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    16ème Rencontre du Partage Biblique 2017-18 – Création -

    08 juin 2018 - 1 rue de l'Hôtel de Ville

    Nous abordons le neuvième module proposé par Jean-Pierre Sternberger (JPS) sur le thème de « La Création » et nous demanderons à Jean-Pierre de nous guider dans le dixième lors de rencontre finale du 22 juin. Il a intitulé ce module : « La graine qui germe seule » avec comme textes bibliques, Marc 4,26-29 appuyé par Jacques 5,7. Il nous propose une présentation du texte sous forme de poème (ce que nous ne trouvons dans aucunes de nos traductions habituelles) avec deux façons de découper le texte, une première façon présente deux parties, la coupure étant entre le v.27 et le v.28, la deuxième présentation est coupée en quatre morceaux (voir le texte ci-dessous)

    Lecture du texte :
    26 Le Royaume de Dieu est comme [cela] :
    un homme jette la graine sur la terre;
    27 il dort ;
    il veille, nuit et jour.

    La graine germe
    et croît
    en sorte qu'il ne sait pas comment.
    28 D'elle-même la terre porte du fruit :
    d'abord l'herbe,
    puis l'épi,
    puis le blé formé dans l'épi.

    29 Quand le fruit est mûr,
    immédiatement, il envoie la faucille,
    car la moisson est arrivée.

    Nos réactions, commentaires, interrogations …
    - C’est très semblable à la parabole du semeur !
    - ça y ressemble, mais c’est finalement assez différent. On trouve cette parabole du semeur juste avant, Marc 4, 1-9, suivie d’une explication de ce que sont les paraboles et d’une explication de cette parabole là (Marc 4,14-20), juste séparée de notre texte par la parabole de la lampe qui n’a pas à être cachée sous un boisseau ou sous le lit. D’autre part, la parabole du semeur se retrouve dans les deux autres évangiles synoptiques, Matthieu et Luc, alors que notre texte est propre à Marc. Pour faciliter la comparaison, nous lisons la parabole du semeur :
    3 « Écoutez. Voici que le semeur est sorti pour semer.
    4 Or, comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; les oiseaux sont venus et ont tout mangé.
    5 Il en est aussi tombé dans un endroit pierreux, où il n’y avait pas beaucoup de terre ; il a aussitôt levé parce qu’il n’avait pas de terre en profondeur ;
    6 quand le soleil fut monté, il a été brûlé et, faute de racines, il a séché.
    7 Il en est aussi tombé dans les épines ; les épines ont monté, elles l’ont étouffé, et il n’a pas donné de fruit.
    8 D’autres grains sont tombés dans la bonne terre et, montant et se développant, ils donnaient du fruit, et ils ont rapporté trente pour un, soixante pour un, cent pour un. »

    Ici, il est surtout question des sols sur lesquels tombent les graines alors que dans notre texte il n’y a qu’un seul sol qui permet à la graine de pousser seule.
    - j’ai du mal avec la traduction proposée par JPS ; le sens du texte m’échappe, alors que dans les traductions habituelles, ça semble simple et fluide.
    - la traduction de JPS insiste sur la séparation qu’il marque fortement avec ses présentations en divers morceaux. On sait que ce petit texte n’est pas facile à comprendre et que de très nombreux commentateurs en ont proposé des analyses très diverses.
    - Pour moi, le semeur c’est Dieu qui donne à chacun des dons divers. Nous n’avons pas à savoir comment ça se passe et comment ces dons grandissent en nous ; nous avons juste à faire ce que nous pouvons, de notre mieux, sans cacher notre foi.
    - Attention, le semeur c’est peut-être chacun d’entre nous à qui Dieu demande de semer mais pas de se préoccuper ni de la germination, ni de la croissance et de l’épanouissement de ce que avons semé. C’est son travail à lui.
    - Alors, le semeur représente-t-il Dieu ou l’homme ? Si c’est Dieu comment se fait-il qu’il ne sache pas comment la semence devient du blé ? Et si c’est l’homme, alors à quoi sert-il ? Semer ? Récolter ?
    - JPS nous a proposé un verset de l’épître de Jacques :
    « Prenez donc patience, mes frères, jusqu'à l'avènement du Seigneur.
    Le cultivateur attend le précieux fruit de la terre, plein de patience à son égard, jusqu'à ce qu'il en ait reçu les produits précoces et tardifs. »

    - Le mot central ici, c’est patience. Jacques appelle les membres de l’église à la patience, à l’image du cultivateur. C’est un morceau de réponse à notre question : « mais que fait l’homme, à quoi sert-il ? »
    Souvenons nous : le texte du jour commence par : « Le Royaume de Dieu est comme… »
    Et l’histoire qui suit, cette graine semée qui pousse seule, n’est pas l’arrivée spectaculaire d’un monde nouveau comme on se représentait l’arrivée du Christ attendu dans la communauté juive de l’époque, c’est une action cachée qui dure. De nombreux théologiens disent cela en parlant d’un Royaume déjà là (par la mort et la résurrection de Jésus) mais pas complètement. « Déjà » et « pas encore ».
    Cette présentation du Royaume de Dieu semble laisser bien perplexes certains d’entre nous.
    JPS nous demande de comparer les deux présentations qu’il a faites de notre texte et d’indiquer ce que cela nous suggère.
    - dans le découpage en quatre parties, c’est le travail solitaire de la graine qui est mis en valeur. C’est une grande différence avec la parabole du semeur au début du chapitre 4, parabole qui, elle, met le terrain et ses différentes natures au centre.
    - si on compare les deux présentations :
    A) la première oppose l’homme et la terre : l’homme sème et, quoi qu’il fasse, n’est plus dans le processus en cour, alors que la terre s’active jusqu’à la transformation de la graine en fruit mûr.
    B) Dans la deuxième présentation, l’opposition se fait entre l’homme écarté du processus et la graine associée à la terre. C’est la graine qui est active face à un homme qui dort. L’homme dort ou veille, nuit et jour, mais il n’a qu’une chose à faire : après avoir semé, attendre avec patience comme le dit Jacques.
    - Il y a là comme un écho à une question que nous nous étions posée lors de la précédente rencontre : Dieu a-t-il besoin de l’homme, de nous ? Oui pour semer, mais la suite lui appartient. Il ne servirait à rien de tirer sur la plante en train de grandir pour accélérer sa croissance !
    JPS propose un haïku pour illustrer cette attente :
    « S'asseoir tranquillement, ne rien faire
    vient le printemps
    et l'herbe pousse d'elle-même ».
    Haïku de Zenkei Shibayama
    Un haïku est un petit poème extrêmement bref visant à dire et célébrer l'évanescence des choses. (Wikipedia)
    Ce tout petit poème dérange certains d’entre nous qui y voient une incitation à la paresse, alors que pour d’autres, c’est un parallèle avec l’exhortation de Jacques, une incitation à la patience, l’attente, l’humilité.

    Finalement, il nous reste à parler de la récolte qui, quelle que soit la présentation de notre texte, vient clore cette petite histoire. Alors, c’est quoi cette récolte ?
    - Le retour du Seigneur ? Mais au sens figuré.
    - Je pense au texte de Matthieu 9,37-38 :
    37 Alors il dit à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ;
    38 priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. »
    - Cette parole de Jésus dans Matthieu, fait suite à la remarque que la foule qui le suit est comme un troupeau sans berger. La récolte, ce serait alors tous ceux qui ont bénéficié de la bonne nouvelle ; que ceux qui sont organisés en église, les « semeurs », accueillent ces nouveaux convertis, sans tirer gloire de cette moisson qui vient du travail autonome de la graine dans la terre, du travail de la bonne nouvelle dans le cœur et l’esprit de ces hommes. Le texte commençait par : « Le Royaume de Dieu est comme … » ; il se termine par l’évocation de la moisson, moment de ce Royaume qui est déjà là, par le don de la grâce mais pas encore pleinement.

    Nous terminons par la lecture du poème proposé par JPS, hymne à la beauté de la nature et à l’amour.

    Je regarde à genoux la terre.
    Je regarde l'herbe
    Je regarde les insectes
    Des fleurs s'épanouissent, toutes bleues, je les regarde.
    Tu es comme la terre au printemps, ma bien-aimée.
    Je te regarde.

    Couché sur le dos, je vois le ciel.
    Je vois les branches de l'arbre.
    Je vois les cigognes qui volent.
    Je rêve les yeux ouverts.
    Tu es comme un ciel de printemps, ma bien-aimée.
    Je te vois.

    J'ai fait du feu la nuit dans la campagne, je touche le feu.
    Je touche l'eau.
    Je touche l'étoffe.
    Je touche l'argent.
    Tu es comme un feu qu'on allume sous les étoiles.
    Je te touche.

    Je suis parmi les hommes, j'aime les hommes.
    J'aime l'action.
    J'aime la pensée.
    J'aime le combat.
    Tu es un être humain dans le printemps.
    Je t'aime.
    (Écrit en prison en 1947 par le poète turc Nâzim Hikmet (1901-1963)
    * -Nâzim Hikmet, Il neige dans la nuit et autres poèmes, traduction du turc pas Munevver Andac et Guzine Dino, nrf / Gallimard, Paris 1999

    Compte-rendu établi par J.P. Lechevalier avec l’aide de Marc Pattus.

    Dernière rencontre des groupes bibliques œcuméniques avec Jean-Pierre Sternberger :
    Pour conclure l’année, le vendredi 22 juin 2018 - 10h15 au presbytère, 1 rue de l’Hôtel de Ville.





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