ACCUEILACTUALITESFORUMMEDITATIONACTIVITES
DECOUVRIRSOLIDARITELA CIMADEORGANISATION EGLISETHEOLOGIE FORMATION
JOURNAL EDVECHOS...Partages bibliques
EGLISE PROTESTANTE UNIE DE FRANCE ANNONAYJeudi 14 Novembre 2019Contact:
 
MEDITATION
  • MEDITATION
  •  Revenir à la rubrique 
    Prédication du dimanche 23 juin 2019 par notre pasteur David Veldhuizen

    Luc 9,10-17 (NBS – «L’exigence du don… à recevoir »

    Chers amis,

    * La situation n’est pas exceptionnelle, peut-être vous rappelle-t-elle aussi des moments de vos vies. Ce jour-là, les disciples rentrent de mission. Jésus les avait envoyés plus tôt pour « proclamer le règne de Dieu et guérir les malades » (v. 2). C’est ce qu’ils avaient fait, dans les villes et les villages qui se trouvaient sur leurs chemins. Les voilà donc qui se retrouvent après cette expérience, pour le coup, complètement nouvelle pour eux, et on comprend qu’ils ont beaucoup de choses à raconter à celui qui les avait envoyé. Jésus semble bien conscient de la nécessité de ce temps d’échanges ; il est bien possible aussi qu’il ait perçu que les Douze avaient besoin de repos. C’est pourquoi les voilà qui essaient de se mettre en retrait. Mais l’imprévu surgit, sous la forme de ces foules qui veulent profiter de Jésus à chaque instant.

    * La situation n’est pas exceptionnelle, peut-être cela vous est-il arrivé aussi, d’avoir besoin et de vous préparer à un moment de retrouvailles et de repos, et de devoir remettre ces projets à plus tard, car une urgence s’impose à vous. Vous êtes fatigués, vous rentrez d’un déplacement, et voilà que l’on a besoin de vous, peu importe votre état…Que faire, en effet, alors que Jésus accueille ces milliers d’hommes et de femmes qui se pressent, curieux de l’entendre, et certains espérant vivement être guéris des maux qui les accablent ? Les disciples, en quelque sorte, doivent faire contre mauvaise fortune bon cœur.

    * Mais la journée avance, c’est le soir, bientôt la nuit. Enfin, doivent penser les Douze. Enfin, chacun va repartir, et nous allons enfin retrouver Jésus disponible pour nous. Mais la foule ne semble pas se disperser. Peut-être faut-il accélérer un peu les choses, surtout qu’un tel rassemblement, même dans un lieu désert, suppose un peu de temps pour que tous puissent partir. Et puis, si ces gens s’aperçoivent soudain que cela fait longtemps qu’ils n’ont pas mangé, s’ils réalisent que les provisions et les hébergements disponibles pour la nuit vont être rares, peut-être insuffisants, cela va devenir très compliqué à gérer. Alors les Douze s’approchent de Jésus et lui demandent d’intervenir. Bien sûr, ils savent que cela va créer de la frustration, mais n’est-ce pas la seule décision raisonnable ? « Renvoie la foule, pour qu’elle aille se loger et trouver du ravitaillement dans les villages et les hameaux des environs. »

    * Mais Jésus, qui peu avant semblait soucieux de leur besoin de partager ce qu’ils avaient vécu, Jésus, qui peu avant semblait prendre en compte leur besoin de repos, ce même Jésus va leur adresser une réponse très étonnante. « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! »
    - Imaginez, vous êtes avec une douzaine d’amis, et soudainement, on vous demande de nourrir en peu de temps une foule qui, on l’apprend juste après, compte au moins 5 000 personnes, car Luc ne semble compter ici que les hommes, sans les femmes ni les enfants ! Même en étant en pleine forme, voilà une demande extrêmement exigeante, que l’on considère rapidement, et de façon là encore assez raisonnable, irréaliste. Il existe bien sûr des lieux ou des rassemblement où de tels tours de force sont approchables, je pense par exemple à la communauté de Taizé, où quelques dizaines de jeunes, bien préparés, peuvent servir à manger à des milliers d’autres jeunes, tout aussi divers probablement, voire davantage, que la foule qui entoure Jésus. On peut aussi penser au Kirchentag qui se déroule actuellement en Allemagne, avec en ce moment même, un culte dans un stade de football de 80 000 places ! Mais dans ces deux cas, la logistique est prévue bien en amont.

    Ce jour-là, près de Bethsaïda, les disciples, qui encore une fois attendaient un moment de calme, comptent cinq pains et deux poissons comme aliments disponibles. Seul l’évangile de Jean nous précise que ces aliments auraient été mis à disposition par un jeune garçon ; Luc, lui, semble suggérer que ces pains et ces poissons constituaient les provisions des disciples. Cela serait assez cohérent avec l’ordre de Jésus « Donnez-leur vous-même à manger ». Retenons cette hypothèse.

    * Vous voulez me parler, vous voulez vous reposer ? Nourrissez d’abord 5 000 hommes avec ce que vous avez ! Jésus repousse les limites de la disponibilité et de la générosité de ses disciples.
    - Est-ce un exemple de l’amour du prochain qui fait passer ses propres besoins après ceux des autres ? Mais pour que cela fonctionne sans que je disparaisse, il faut que ce soit réciproque ! Oui, je peux faire passer mon prochain avant moi aujourd’hui, si je sais que lui me laissera la place quand j’en aurais besoin ! Mais ces beaux principes, à vivre concrètement, à mettre en pratique, c’est franchement compliqué, car l’expérience nous rappelle les risques que nous prenons à adopter un tel mode de fonctionnement.

    * Mais je pense que ce texte nous suggère au moins un chemin pour que ce défi d’une extrême exigence, qui pourrait s’appliquer aussi à nous aujourd’hui, pour que ce défi soit en fait une Bonne Nouvelle de libération pour nous. Car oui, nous-mêmes et notre église pouvons avoir l’impression d’être comme les disciples à ce moment-là, en quête de ressourcement dans un moment de fatigue. Comment nous sentir l’énergie de témoigner, d’aller au-delà de nos murs, pour partager notre espérance ?

    * Voici une première clé de lecture : la présence de Jésus est décisive. Il semble donner aux disciples toute la responsabilité de relever le défi, comme si lui avait autre chose à faire, comme si lui allait d’ailleurs se mettre à l’écart.
    - Pourtant, il demande aux disciples d’accomplir différents gestes : organiser la foule, procéder à la distribution…et peut-être au ramassage des restes ! Lui, de son côté, dans un rituel qui remonte à l’Ancien Testament, va prier à l’occasion de ce repas partagé, une prière pour remercier celui qui est à l’origine de notre vie et de nos moyens de vivre, une prière pour bénir ce qui va se jouer dans ce temps à la fois banal et pourtant fondamental d’un groupe d’êtres humains.
    - En fait, c’est en rappelant que c’est de Dieu que nous dépendons que le miracle, à nos yeux, va pouvoir s’effectuer. C’est par une manifestation de confiance, de foi, que le peu va devenir suffisant et même surabondant. Ce jour-là, les disciples n’ont pas encore reçu le Saint Esprit ; c’est Jésus qui intervient. Ensuite, aujourd’hui encore, face aux défis qui semblent insurmontables, encore plus alors que nous sommes fragiles et fatigués, alors que nous croyons être seuls, souvenons-nous que l’Esprit nous a été donné, pour rendre Jésus présent parmi nous.

    * Grâce à l’Esprit, le Seigneur fait davantage que nous accompagner dans les épreuves, c’est lui qui pose les paroles et les gestes nécessaires. Il nous appartient de lui faire confiance, de lui remettre nos problèmes mais aussi nos cinq pains et nos deux poissons, autrement dit nos ressources.
    C’est lui ensuite qui transformera ce qu’il faut pour résoudre la situation.

    * Ces ressources, en effet, et c’est le deuxième message pour nous aujourd’hui, ces ressources que nous pensons disponibles sont comme la partie émergée de l’iceberg. Si nous pensons « propriété », « voici MON pain », nous craignons de manquer. Si nous faisons l’expérience du partage, par exemple lors de repas de paroisse, bien souvent, nous voyons que nous avons bien davantage que ce dont nous avons besoin. Quand nous partageons la Cène, quand nous communions, nous pouvons voir la pauvreté de nos églises…mais Dieu nous encourage à voir plutôt la richesse des liens communautaires. Oui, pour faire vivre l’Église, pour faire advenir le Royaume, des ressources imprévues sont disponibles, quand nous faisons le choix de la confiance. * Ces ressources sont même plus grandes que nos besoins, ces besoins qui bien souvent nous écrasent et nous aveuglent.
    Frères et sœurs, Dieu semble beaucoup nous demander, mais en vérité, c’est lui qui nous donne tout. Soyons-en conscients, et reconnaissants.
    Amen.





    Site hébergé par annonay.org
    l'Internet Associatif du Pays d'Annonay