ACCUEILACTUALITESFORUMMEDITATIONACTIVITES
DECOUVRIRSOLIDARITELA CIMADEORGANISATION EGLISETHEOLOGIE FORMATION
JOURNAL EDVECHOS...Partages bibliques
EGLISE PROTESTANTE UNIE DE FRANCE ANNONAYMercredi 21 Aošt 2019Contact:
 
MEDITATION
  • MEDITATION
  •  Revenir à la rubrique 
    09.06.2019 - Prédication du Culte de Pentecôte, par notre pasteur David Veldhuizen

    Jean 14,16-18;26 - Actes 2,1-11 - Romains 8,14-16
    « La réconciliation dans la diversité »

    Chers amis,

    * Nous revoilà à Pentecôte, cette fête qui intervient 50 jours après Pâques, cette fête qui signifie, pour les chrétiens, le don de l’Esprit Saint, annoncé et promis par Jésus à ses disciples. Nous avons entendu dans l’évangile de Jean comment Jésus décrivait cet Esprit : il s’agit de quelqu’un envoyé par Dieu le Père, à la demande de Jésus, le Fils, pour être présents auprès de nous alors que Jésus a rejoint son Père. Cet Esprit a pour vocation, pour mission, de nous aider. C’est un Esprit de vérité, c’est-à-dire qu’il est fiable, utile, et même déterminant pour nous accompagner dans notre recherche de Dieu. Jésus l’a annoncé, l’Esprit est celui qui nous enseigne et nous rappelle ce qu’il est nécessaire pour vivre dans la foi.

    * L’apôtre Paul, dans la lettre qu’il a adressé aux chrétiens de Rome, insiste sur l’action de l’Esprit Saint en nous.
    - C’est par l’Esprit qu’il nous est possible de croire.
    - C’est par l’Esprit que nous arrivons à faire confiance à Dieu.
    - C’est par l’Esprit que nous prenons conscience que nous sommes tous enfants de Dieu, à la fois unis à Dieu d’une façon extrêmement forte, et à la fois unis à tous les autres qui ont reçu l’Esprit. Avec eux, nous formons une grande famille de frères et de sœurs.
    - Oui, recevoir l’Esprit Saint transforme nos relations, nous rend plus proches de Dieu, nous rend aussi proches et solidaires des hommes et des femmes qui nous entourent.

    * L’évangile de Jean et l’épître de Paul aux Romains nous fournissent donc des informations précieuses sur cet Esprit Saint ; nous aurions pu trouver d’autres éléments dans d’autres textes bibliques. Heureusement, parce que le récit de la Pentecôte que nous avons lu, dans le livre des Actes des apôtres, est plus discret sur le sujet. Il essaie de rendre compte d’un phénomène, en parlant d’un bruit, d’un souffle, d’un coup de vent, de langues de feu qui se posent au-dessus des amis de Jésus. Le texte décrit aussi la conséquence immédiate de ce don de l’Esprit : ceux qui l’ont reçu sont capables de parler de la Bonne Nouvelle de Jésus, envoyé par Dieu pour réconcilier l’humanité avec lui, capables donc de parler de cette Bonne Nouvelle de façon à ce que toutes les personnes présentes les comprennent dans la diversité de leurs langues maternelles.

    * En effet, l’auteur insiste sur la très grande diversité des origines de ces personnes. Pourquoi tant de personnes parlant tant de langues différentes se trouvaient alors à Jérusalem ? Eh bien tout simplement parce que la Pentecôte est au départ une fête juive, qui célèbre le don de la Torah à Moïse.
    - La Torah, ce sont les cinq premiers livres qui composent nos Bibles, et dans le judaïsme, on attribue ces livres à la plume de Moïse, sous la dictée de Dieu. En d’autres termes, la fête juive de la Pentecôte, « Chavouot », est l’occasion de remercier Dieu d’avoir donné à son peuple un guide pour l’accompagner dans sa vie. Comme le peuple juif a été plusieurs fois dispersé géographiquement, les fêtes sont des occasions de retrouvailles mais aussi de brassage des cultures. Quant à la fête chrétienne de la Pentecôte, elle dit notre reconnaissance envers Dieu qui a envoyé son Esprit pour nous guider, nous défendre, nous consoler, nous accompagner dans ce monde, un monde pluriel lui aussi.

    * Alliance entre le Seigneur et son peuple, don des « meilleures façons de vivre devant Dieu et devant les autres », don de l’Esprit qui renouvelle et vivifie notre relation à Dieu et aux autres, c’est donc cela, la Pentecôte. Cela, mais pas uniquement. Parmi les autres résonances de ce jour, il y a aussi le miroir avec l’histoire de la tour de Babel. A Babel, les êtres humains voulaient construire une tour pour qu’en quelque sorte, Dieu soit à leur service. Parlant alors tous la même langue, les humains n’avaient pas de difficulté à communiquer entre eux, et avaient peut-être perdu de vue leurs limites. Pour que les humains ne se prennent plus pour des dieux, il a fallu qu’ils ne se comprennent plus, qu’ils n’aient plus une langue commune universelle, qu’ils se dispersent, divisant leurs forces, perdant une certaine fraternité. A Jérusalem, le jour de la Pentecôte, la diversité des langues n’a pas été supprimée ; il n’a pas été question que tout le monde parle à nouveau une langue unique. Non, la réconciliation avec Dieu ne passe pas par le retour à une langue unique, uniforme, sacrée. Il a été donné à chacun d’entendre les mêmes paroles prononcées par les amis de Jésus, chacun dans sa langue maternelle. La diversité n’est plus malédiction mais bénédiction. Et l’Esprit est aussi celui qui nous aide à ne pas vouloir prendre la place de Dieu, celui qui nous aide à être disponibles pour le servir.

    * Ce jour-là, ils venaient donc de plein de pays ou de régions du monde connu ; ils étaient Juifs, avec les caractéristiques tant religieuses que politiques associées à cette identité dans l’empire romain, ou ils n’appartenaient pas au peuple de Dieu par le sang mais confessaient le même Seigneur ; ils ont entendu des bruits étonnants, se sont rassemblés, étonnés, surpris, admiratifs ; ils étaient donc à la fois différents de par leurs expériences de vie passées et à venir, et réunis par une foi et un événement unique. Ce jour-là, la Bonne Nouvelle a été donnée à entendre à tous. Quelles que soient nos origines, nos nationalités et statuts sociaux, la Bonne Nouvelle nous est aussi adressée, dans notre langue maternelle, cette langue qui n’est pas qu’un outil de communication, mais qui fait aussi vibrer nos émotions, notre intimité. Il y a quelques instants, une berceuse a été chantée à [nom du baptisé] : un bel exemple qui illustre cette idée que le langage parental véhicule bien plus que des mots ! Car oui, grâce à l’Esprit Saint, la parole d’amour et de pardon de Dieu n’est pas qu’une formule que notre intelligence, que notre raison doit comprendre ; grâce à l’Esprit Saint, cette parole est une expérience qui concerne notre vie toute entière, qui concerne toutes les dimensions de notre humanité.

    * A la Pentecôte, l’Esprit Saint fait naître l’Église, celle que nous voyons, et celle que seul Dieu connaît.
    - A la Pentecôte, l’Esprit Saint nous saisit, corps et âme, sans que nous ayons à renoncer à notre diversité, sans que nous ayons à nous fondre dans un moule unique.
    - L’Esprit Saint souffle en nous pour que la Bonne Nouvelle de Jésus, le Christ, transforme notre perception de Dieu et des autres, pour que l’Évangile renouvelle en profondeur nos vies, pour qu’elles soient conduites par les bénédictions de Dieu.
    Amen.





    Site hébergé par annonay.org
    l'Internet Associatif du Pays d'Annonay