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    15ème rencontre du Partage Biblique 2017-18 – Création -

    1 rue de l'Hôtel de Ville - 25 mai 2018

    Nous abordons le huitième module proposé par Jean-Pierre Sternberger (JPS) sur le thème de « La Création ». Nous aborderons le 9ème lors de la prochaine rencontre et nous demanderons à Jean-Pierre de nous guider dans le dixième lors de rencontre finale du 22 juin.
    L’image :
    JPS nous pose quelques questions à son sujet :
    - Que pensez-vous de cet animal ? Est-il beau ou laid ? Vous fait-il peur ?
    - A votre avis, quel sentiment son auteur a-t-il voulu susciter chez le spectateur ?
    - Dans le discours de Job 40, Dieu évoque les figures de deux animaux fabuleux : le Behémôt et le Léviathan. Pourquoi recourir à de telles figures fantastiques ? Que souhaite-t-on dire au lecteur ?

    - il peut apparaître comme effrayant avec ses 4 cornes et son regard vide mais avec ses belles couleurs vives il fait plus penser à un jouet pour enfants avec lequel ils jouent à se faire peur mais en sachant que c’est « pour de faux ».
    - Nous aborderons la troisième question après avoir lu le texte. Attention, ce texte « poétique » se présente non pas sur deux colonnes, mais chaque ligne est faite de deux parties qui se répondent avec un blanc au milieu.
    Le commencement des voies de Dieu / Job 40 et 41
    40 6 le SEIGNEUR répondit à Job du milieu de la tempête :
    7 "Tiens-toi prêt, je te prie, comme un vaillant homme ; - je t'interrogerai, et tu m'instruiras.
    8 Veux-tu réellement annuler mon jugement ? - Me condamneras-tu pour te justifier ?
    9 As-tu un bras comme celui de Dieu, - une voix tonnante comme la sienne ?
    10 Orne-toi, je te prie, d'orgueil et de clarté, - revêts-toi d'éclat et de magnificence !
    11 Répands les flots de ta colère, - regarde tous les orgueilleux et abaisse-les !
    12 Regarde tous les orgueilleux, courbe-les, - Écrase sur place les scélérats,
    l3 cache-les tous dans la poussière, - emprisonne-les dans le cachot !
    14 Alors moi-même je te célébrerai, - car ta main droite aura été ton salut !
    15 Voici Behémoth, je l'ai fait comme toi ! - Il mange de l'herbe comme le bœuf.
    16 Sa force est dans ses reins, - et sa vigueur dans les muscles de son ventre;
    17 il raidit sa queue comme un cèdre : - les tendons de ses cuisses sont entrelacés ;
    18 ses os sont des tubes de bronze, - son ossature comme des barres de fer.
    19 Il est le commencement des voies de Dieu ; - celui qui le fait le pourvoit d'une épée.
    20 Sa pâture lui vient des montagnes, - là où s'ébattent tous les animaux sauvages
    21 Il se couche sous les lotus, - dans le secret des roseaux et des marécages;
    22 les lotus le couvrent de leur ombre, - les saules des oueds l'entourent.
    23 Si le fleuve devenait violent, - il ne s'alarmerait pas ;
    si le Jourdain se précipitait dans sa gueule, - il resterait en sécurité.
    24 Est-ce quand il a les yeux ouverts - qu'on pourra le saisir ?
    Le prendra-t-on au piège, - pour lui percer le museau ?
    25 Tireras-tu Léviathan avec un hameçon ? - Lieras-tu sa langue avec une corde ?
    26 Passeras-tu un roseau à son museau ? - Lui perceras-tu la mâchoire avec un crochet ?
    27 Te fera-t-il de longues supplications ? - Te dira-t-il des paroles douces ?
    28 Conclura-t-il une alliance avec toi ? - Le prendras-tu comme esclave à perpétuité ?
    29 Joueras-tu avec lui comme avec un oiseau ? - L'attacheras-tu pour tes jeunes filles ?
    30 Des associés le mettront-ils en vente ? - Le partageront-ils entre des marchands ?
    31 Couvriras-tu sa peau de dards - et sa tête de harpon à poisson ?
    32 Mets ta main sur lui : - au souvenir du combat, tu ne recommenceras plus !
    41 1 Devant lui toute attente n'est qu'illusion ; - à son seul aspect n'est-on pas terrassé ?
    2 Personne n'est assez courageux pour l'exciter ; - qui donc tiendrait devant moi ?
    3 Qui m'a avancé quelque chose pour que je le lui rende ? - Sous tout le ciel, tout m'appartient.
    4 Je ne me tairai pas à propos de son corps, - de sa force et de la beauté de son organisme.
    5 Qui l'a dépouillé de son vêtement ? - Qui pénétrera entre ses mâchoires ?
    6 Qui a ouvert les portes de sa gueule ? - Autour de ses dents c'est la terreur.
    7 Ses orgueilleux et puissants boucliers - sont liés étroitement comme par un sceau;
    8 ils se serrent l'un contre l'autre, - il ne passerait pas entre eux un souffle;
    9 ils sont attachés l'un à l'autre, - ils se tiennent et ne peuvent se séparer.
    10 Ses éternuements font jaillir de la lumière ; - ses yeux sont comme la lueur de l'aurore.
    11 Des torches jaillissent de sa gueule, - des étincelles de feu s'en échappent.
    12 Une fumée sort de ses naseaux, - comme d'un chaudron qui bout, d'une chaudière ardente.
    13 Son haleine allume des braises, - des flammes sortent de sa gueule.
    14 Dans son cou réside la puissance, - l'effroi bondit au-devant de lui.
    15 Les éléments de son corps sont attachés ensemble, - ils sont fondus sur lui, ils ne vacillent pas.
    16 Son cœur est dur comme la pierre, - dur comme la meule inférieure.
    17 Devant sa majesté, les plus robustes sont effrayés - et s'esquivent, brisés.
    18 Pour celui qui l'approche, l'épée ne sert à rien, - ni la lance, ni le javelot, ni la cuirasse.
    19 Il considère le fer comme de la paille, - le bronze comme du bois pourri.
    20 La flèche ne le fait pas fuir, - les pierres de la fronde sont pour lui de la paille.
    21 Il considère la massue comme de la paille, - il se rit du sifflement du javelot.
    22 Il a sous lui des pointes aiguës, - une herse qu'il traîne sur la boue.
    23 Il fait bouillonner les profondeurs comme une marmite, - il change la mer en un vase à parfum.
    24 Il laisse derrière lui un sentier lumineux ; - l'abîme devient comme les cheveux blancs d'un vieillard.
    25 Sur la terre il n'a pas de maître ; - il a été fait sans terreur.
    26 II regarde tout ce qui est élevé, - il est le roi des plus fiers animaux.


    Nos réactions, commentaires …
    - Le chapitre 40,6 nous dit qu’il s’agit d’une réponse du Seigneur à Job. Mais il répond à quoi ?
    - En regardant les chapitres précédents, on voit que 40,6 reprend mot pour mot 38,1 et si on cherche à quoi répond le Seigneur, il faut remonter aux discours de Job avant le chapitre 32. Dans ses discours Job proteste de son innocence et sa longue plainte est une demande d’explication : en quoi a-t-il mérité tout ce qui lui arrive ?
    Après la première « réponse » du Seigneur, Job parle et ce sont les versets 2 à 5 du chapitre 40 (pratiquement le début du texte que nous venons de lire.)
    Nous retrouverons une réponse du même ordre après cette deuxième « réponse » du Seigneur à Job au début du chapitre 42, v.1à6. - Souvenons nous que le découpage en chapitres et versets est récent, n’est pas du tout dans le texte original et peut parfois nous déconcerter ! -
    - Comme beaucoup de textes de notre Bible, le livre de Job apparaît comme une compilation de plusieurs textes ou traditions orales. En premier lieu, la partie en prose (1,1-2,13 puis 42,7-17) qui semble avoir été coupée en deux pour encadrer la partie poétique, doit être un conte folklorique très ancien circulant « parmi les sages du Proche Orient » comme le dit l’introduction à Job dans la TOB (Traduction Œcuménique de la Bible). La partie poétique est faite des discours des amis de Job et de ses lamentations (3,1 - 31,40) ainsi que de l’intervention du Seigneur avec les deux réponses de Job (38,1-42,6). Un discours « supplémentaire », d’un quatrième ami non annoncé, (32,1-37,24) semble avoir été intercalé après coup. Tous ces discours traitent « de la valeur de l’existence et des droits de l’homme à la justice humaine et divine » (Introduction de la TOB à Job).
    - Ils montrent qu’il n’y a pas de lien entre la souffrance vécue et le malheur ou le bonheur de l’homme, que le bonheur ou le malheur ne sont pas une récompense ou une sanction prenant en compte la qualité du comportement de l’homme. Et lorsque le dialogue entre Job et ses amis mène à une impasse, une situation qui n’a pas d’explication, il faut la parole du Seigneur pour permettre à Job de sortir de sa plainte.
    - Ce texte montre aussi combien Satan joue un rôle important dans nos vies.
    - Le texte choisi par JPS commence avec un paragraphe que je ne comprends pas : (40,7-14) :
    7 "Tiens-toi prêt, je te prie, comme un vaillant homme ; - je t'interrogerai, et tu m'instruiras.
    8 Veux-tu réellement annuler mon jugement ? - Me condamneras-tu pour te justifier ? etc. …
    - Il me semble qu’il faut prendre ça au second degré, comme de l’humour ; La TOB titre « Second défi du Seigneur », c’est comme si Dieu disait à Job, « Allez, vas-y, montre-moi tes muscles toi qui est si fort en paroles, toi qui oses me demander des comptes, qui affirmes que tu ne « mérites » pas ce qui t’arrive … »
    - Job avait réfuté une à une toutes les idées émises par ses amis - le sont-ils vraiment ? - Il en était arrivé à demander des comptes, au moins une explication aux malheurs qui l’accablent. Et le Seigneur lui répond par la moquerie, remettant ainsi les choses à leur place.
    - Je pense que les amis de Job sont de très bons amis ; en 2,13, juste avant la grande partie en vers, il est écrit que les amis « restèrent assis à terre avec lui pendant sept jours et sept nuits. Aucun ne lui disait mot car ils avaient vu combien grande était sa douleur » C’est cette capacité à respecter le silence, à ne pas s’enfuir dans un bavardage essayant de masquer la difficulté du moment, qui me fait dire que ce sont de vrais amis.
    - Pour en revenir à la réponse du Seigneur, pourquoi, après avoir défié Job, se lance-t-il dans cette description des grands animaux ?
    - C’est une façon de remettre Job à sa place de créature, comme le sont ces animaux. « Je l’ai fait comme toi » (v.15). Plus loin (41,2), Il fait un parallèle entre l’impossibilité pour l’homme de dominer ces animaux et sa position à lui :
    2 Personne n'est assez courageux pour l'exciter ; - qui donc tiendrait devant moi ?
    - Et le verset suivant, que signifie-t-il ?
    3 Qui m'a avancé quelque chose pour que je le lui rende ? - Sous tout le ciel, tout m'appartient.
    - Job demande des comptes, alors le Seigneur parle de comptabilité ; mais comment peut-on imaginer donner quelque chose à Dieu puisque tout lui appartient ? C’est aussi une allusion à la pratique très répandue du don qui en appelle un autre en retour. L’un de nous explique même que dans certaines régions, le don n’est pas du tout gratuit puisqu’il attend un retour « avec des intérêts » ! Le service donné devient alors un moyen de dominer l’autre, de le rendre débiteur.
    Notre groupe échange alors autour de ce thème du don gratuit : est-il encore possible ? Peut-on imaginer, pour casser l’obligation de réciprocité, un système circulaire dans lequel le don reçu ne provoque pas automatiquement un retour vers celui qui a donné, mais plutôt vers un autre et ainsi de suite. Le donateur initial pouvant recevoir aussi, mais d’un autre.
    - On observe ça dans des cercles homogènes, comme les groupes du Rotary, où l’on sait bien qu’un service rendu à un membre du groupe trouvera forcément sa réponse sous forme d’un service qui viendra d’un autre membre du groupe. A l’inverse, on voit bien comme il est difficile pour des jeunes scolaires en classe de troisième de trouver leur premier stage en entreprise lorsqu’ils ne sont pas dans les bons réseaux ou qu’ils habitent dans des lieux à la réputation douteuse…
    - Je ne trouve pas gênant qu’on ait envie de faire un retour lorsqu’on a bénéficié d’un service : après tout ce peut-être simplement une façon de dire merci autrement qu’avec des mots.
    - Finalement, on aboutit à répéter que, dans l’échange de services, comme dans le don, ce qui compte c’est le respect de l’autre, de sa volonté, de ce qu’il attend, du silence parfois, à l’image des amis de Job.
    - Nous venons d’aborder trois grandes questions à partir de ce texte :
    1 - La place de l’homme dans la création
    2 - La question du mal et de la souffrance
    3 - La relation avec Dieu et la tentation du marchandage.
    - La souffrance de l’autre ? Qu’en faire ? Peut-être renoncer justement à vouloir en « faire » quelque chose, à vouloir « faire », « agir », tenir ferme mais plutôt laisser remonter la tendresse en nous et nous tenir immobile et silencieux à côté de l’autre s’il nous semble qu’il n’attend que ça.
    - L’attention au besoin de l’autre nous permet de proposer des attitudes variées, le silence, le dialogue ou la simple écoute bienveillante.
    En complément, JPS nous propose des images de sceaux et une scène décorant une tombe égyptienne, tous de l’époque de la 18ème dynastie, représentant des chasseurs ou un roi dominant un hippopotame (la première grosse créature dans la réponse du Seigneur à Job). Les personnages ont la même taille ou sont plus gros que l’hippopotame !
    Aujourd’hui, « la com » accompagnerait ces images d’un slogan. JPS nous demande d’en imaginer … Nos propositions :
    o Il est le Roi
    o Le grand Chasseur
    o Qui c’est le Chef ?
    Pour terminer, nous lirons, chez nous, le texte que propose JPS en conclusion de ce temps (reproduit ci-après).

    Le commencement des voies de Dieu : un texte

    Est-ce donc si peu sérieux de parler de la création en terme de jeu ? L'enfant qui joue, nous savons tous combien il est sérieux, et cependant, il joue. Il joue et ainsi créé et se créé. Platon, dans Les lois joue opportunément du rapprochement qu'il faut faire entre paidia (jeu) et païdeïa (éducation). Le jeu qui est liberté n'a pour autant rien d'arbitraire. Il est la condition même de toute situation où il y a amour et plaisir, et donc création et invention de soi [...] On connaît ce jeu où chacun des partenaires tient alternativement ce rôle du "mort". A ce moment, il ne joue pas activement, mais cette non-participation - qui est paradoxalement sa manière alors de participer au jeu (il n'est pas exclu) - permet aux autres de jouer leur jeu, et même de le faire en utilisant les éléments de sa propre donne. Ne peut-on se permettre de comprendre notre Dieu comme celui qui sait jouer le rôle du mort ?

    En se mettant "hors jeu" d'une toute puissance qui empêcherait notre liberté, il nous laisse place, de par la logique même de la création telle qu'il l'a voulue, pour que nous jouions de nos propres initiatives. Car jouer, c'est aussi, et même par définition, laisser jouer les autres [...] Dieu perdrait le sens de sa création s'il ne "jouait pas le jeu", s'il était ce Dieu du regard que Sartre et tout l'athéisme ont à juste titre rejeté. Le jeu suppose le respect de l'altérité.

    Respect implique d'ailleurs une création qui est geste de gratuité et d'amour, non point de calcul, mais de grâce. Le monde est moins créé "à cause de Dieu" (Dieu comme Cause), que "grâce à Dieu". Aussi bien au thème du jeu, pourrait-on joindre ici celui de création par désir et par plaisir...
    Adolphe Gesché, Dieu pour penser IV : Le Cosmos , Paris, Cerf, 1994 p. 147-148

    Pour la prochaine rencontre, nous aborderons le point 9 : La graine qui germe seule.

    Compte-rendu établi par J.P. Lechevalier avec l’aide de Marc Pattus.

    Les prochaines rencontres du groupe Annonay :
    toujours le vendredi, à 10h15.
    8 juin
    Et pour conclure l’année :
    le vendredi 22 juin 2018 avec Jean-Pierre Sternberger





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