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    13ème rencontre du Partage Biblique 2017-18 – Création

    1 rue de l'Hôtel de Ville - 27 avril 2018

    Nous abordons le septième temps de notre approche de la création ; Jean-Pierre Sternberger(JPS) l’a intitulé : « Que tes œuvres sont nombreuses ». Il nous propose de l’aborder avec la lecture du psaume 104. La présentation graphique du texte met en valeur le mode poétique dans lequel chaque proposition est doublée d’une autre, très semblable, qui lui fait écho, sur la même ligne.

    A pleine gorge, que je bénisse le SEIGNEUR !
    Le SEIGNEUR, mon Dieu, tu es très grand, tu es revêtu de clarté et de magnificence !
    2 Il s'enroule dans la lumière comme dans un manteau, il déploie le ciel comme une toile.
    3 Il fixe sur les eaux ses chambres à l'étage. Il prend les nuages pour char, il s'avance sur les ailes du vent.
    4 il fait des vents ses messagers Le feu flamboyant est à son service ;
    5 Il fonde la terre sur ses bases, jamais, jamais elle ne vacillera.
    6 Tu l'avais couverte de l'abîme comme d'un vêtement, les eaux se tenaient sur les montagnes ;
    7 elles fuient quand tu les rabroues, elles se précipitent au bruit de ton tonnerre :
    8 elles montent les montagnes, elles descendent les vallées, vers le lieu que tu leur as assigné.
    9 Tu as posé une limite qu'elles ne doivent pas passer, afin qu'elles ne reviennent pas couvrir la terre.
    10 Tu conduis les sources dans des torrents qui coulent entre les montagnes.
    11 Elles font boire tous les animaux des champs ; les ânes sauvages y étanchent leur soif.
    12 Les oiseaux du ciel demeurent près d'elles et font entendre leur voix parmi le feuillage.
    13 De ses chambres à l'étage arrosant les montagnes ; la terre est rassasiée du fruit de tes œuvres.
    14 Tu fais pousser l'herbe pour les bêtes, et les plantes que l'homme cultive, pour tirer le pain de la terre,
    15 le vin qui réjouit le cœur de l'homme, faisant plus que l'huile resplendir son visage, et le pain qui soutient le cœur de l'homme.
    16 Les arbres du SEIGNEUR sont rassasiés, les cèdres du Liban, qu'il a plantés.
    17 C'est là que les oiseaux font leurs nids ; la cigogne a sa demeure dans les cyprès,
    18 les montagnes élevées sont pour les bouquetins, les rocs sont l'abri des damans,
    19 Il a fait la lune pour fixer les dates des fêtes ; le soleil sait quand il doit se coucher.
    20 Tu amènes les ténèbres, et c'est la nuit où tous les animaux de la forêt se mettent à grouiller ;
    21 les jeunes lions rugissent après leur proie : Ils demandent à Dieu leur nourriture.
    22 Le soleil se lève : Ils se retirent et se couchent dans leurs tanières.
    23 L'homme sort pour se rendre à son ouvrage et à son travail, jusqu'au soir.
    24 Que tes œuvres sont nombreuses, SEIGNEUR ! Tu les as toutes faites avec sagesse ; la terre est remplie de tout ce que tu as produit.
    23 Voici la grande et vaste mer : là fourmillent nombre d'animaux petits et grands ;
    26 là se déplacent les bateaux et Léviathan, que tu as façonné pour jouer avec lui.
    27 Eux tous mettent leur espoir en toi, pour que tu leur donnes leur nourriture en son temps.
    28 Tu la leur donnes, et ils la recueillent ; tu ouvres ta main, et ils sont rassasiés de biens ;
    29 tu te détournes : ils sont saisis d'épouvante ; tu leur retires le souffle : ils périssent et retournent à leur poussière.
    30 Tu envoies ton souffle : ils sont créés, et tu renouvelles la terre.
    31 Que la gloire du SEIGNEUR subsiste toujours ! Que le SEIGNEUR se réjouisse de ses œuvres !
    32 I1 regarde la terre, et elle frissonne ; il touche les montagnes, et elles fument.
    33 Je chanterai pour le SEIGNEUR tant que je vivrai, je chanterai pour mon Dieu tant que j'existerai.
    34 Que ma requête lui soit douce ! Moi, je veux me réjouir dans le SEIGNEUR. Que les pécheurs disparaissent de la terre, et que les méchants ne soient plus ! Que je bénisse le SEIGNEUR ! Louez le SEIGNEUR !


    Avant de prendre les questions proposées par JPS, avez-vous des remarques, des questions, etc.
    - Il me semble que c’est le cantique dit « de la création » que nous chantons dans nos paroisses.
    - Chez nous, les v. 27 et 28 sont utilisés pour le bénédicité.
    - J’ai trouvé ce texte touffu en première lecture, avec une grande différence entre le début et la fin à partir du v.31 : « Que la gloire du Seigneur … »
    - Je suis très surpris de cette description d’un monde où tout est en ordre, bien en place et sans difficulté ; pourtant, il existait des événements climatiques très dévastateurs, comme des tsunamis et autres éruptions volcaniques, de grandes sécheresses etc !
    - C’est peut-être justement l’intérêt de ce psaume : nous faire changer de perspective et ne pas rester enfermés dans notre vision à ras de terre, centrés sur nos petites personnes et leurs divers malheurs et épreuves. La mort est bien présente, décrite comme un « retour à la poussière » (v.29) ; elle fait partie de la création, tout comme le Léviathan présenté comme un jouet pour le Seigneur. Le tremblement de terre est nommé un « frémissement » de la terre et l’éruption volcanique est simplement une montagne qui fume ! (v.32) Tout ce qui habituellement provoque la frayeur est banalisé, réduit à une petite chose.
    - Au v. 8, les eaux qui montent les montagnes … je ne comprends pas ; dans la traduction synodale, ce sont les montagnes qui montent au dessus de l’eau.
    Et au v. 13, on ne sait pas trop qui arrose, alors que dans d’autres traductions, c’est Dieu qui est clairement désigné.
    - Pour moi, je comprends facilement qu’à cette époque on puisse chanter la nature et sa magnifique et puissante beauté, n’importe où sur la terre, alors qu’aujourd’hui, il me semble que l’homme a tellement modifié, enlaidi ou détruit certaines zones que ce n’est plus du tout possible. L’homme, désigné comme dominant la création dans la Genèse, l’a en fait, défigurée et parfois anéantie.
    - Notre psaume n’est-il pas justement un appel à vider nos esprits de toutes les visions négatives ? A cette époque, d’autres visions de la nature existent qui en font un monde dangereux, peuplé de divinités souvent hostiles qu’il faut apaiser ; cependant le psalmiste met tout cela dans la perspective d’une création par un seul Dieu bienveillant faisant tout « avec sagesse » (v.24). Et il s’en émerveille.
    - Mais le problème, ce n’est pas l’émerveillement que nous pouvons toujours avoir, c’est l’action destructrice de l’homme aujourd’hui !
    - Question de détail : on parle souvent dans la Bible des cèdres du Liban. Quels sont ces arbres ?
    - A Annonay, nous avons la chance d’avoir beaucoup de ces arbres ; ce sont des résineux dont le sommet est fait de branches qui partent en biais et pas d’une pointe verticale.
    Passons maintenant aux questions que nous pose JPS :
    - Dans le psaume 104, reprendre la liste de tous les êtres vivants. Sont-ils repris dans le même ordre qu'en Genèse 1 ? Quelles différences ? Est-ce significatif ?
    - les versets 6 à 9 puis 25-30 traitent du milieu marin. Comment en parle-t-on ici (par rapport à ce qui transparaît das le récit de Marc 4,25-5,20) ?
    - Pensez-vous que toutes les créatures ont été faites avec sagesse (v. 24) ?
    - En quoi le fait de penser les autres vivants comme des créatures de Dieu peut faire évoluer notre regard sur la vie dans toute sa diversité ?
    - Je ne sais pas si vous trouvez ces questions intéressantes …
    - Si, si ; il est souvent utile de se poser des questions qui peuvent sembler inutiles.
    - A propos d’utilité, toutes les créatures sont-elles utiles ? Les punaises de lit par exemple … même si nous savons que tout être vivant a sa place dans notre écosystème !
    - Faut-il réintroduire le loup ou l’ours là où l’homme l’a fait disparaître ? C’est toute la question de la coexistence entre les espèces : pourquoi l’homme serait-il « prioritaire » ?
    - Nous connaissons bien l’opposition entre les tenants de la culture bio et ceux qui disent qu’elle ne permet pas de produire de quoi nourrir l’humanité. Nous entendons aussi les tenants du bio expliquer que cette méthode permet de limiter l’invasion des éléments nocifs pour les cultures …
    - A propos des loups et des ours, avons-nous oublié qu’autrefois on savait se protéger ?
    - Tout cet échange apporte des éléments de réponse à la question 3 sur la « sagesse » ou non de la création de toutes les créatures !
    - A l’époque de la rédaction du psaume, il existait une certaine stabilité, un équilibre qui n’était pas sans arrêt remis en cause par l’action de l’homme. Ce n’est pas le cas aujourd’hui et ce que nous appelons « le progrès » apporte sans arrêt du changement, tant positif que négatif, de grands bénéfices dans le domaine de la santé par exemple et de très grandes destructions par ailleurs comme la mise en cause de l’équilibre du climat.
    - Attention à ne pas imaginer un équilibre originel : tout est toujours en mouvement, en changement ; le vivant s’adapte en permanence.
    - La question de la « sagesse » : quelle sagesse ? Ce qui est sage à nos yeux ou la sagesse du point de vue de Dieu ? Et si on ne pense pas création d’un seul coup, mais création comme notre connaissance scientifique nous permet de la comprendre aujourd’hui, c'est-à-dire évolution à partir d’un point initial, alors la question devient : l’évolution est-elle sage ?
    - Personnellement, je ne vois pas les choses sous cet angle : pour moi, Genèse nous dit : « Dieu est au commencement ». Peu importe le processus par lequel le monde advient. Peu importe qu’on décrive ce surgissement comme une création ou comme une évolution. C’est avant tout un acte de foi.
    - La question de la sagesse ou non de cette création n’est donc pas l’objet du psaume.
    - La quatrième question nous ramène par contre à notre responsabilité et nous voyons bien aujourd’hui à quel point nous nous sommes comportés, nous les êtres humains, comme des « sagouins » !
    Nous voyons bien qu’il nous faut absolument changer,
    - mais ça risque d’être bien difficile.
    - Nous intervenons sur le cours des choses à une vitesse qui n’est plus compatible avec la relative lenteur de l’évolution-adaptation.
    - Il me semble même que nos interventions ont modifié les saisons qui ne sont plus marquées comme du temps de notre enfance.
    - Comme je le disais au début, toutes ces destructions faites par l’homme m’empêchent de pouvoir dire ce poème dans n’importe quel lieu ou circonstance.
    - Mais ne pourrait-on pas prendre des exemples qui vont dans l’autre sens, celui de la construction et pas de la destruction ?
    - Même si ce n’est pas absolument généralisé, nous voyons qu’aujourd’hui l’idée même d’esclavage est quasi impossible, la ségrégation, que ce soit par l’origine ethnique, le sexe, l’âge, les opinions et les croyances n’est plus admise, l’acceptation des autres humains différents de moi devient la norme et même un changement de regard sur les animaux amène à la promulgations de lois veillant à supprimer toute forme de maltraitance animale, dans les laboratoires pour des expériences, dans l’élevage etc. Certes l’homme sait détruire mais il y a toujours la possibilité de faire autrement.
    - Il reste des domaines où nous ne savons pas comment contenir nos actions destructrices, comme le traitement des déchets nucléaires sur le long terme.
    Notre groupe évoque encore d’autres sujets comme la surpopulation, question que le monde animal sait réguler par des moyens très divers alors que l’être humain semble ne pas savoir.

    Compte-rendu établi par J.P. Lechevalier avec l’aide de Marc Pattus.

    Les prochaines rencontres du groupe Annonay :
    toujours le vendredi, à 10h15.
    11 et 25 mai
    8 juin
    Et pour conclure l’année :
    le vendredi 22 juin 2018 avec Jean-Pierre Sternberger





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