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EGLISE PROTESTANTE UNIE DE FRANCE ANNONAYJeudi 20 Juin 2019Contact:
 
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    Prédication du dimanche 28.04.2019 au temple, 15 rue Franki Kramer

    …par notre pasteur David Veldhuizen.

    Jean 20,19-31 (NBS) – « Du mystère à la mission »

    Frères et sœurs,

    * Dans l’évangile, une semaine s’est écoulée, depuis la Résurrection.
    Autrement dit, cela fait déjà davantage de temps que Jésus s’est révélé vivant à un certain nombre de ses disciples que de temps passé dans la tombe ! On pourrait penser que pour les disciples, cette nouvelle incroyable est désormais une évidence incontestable. Oui, mais avant la Croix, ils étaient en permanence avec le maître, et depuis, malgré la croix, il apparaît, mais de façon ponctuelle, intermittente. Le Christ ressuscité n’est pas vivant de la même façon que Jésus avant la croix.

    * Une semaine s’est écoulée, et le trouble est extrêmement important. Les amis de Jésus ont d’un côté les témoignages de celles et ceux qui l’ont vu réveillé des morts, ainsi que la croyance d’une partie des Juifs dans une résurrection ultime ; d’un autre côté, ils ont leur expérience et leur raison qui leur répètent obstinément que l’on ne revient pas à la vie le troisième jour après avoir été mis à mort sur une croix et enseveli. Les disciples savent aussi que la nouvelle du tombeau vide est devenue publique, et très tôt, on les soupçonne d’avoir volé et caché le cadavre pour faire croire à sa résurrection ; très tôt, ils ont conscience qu’on les soupçonne d’un acte qui les rend dangereux pour les autorités politiques et religieuses. Une semaine s’est écoulée, mais la peur, qui avait pris le contrôle de leurs volontés dès la nuit au jardin de Gethsémani sur le mont des Oliviers, la peur ne les quitte pas. Ils pensent qu’ils risquent leur vie, et personne n’a envie de subir les mêmes souffrances que Jésus avant et sur la croix.

    * Les disciples ont peur des autorités, peut-être aussi de leurs proches qui peuvent se méfier de ces femmes et de ces hommes qui semblent frappés de folie. Pourtant, ils restent les disciples, un groupe, et Jésus va leur apparaître, malgré leur peur, qu’il va essayer d’apaiser. Et si l’un d’eux manque lors de cette première apparition, et si ce même absent doute de ce que les autres lui racontent, Jésus ne le rejette pas, il ne le méprise pas, au contraire, il va lui permettre d’accomplir le chemin nécessaire pour transformer ses doutes en confiance. Thomas, vous l’avez reconnu, est souvent considéré comme un disciple un peu moins bon que les autres, justement à cause de ses doutes. Mais c’est parce qu’il doute, parce que sa raison n’est pas anesthésiée, qu’il nous donne notre place parmi les disciples. En effet, si les Onze avaient tous cru, sans hésitation, ou si Jésus avait exclu du groupe ceux qui n’arrivaient pas à y croire, nous ne pourrions probablement pas nous-mêmes nous placer à la suite du Christ. Oui, ce Christ ressuscité, ce Jésus laissé mort, portant des blessures sur un corps qui se touche, qui traverse vivant les murs, au mépris de toutes les lois biologiques et physiques, cela n’est pas un phénomène complexe, mais bien un ensemble incroyable de contradictions, un vrai mystère.
    - Grâce à Thomas, nos doutes et nos questions ont donc leur place, leur raison d’être. Ils sont raisonnables, et voilà qu’ils sont comme justifiés, légitimés. Ils ne nous disqualifient pas de la grande famille des hommes et des femmes à qui le pardon et le salut sont offerts. Ils ne coupent pas la relation que Dieu a mise en place et entretient avec nous. Chers amis, je vous encourage à ne plus considérer que la foi de Thomas avait moins de valeur que celle de ses compagnons. D’ailleurs, ce disciple sera ensuite un apôtre courageux ; la tradition pense savoir qu’il est allé annoncer l’évangile jusqu’en Inde.

    * D’ailleurs, l’un des éléments-clés de ce passage de l’évangile de Jean est bien l’envoi des disciples en mission. Ils étaient des disciples, qui suivaient un maître bien humain. Les voilà qui deviennent des apôtres, c’est-à-dire, littéralement, des envoyés, qui s’éloignent d’un centre pour atteindre de nouveaux lieux, de nouvelles personnes. Ils suivaient, et là ils s’éloignent, poussés par l’Esprit, sur lequel je reviendrais dans un instant. Cet appel au large est exprimé différemment dans les évangiles, mais il est constant et essentiel suite à Pâques, suite à la Résurrection.
    - Pour être plus précis, je pense que les deux dimensions se superposent. Être disciple, c’est marcher dans les pas de Jésus, vivre selon son enseignement d’amour de Dieu et du prochain. C’est un choix personnel, indépendamment des autres. Être apôtre, c’est partager par nos gestes ou par nos mots ce que nous avons reçu. C’est faire vivre une communauté. Dans les deux cas, nous participons à la construction du Royaume de Dieu dans ce monde. Être disciple, cela bénéficie à soi et aux autres, même si la source de notre joie, de notre espérance, de notre confiance, de notre amour, même si cette source n’est pas offerte en partage à celles et ceux qui ne la connaisse pas. Être apôtre, c’est dé-multiplier les espaces dans lesquels l’Esprit de Dieu peut agir. Être apôtre, c’est rechercher à être évangélisé soi-même par l’action de Dieu dans le cœur des autres. Pour le dire autrement, le disciple essaie de vivre selon l’enseignement et l’exemple de Jésus ; il peut être le seul à le faire dans son environnement, et cela est difficile, même avec l’aide de l’Esprit.
    - L’apôtre, quant à lui, est un disciple qui essaie de rendre le Christ présent aux autres, dans l’espoir que le Christ convertisse les autres et que tous forment une équipe, une famille, qui s’encourage, s’édifie, se soutient, toujours avec l’aide de l’Esprit, mais celui-ci dispose alors de bien davantage de possibilités pour nous porter.
    - Frères et sœurs, je pense que nous choisissons bien souvent d’être des disciples de Jésus. Mais si nous osions devenir des apôtres, je pense que nous nous faciliterions la vie. A première vue, cela semble plus exigeant. Permettez-moi de croire que c’est le contraire. Partager la Bonne Nouvelle pour en vivre, dans la communauté des croyants, est sans aucun doute plus adapté à nos manques et à nos besoins qu’essayer de suivre l’enseignement de Jésus, de façon isolée dans un monde indifférent ou hostile.

    * Il est beaucoup question d’Esprit ce matin, comme en fait dans le texte de Jean. En effet, l’évangéliste nous raconte ici, à sa façon, différente de celle de Luc dans les Actes des apôtres, il nous raconte ici le don de l’Esprit, comme lors de la fête de la Pentecôte. Chez Jean, c’est le Ressuscité lui-même qui souffle sur ses disciples. Mais pour percevoir une dimension importante de ce souffle, de ce don de l’Esprit, un détour par des textes du Premier Testament est éclairant.
    - Dans le deuxième récit de la Création, en Genèse 2, après avoir assemblé de la poussière, Dieu souffle dans les narines du corps humain inanimé. Et celui-ci prend vie.
    - Un autre texte est fondamental. C’est celui de la vision accordée au prophète Ézéchiel, qui nous est rapportée au chapitre 37 du livre du prophète. C’est la vision des ossements desséchés, disloqués, éparpillés. Il est demandé au prophète de prononcer des paroles, d’invoquer un souffle venant de Dieu. Le prophète obéit. Les os se rapprochent les uns des autres, s’articulent, sont couverts de nerfs, de chair puis de peau. Une deuxième parole enjoint le souffle de réveiller ces corps ainsi reconstitués, et le souffle agit, faisant se lever ce qui est comparable à une armée. Voilà ce que l’on trouve en Ézéchiel 37, et le parallèle avec cette partie du chapitre 20 de l’évangile de Jean est frappant. Jésus ressuscité par Dieu parle et souffle sur les Dix. Ces disciples, qui se terraient, qui se cachaient, qui quelque part renonçaient à une vie normale, qui quelque part étaient mourants, les voici à leur tour renaissants grâce au souffle de Dieu. Le Christ ressuscité fait revivre, renaître ceux qui étaient ses disciples et qui deviennent alors aussi ses apôtres.

    * Le souffle de vie et l’envoi. Un dernier parallèle avec le Premier Testament, concernant cette sortie vers l’extérieur. En Genèse 3, Adam et Eve, conscients de leur nudité et honteux, se cachent, avant d’être expulsés du jardin en guise de malédiction pour l’espèce humaine. En Jean 20, les disciples se cachent eux aussi, conscients de leur fragilité et croyant être isolés, avant d’être envoyés à l’extérieur, bénédiction pour eux et pour le monde.

    * En conclusion, avec Pâques, même nos doutes peuvent être transformés et rendus positifs par le Christ. Avec Pâques, plusieurs options nous sont offertes : douter sans croire, douter et faire confiance ; mais aussi être disciple ou se laisser convertir en apôtre, par l’Esprit, ce même Esprit qui peut transformer des ossements desséchés en êtres vivants.
    Nous que l’Esprit fait renaître, ayons à cœur de partager les bénédictions que nous avons reçu. Amen.





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