCUEILACTUALITESFORUMMEDITATIONACTIVITES
DECOUVRIRSOLIDARITELA CIMADEORGANISATION EGLISETHEOLOGIE FORMATION
JOURNAL EDVECHOS...Partages bibliques
EGLISE PROTESTANTE UNIE DE FRANCE ANNONAYDimanche 15 DÈcembre 2019Contact:
 
MEDITATION
  • MEDITATION
  •  Revenir à la rubrique 
    Prédication du dimanche 01.09.2019 au Temple, par notre pasteur David Veldhuizen

    Luc 14,1-6 (PDV) – « Un sabbat permanent »

    Frères et sœurs,

    * Demain, ce sera la rentrée des classes, et pour beaucoup de familles, le temps va à nouveau être rythmé par l’alternance des départs et des retours des écoles, par les jours scolaires d’une part et d’autre part, les autres, durant lesquels les horaires et les activités ne peuvent pas être tout à fait les mêmes. Pour d’autres, qui n’ont pas la charge d’enfants ou de petits-enfants, qui n’ont peut-être pas ou plus d’activité professionnelle, les éléments de repère sont différents ; parmi vous, certains tiennent probablement beaucoup à notre rendez-vous du dimanche matin, bien sûr pour écouter la Parole de Dieu, pour prier avec d’autres, mais aussi parce que ce temps de rassemblement constitue un point de référence dans la semaine.

    * Mais vous le savez, le principe d’un jour durant lequel personne ne travaille mais peut se reposer, se consacrer à sa famille, à sa foi, à ses loisirs, ce principe ne peut jamais être pleinement et universellement appliqué. Quand le temps était organisé prioritairement par les religions, celles-ci étaient déjà diverses, et donc les calendriers ne pouvaient déjà pas être synchronisés. Mais il y a aussi les nécessités de la survie, tant humaine que d’autres êtres vivants. Depuis que l’agriculture et l’élevage existent, ceux qui travaillent la terre et qui y font fructifier du bétail n’ont que rarement la possibilité de tout arrêter un jour par semaine. Il en est de même pour toutes celles et tous ceux qui protègent et soignent les autres : une blessure, une maladie urgente ou un traitement au long cours d’une pathologie chronique ne peuvent attendre ! Et il y a aussi ceux qui sont nécessaires à un certain nombre d’activités de détente : restauration, sports, culture, bien obligés de travailler quand beaucoup d’autres bénéficient de temps libre. Enfin, avec le profit et la consommation comme idoles, de plus en plus de commerces ouvrent le dimanche.

    * « Le jour du sabbat, est-ce qu'on a le droit de guérir quelqu'un ? Ou est-ce que c'est interdit ? »
    La question vient de Jésus ; elle retourne un piège qui lui a été tendu. Peu de temps auparavant, en effet, il avait guéri une femme infirme, le jour du sabbat, justement. La scène que nous rapporte l’évangéliste Luc a lieu un samedi suivant. Jésus est invité à déjeuner par un Pharisien.
    - Oh, l’invitation n’est peut-être pas aussi généreuse qu’elle n’en a l’air. Car autour de Jésus se pressent d’autres Pharisiens et maîtres de la loi, qui l’observent attentivement, qui le guettent, qui le surveillent. Mais ce n’est pas tout. Un autre homme est présent. Lui, il souffre de gonflements ; le grec et de nombreuses traductions mettent un mot sur son état : il est hydropique. Vous le savez, à cette époque, la maladie est souvent expliquée par le péché. Dans le cas de l’hydropisie, il est considéré que l’attitude pécheresse de la victime provoque un déséquilibre dans son corps, avec un excès d’eau. Bref, cet homme mène une mauvaise vie et sa maladie en est la conséquence. Il est le dernier que des Pharisiens, ces pratiquants vertueux de la loi de Moïse, cherchant à être purs de tout péché, il est le dernier que des Pharisiens vont inviter à manger en leur présence. Pourtant, il est là, devant Jésus, et ce n’est pas lui qui s’est approché. C’est le piège tendu par les adversaires de Jésus.

    * Mais Jésus, je vous le disais, retourne le piège par la question qu’il pose. Personne ne répond. Jésus revient à la charge : il y a la guérison d’un être humain, façon de restaurer la santé, l’unicité, la dignité d’une créature de Dieu, mais il y aussi la détresse, y compris d’un être vivant non humain, d’un animal. Jésus les interpelle : « Supposons ceci : le jour du sabbat, votre fils ou votre bœuf tombe dans un puits. Vous allez sûrement le tirer de là tout de suite ! » En grec et dans d’autres traductions que celle que j’ai employé, la phrase est interrogative, mais c’est bien une question là encore rhétorique. D’ailleurs, à nouveau, c’est le silence qui suit cette parole : personne ne parvient à répondre, et les piégeurs sont pris sans avoir fait trébucher Jésus. Jésus montre bien que guérir ou sauver un être vivant est prioritaire, y compris sur les règles restreignant les activités lors du sabbat. Jésus adopte ici une attitude qui place le vivant avant la lettre d’une loi. Il ne reproche pas à celles et ceux qui pourraient venir en aide à quelqu’un en difficulté le jour du sabbat de le faire, au contraire, il propose un exemple et suggère même que de tels gestes sont tout à fait compatibles avec les raisons d’être du sabbat.

    * D’ailleurs, quelles sont ces raisons d’être du sabbat, selon Dieu ? Vous le savez, dans le Premier Testament, on trouve deux versions des Dix Commandements, ces recommandations données par Dieu au peuple, par l’intermédiaire de Moïse, afin que le genre humain dispose de repères pour participer à l’Alliance offerte par Dieu. L’une des principales différences entre les deux versions concerne la justification du sabbat. Écoutez donc.

    Exode 20,8-11 (PDV)

    Deutéronome 5,12-15 (PDV)


    * En Exode, le septième jour de la semaine fait référence au récit de la Création en Genèse 1 et 2. Le sabbat, c’est le temps du repos et de la contemplation de la Création, un jour de reconnaissance et de jouissance, un jour de confiance et de bénédiction. Le travail des six premiers jours suffit pour la vie lors du septième ; l’œuvre des six premiers jours peut être évaluée, honorée.

    * Dans le livre du Deutéronome, le sabbat est bien sûr également consacré au repos. Mais c’est aussi une occasion de souvenir, de souvenir d’une époque d’esclavage, une époque par définition durant laquelle le repos n’était pas possible ; c’est une occasion de se souvenir de la sortie de cet état, de la libération d’Égypte ; c’est une occasion de penser, avec reconnaissance, à celui sans lequel cette libération n’aurait pas eu lieu. Dans le Deutéronome, le sabbat constitue donc un temps d’évaluation de la situation présente au regard des difficultés du passé, un temps pour reconnaître sa place dans le monde, un temps pour reconnaître la libération comme bénédiction divine. Le sabbat est une commémoration nécessaire de l’existence des esclavages, mais il est aussi une affirmation que nos aliénations ne sont pas des fatalités, que notre Créateur veut nous en extraire.

    * Revenons à ce jour de sabbat raconté par Luc. Vous vous le rappelez, Jésus a posé deux questions à ses interlocuteurs, ne récoltant pour réponse qu’un silence embarrassé et probablement frustré. Mais entre les deux questions posées par Jésus, Jésus s’est tourné vers le malade, l’a guéri et lui a dit de partir. Luc nous raconte cela avec une économie de mots qui indique que cette guérison particulière comporte un message bien plus large. Cela vaut pourtant la peine de bien identifier les trois temps de cette guérison. Il y a d’abord l’orientation vers cette personne souffrante, un regard et une prise en charge. Ensuite, Jésus apporte une solution au problème de cet homme, un problème qui était à la fois physique, spirituel et social. Guéri, il ne souffre plus dans son corps, il n’est plus défini par le soupçon du péché, il peut être réintégré dans la société. Enfin, Jésus l’invite à sortir, il le libère tant de sa condition de malade, que de l’instrumentalisation dont il avait été victime de la part de ceux qui s’en étaient servis comme piège à l’égard de Jésus.

    * Jésus répond donc à sa question : le jour du sabbat, il est bien évidemment possible de s’occuper d’une créature souffrante, d’atténuer sa douleur ou d’y mettre fin, de la libérer de rôles qui l’enferme et la prive de perspectives. En fait, tout cela répond bien aux objectifs du sabbat tels que le Premier Testament les transmet.

    * Nous sommes donc à la veille de rentrée. Comme je le disais, un jour de repos commun à tous reste illusoire. Mais nous pouvons partager deux préoccupations.
    * La première, c’est de veiller à ce que des temps partagés soient possibles. Il est en effet vital de disposer de temps durant lesquels des individus, hors de tout cadre professionnel, se rencontrent, se reposent et se divertissent ensemble, prennent des nouvelles les uns des autres, prennent soin de celles et ceux qui en ont besoin… Oui, comment nous organisons-nous, individuellement et collectivement, pour préserver, maintenir, voire multiplier de tels moments ?

    * Deuxième souci, veiller à ce qui est recommandé pour le jour du sabbat soit aussi un objectif en dehors de ce jour hebdomadaire. Là aussi, comment nous organisons-nous, individuellement et collectivement, pour consacrer du temps au repos, à la contemplation de la Création, à la reconnaissance envers le Créateur, au retour sur nos expériences, à l’évaluation de ce qui nous aliène, à la prise de conscience de la dynamique libératrice du Christ ?

    * Finalement, qu’est-ce qui est le plus important ?
    - Ne marquer le sabbat que rarement, quand nous n’avons rien de mieux à faire, ou au contraire essayer le plus souvent possible pour placer nos vies devant Dieu, dans la louange, l’humilité, l’écoute de la Parole, l’accueil du pardon et le partage ?
    - En cette reprise des activités, que l’Esprit de Dieu nous aide à manifester l’esprit du sabbat à chaque instant de nos journées. Luc 14,1-6 (PDV)





    Site hébergé par annonay.org
    l'Internet Associatif du Pays d'Annonay