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EGLISE PROTESTANTE UNIE DE FRANCE ANNONAYJeudi 14 Novembre 2019Contact:
 
MEDITATION
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    Culte du dimanche 07.07.2019 au Temple par notre pasteur David Veldhuizen

    Ésaïe 66,5-14 (NBS) - « L’espérance d’un Dieu maternel »

    Chers amis,

    * Ces derniers mois, notamment en raison des phénomènes climatiques extrêmes que nous connaissons, il semble qu’il y ait une importante prise de conscience dans nos pays que les choix de société effectués il y a quelques décennies sont lourds de conséquences.
    -Nous avons entretenu l’illusion de la consommation comme la source de satisfaction personnelle.
    -Nous avons consenti à la guerre contre de nombreuses structures collectives, en les accusant d’être uniquement des obstacles à la liberté individuelle, en oubliant qu’elles garantissaient aussi une certaine responsabilité du groupe pour protéger les membres de ce même groupe.
    -Nous avons voulu croire certains puissants quand ils nous affirmaient que nous trouverions toujours des solutions à nos problèmes grâce à une technique et une technologie dont nous perdons le contrôle.
    -Oui, les dérives et les excès ont été possibles grâce à notre désir de confort, notre volonté d’indépendance, notre soif d’immédiateté.
    -Aujourd’hui, nous réalisons que notre complaisance a un coût, que ce coût est considérable, désagréable, et peut-être bien à acquitter dès maintenant. Même le meilleur crédit a un terme, et nous voilà terriblement endettés.

    * Pouvons-nous encore corriger les erreurs commises, pouvons-nous inverser la tendance des grands dérèglements climatiques, démocratiques, sociétaux et même humains qui bouleversent déjà notre quotidien ? Pour certains penseurs, qui raisonnent en termes d’effondrement, il est déjà trop tard pour « sauver le système » que nous connaissons ;
    -il est juste temps de penser la fin de la croissance, et surtout la fin d’une certaine compréhension du progrès.
    -Il est juste temps, pour les générations les plus jeunes, de faire le deuil de ce qui a été l’espérance de dizaines de générations, celle d’un lendemain toujours plus agréable et désirable que celui de ses parents.
    -Oui, cette espérance, qui avait complètement abandonné le registre religieux ou théologique, cette espérance sécularisée connaît peut-être ses derniers moments. Comme nous avons partagé cette espérance, ce deuil n’est pas un sujet de réjouissance : nous aussi, nous perdons quelque chose.

    * Pourtant, en tant que chrétiens, nous avons une espérance. La foi ou la confiance sont en effet indissociables d’une attente de l’avenir teintée d’optimisme.
    -Premièrement, nous avons la conviction que nous ne sommes pas seuls face à ces épreuves ; Dieu nous accompagne.
    -Deuxièmement, cette présence n’est pas accusatrice mais aimante, bienveillante ; Dieu ne nous accompagne pas en nous répétant « je t’avais prévenu », mais il nous murmure plutôt : « fais-moi confiance, comme j’ai confiance dans ce que tu as de meilleur en toi, parce que je te l’ai donné. »
    -Troisièmement, nous croyons fermement que l’histoire de l’humanité, et en particulier l’histoire de la relation que Dieu entretient avec elle telle qu’elle nous est racontée dans la Bible, nous croyons que cette histoire est faite de multiples renaissances et résurrections, que Dieu a fait jaillir des possibilités de vie là où cette même vie semblait impossible et en tous cas complètement inattendue. - Oui, être chrétien, c’est croire que nous ne sommes jamais seuls, que nous sommes accompagnés par un Dieu qui nous aime, et que ce Dieu ne cesse d’ouvrir des chemins sous nos pas, tout en nous donnant la force de mettre un pied devant l’autre.
    * Cette espérance est fondamentale. Elle a de la valeur. Elle a une fondation solide en Jésus, le Christ, Dieu venu comme être humain pour être au plus proche de nous, pour nous rappeler l’amour et le pardon inconditionnels de Dieu à notre égard, pour nous guider aussi aujourd’hui et demain. Car oui, notre espérance s’appuie sur notre foi, sur des promesses dont certaines ont déjà été accomplies, et sur des promesses dont nous anticipons la réalisation.

    * Être chrétien, c’est croire en un lendemain désirable. Et la Bible nous livre de beaux textes pour nous décrire ces lendemains désirables. C’est le cas de certains prophètes, comme Ésaïe dans la troisième partie du livre du même nom. Que nous dit-il ? Il évoque d’abord la présence de moqueurs. Croire en un Dieu présent mais invisible, cela peut provoquer de telles réactions, des blessures, des exclusions. Dieu sait cela, et ce mal n’est pas sans conséquences.
    -Pour les fidèles, nous reviendrons dans un instant sur ce que recouvre cette notion, pour les fidèles, une nouvelle naissance est annoncée. Plus précisément, c’est Sion, cette colline synonyme de Jérusalem, qui va accoucher. Une colline symbole à la fois de la Terre promise, où le peuple est « chez lui », où le peuple est proche du Temple et donc symboliquement Dieu est particulièrement proche du peuple. Et cet accouchement, annonce Ésaïe, ne sera à nul autre pareil. Il sera rapide, à peine le travail commencé, sans douleurs. Le contraire de ce que Dieu annonce à Adam et Eve quand ceux-ci doivent quitter le jardin d’Éden, en Genèse 3.
    -Mettre au monde son peuple après un temps d’attente, cela n’est pas une souffrance pour le Seigneur, au contraire. C’est une nouvelle naissance pour ce peuple, une naissance rapide, sans obstacles, sûre et heureuse. Et si l’accouchement est si heureux, cela n’annonce pas une vie difficile ou courte ; Dieu l’affirme, s’il est capable de faire accoucher, de délivrer, il est d’autant plus capable de donner une vie nouvelle, en plénitude, ouverte sur l’éternité.

    * L’espérance se décline ensuite avec plusieurs phrases dans lesquelles le Seigneur se fait la maman de son peuple. Dieu est comme une mère qui allaite, Dieu est comme une mère affectueuse et tendre qui prend ses enfants sur ses genoux, les consolent, les caressent, les câlinent. Et de ces étreintes, une force nouvelle nous animera, et nous ne pourrons qu’être dans la joie. Cette image que l’on souhaiterait universelle d’une mère aimante, voici celle que Dieu choisit pour que son prophète redonne de l’espérance à celles et ceux qui cherchent le Seigneur. Dieu prend ici la place d’une nouvelle Eve, d’une nouvelle femme à l’origine de la vie humaine, à l’origine aussi d’une paix sans nulle autre pareille.

    * Je vous l’avais annoncé, et j’y reviens : le dernier tiers du livre du prophète Ésaïe redessine les contours des destinataires de cette promesse. La promesse est certes adressée au peuple de Dieu, mais ce peuple ne dépend plus du sang, c’est-à-dire de la filiation, de la généalogie : Dieu adopte dans sa famille sans distinguer nos origines et nos parcours. Ce qui compte, c’est d’aimer le Seigneur, c’est de le chercher, c’est d’être pris de compassion pour nos prochains qui souffrent.
    - Dans cette recherche, dans cette compassion, il nous est donné de rencontrer le Messie, Jésus le Christ, et de le suivre. Le peuple de Dieu a donc des contours bien plus larges que nos vues humaines.
    -Si nous sommes dans la tristesse face aux épreuves de nos proches, ou découragés par la situation de la famille de Dieu, de l’Église, dans notre région, dans notre pays, dans notre monde, Ésaïe nous appelle à sortir de notre deuil et à nous réjouir.
    -Oui, Dieu nous adopte et nous donne la nourriture et la tendresse dont nous avons besoin ; ainsi, nous sommes en paix et dans la joie. Amen.





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