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    14.07.2019 Prédication au temple par notre pasteur David Veldhuizen…

    2 Chroniques 30,21-27 (TOB) - « Une joie et un besoin »

    Bonjour à tous,
    * Quand la Bible nous raconte l’histoire des deux royaumes, d’Israël et de Juda, les lecteurs que nous sommes peuvent vite se lasser du rythme de cette narration. En effet, il y a une alternance assez répétitive entre des rois qui se détournent du Seigneur, et des dirigeants qui effectuent le mouvement inverse, qui eux-mêmes cherchent le Seigneur et conduisent le peuple à leur suite. Tout cela dans un contexte hostile, sous la menace de différents empires ; des puissances militaires qui semblent prendre le dessus à chaque fois qu’Israël et/ou Juda se laissent aller à adorer des dieux étrangers ; des idoles, et non plus le Dieu unique, Yahwé. A cette époque, l’Assyrie menace le royaume de Juda. Le motif, je le disais, est un peu répétitif, et nous sommes gênés par le lien de cause à effet qui est énoncé : l’infidélité envers Dieu serait punie par une défaite face à l’étranger, par une perte d’autonomie, par une oppression. C’est ce qui est dit en 2 Chroniques 28 : le roi Akhaz n’avait pas honoré l’alliance avec Dieu ; il avait subi d’importantes défaites face aux Araméens puis une trahison de la part des Assyriens. Dans le schéma d’alternance que j’évoquais, ce type d’épreuves est généralement l’occasion pour les rois ou le peuple de se repentir et d’obtenir ensuite une délivrance.

    * Il y a donc comme une logique de rétribution qui entretient le doute sur la bonté de Dieu ; que nos choix ou nos actes aient des conséquences, certes, mais que Dieu nous retire une certaine protection quand nous nous éloignons de lui ou quand nous l’oublions, cela provoque comme une dissonance avec ces affirmations de la fidélité de Dieu tout au long de la Bible. Il faut une certaine dose d’Esprit pour croire fermement que ce n’est pas parce que nous ne le percevons plus que l’amour de Dieu ne nous accompagne pas !

    * Rappelez-vous, à la Pentecôte, j’ai réalisé une petite animation pour les enfants, pour présenter le baptême, sa symbolique, ses significations. J’ai notamment proposé aux enfants d’allumer une bougie en souvenir du jour de leur baptême, ou du jour où ils ont reçu leur prénom.
    - Ces bougies sont allumées à partir d’une grande bougie, d’un cierge pascal, qui représente le Christ. L’animation prévoit que l’on utilise ensuite un éteignoir pour, je cite, « transformer » la lumière. Quand j’ai effectué ce geste, j’ai explicitement précisé que je n’éteignais pas la lumière, que je ne la faisais pas mourir, mais que je la transformais, afin que, par la fumée qui se diffuse, elle envahisse tout l’espace du temple. La lumière du Christ puis les lumières des baptisés ne meurent donc jamais mais sont transformées alors qu’elles s’estompent de devant nos yeux, qu’elles se déploient dans l’invisible.
    - Cette démonstration cherche, bien sûr, à faire comprendre ce que peut être une présence invisible. Les auteurs des Chroniques essaient peut-être de rendre compte de cette même réalité, car si les rois et les peuples se détournent de Dieu, lui reste disponible…

    * Dans le texte que nous avons entendu, nous sommes dans une période de renouveau pour Juda. Après le règne d’Akhaz que j’ai évoqué, il est écrit au début du chapitre 29 : « Quand Exékias devint roi, il avait vingt-cinq ans et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. […] Il fit ce qui est droit aux yeux du Seigneur. » Il est ensuite raconté comment Exékias a réparé puis purifié le Temple, comment il a rétabli le culte et les sacrifices, comment il a réinstauré l’observance des fêtes prescrites par la loi de Moïse et en premier lieu Pessah, la Pâque juive, la fête du passage, la fête de la fin de l’esclavage, la fête de la sortie d’Égypte, la fête de la renaissance d’un peuple... Le début du chapitre 30 décrit les dispositions prises pour la fête, et le passage que nous avons entendu nous rend compte du déroulement de cette Pâque.

    * Ce que je retiens de cette fête, d’une part, c’est cette joie immense et partagée de célébrer le culte, de prier, de se souvenir des délivrances, au point que la fête est prolongée de sept jours ; et, d’autre part, ce besoin qui est le nôtre de rituels, et comment Dieu nous offre de répondre à ce besoin.

    * La joie est immense : l’auteur des Chroniques nous parle des louanges des lévites et des prêtres, des instruments puissants qui sont employés, de la pertinence des propos d’Ezéchias quand il s’adresse aux prêtres, de la prolongation de la fête (j’y reviendrais) pour durer non pas sept mais quatorze jours, des bêtes prévues pour les sacrifices et des festins impressionnants, des prêtres qui se sont purifiés, de la joie de la foule qui rassemble les lévites et les autres tribus, y compris celles venant d’Israël, des bénédictions du peuple par les lévites…
    - Cette joie, cette beauté, sont comparables à l’âge d’or du règne de Salomon ; surtout, elles montent jusqu’aux cieux, jusqu’au Seigneur. Oui, entretenir la relation et le dialogue avec Dieu, faire mémoire de son action de délivrance dans notre histoire, cela est source de joie. Ce texte nous rappelle que notre vie spirituelle est profondément marquée par cette joie. Celle-ci ne se confond ni avec une euphorie exubérante, ni avec une mièvrerie niant les fragilités et les zones d’ombres de nos vies humaines. C’est plutôt le bonheur d’entrer en relation avec celui qui nous a donné le souffle de vie, de pouvoir lui parler comme nous le voulons, de pouvoir l’écouter avec l’assurance de sa bienveillance, de pouvoir être transformé par son pardon. Cette importance d’une activité spirituelle et cultuelle vivante constitue l’un des messages principaux des livres des Chroniques.

    * Et nous avons besoin de rituels, et Dieu pourvoit à ce besoin par les fêtes qu’il nous propose de marquer. Ce n’est pas à vous qui êtes présents ce matin que j’apprendrais l’importance de structurer le temps, tant nos semaines que nos années. Il convient de marquer des pauses, de s’arrêter pour regarder en arrière, de s’arrêter pour être conscient du moment présent, de s’arrêter enfin pour se projeter sur ce qui est devant nous.
    - Oui, il est bon de sortir du temps productif pour entrer dans un intervalle de temps dans lequel nos vies, nos existences prennent du sens. Il est bon de poser un cadre pour cela, mais il est bon aussi de garder à l’esprit que ce cadre n’est qu’une aide, qu’il ne doit pas devenir une contrainte ou un nouvel esclavage. La fête de Pessah devait durer sept jours ? Voilà qu’il est tellement agréable pour les lévites et le peuple de vivre ce temps ensemble devant Dieu que la fête peut bien durer quatorze jours.
    - Dans nos cultes ou nos rencontres d’Église, nous sommes attentifs bien souvent à respecter le temps annoncé, à ne pas trop déborder, mais il nous arrive aussi, pour les fêtes ou tout simplement parce que nous sommes bien ensemble, de ne plus regarder nos montres. Jésus le dira plus tard, en Marc 2,27 : « Le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat ». Ce qui compte dans ces rituels qui rendent visible notre relation à Dieu, mais aussi aux autres, ce n’est pas l’observance de chaque détail de la loi, mais bien la nourriture que nous recevons, ainsi que la recherche de notre juste place devant Dieu et parmi nos prochains. Créés à l’image de Dieu, réconciliés avec lui par Jésus-Christ, devenu notre frère, héritiers du Royaume.
    - C’est une place qui nous est préparée avec amour, que nous pouvons occuper avec joie.
    Sachons prendre le temps de trouver cette place, avec l’aide de rituels, mais aussi librement et gratuitement, car notre faim et notre soif peuvent se révéler plus grandes que nous ne le pensons. Amen.





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