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    10ème Rencontre du 02.03.2018 - Partage Biblique 2017-18 - Création

    1 rue de l'Hôtel de Ville

    Avant même de reprendre, vient une demande de précision sur l’usage des mots hébreux ‘adam’, ‘adama’, ‘iysh’ et ‘iysha’ dans le texte de Genèse 2.
    ‘adama’ signifie la terre, au sens de la matière du sol. ‘adam’ désigne l’homme au sens de l’être humain. Ces deux mots ont la même racine ce qui donne encore plus de force au texte en hébreu (Gen.2,7) : « 7 le SEIGNEUR Dieu façonna l'homme [adam] de la poussière de la terre [adama]; il insuffla dans ses narines un souffle de vie, et l'homme [adam] devint un être vivant. » Le nom ‘adam’ est utilisé dans tout notre texte sauf dans la fin du v.23 et le v.24 où c’est le nom ‘iysh’ (l’homme masculin). La traduction de Jean-Pierre Sternberger (JPS) respecte ce changement de mot en passant de ‘l’humain’ à ‘l’homme’. Mais dans tout le début de notre texte, il avait utilisé la traduction habituelle, ‘l’homme’, alors qu’en hébreu nous avons ‘adam’. Nous voyons ici combien il n’est pas facile de vouloir complètement respecter le texte original dans sa traduction

    Nous reprenons en regardant la bande dessinée proposée par JPS. Deux courtes scènes entre un père et une mère. Ces petites histoires où les rôles habituels sont inversés ne semblent pas bien inspirer les participants. Étonnement, incompréhension, gène devant le ton qui monte (une dispute de couple) ou sourire complice.
    Que ces petites histoires traitant des relations entre les hommes et les femmes ne suffit pas à permettre un lien avec notre texte biblique. Il faut rappeler combien ce texte a été souvent utilisé pour mettre la femme dans une position d’infériorité par rapport à l’homme (au service de l’homme, comme une aide de l’homme) pour que l’intérêt de ces BD ressorte. Nous avions déjà dit, comme JPS nous l’avait indiqué, que le mot « aide » utilisé par Dieu pour indiquer le rôle qu’il entend faire tenir à l’être qu’il va faire pour l’humain (Gen. 2,20), ce mot, en hébreu, est généralement employé pour désigner l’action de Dieu qui vient en aide, au secours de son peuple. Il n’a clairement pas une connotation péjorative.
    Dans la première scène, l’homme élève la voix pour dire que, lui aussi, il a des passions ; l’image suivante le montre en train de repasser en regardant le feuilleton « Amour, gloire et beauté » à la télé. Certains d’entre nous sourient, mais tout le monde ne connaît pas ce feuilleton. Ces deux extraits de BD ne provoquent décidément pas de grandes questions en relation avec notre texte. Nous reprenons donc les premières questions proposées par JPS :
    o Quel est le verbe utilisé dans ce récit pour dire la création par le SEIGNEUR de l'être humain ? comment se fait cette création ? Qu'est ce que cela dit de la relation entre Dieu et l'être humain ?
    o Pourquoi le SEIGNEUR est-il amené à reprendre l'être humain, la créature qu'il avait formée ?
    o Qu'est-ce que cette création en deux temps (d'abord l'être humain puis l'homme et la femme) dit de Dieu et du monde ?
    o Ce récit est la première partie d'une histoire qui comprendra également l'épisode de l'arbre de la connaissance du bien et du mal (Genèse 3) et celui de la dispute dramatique entre Caïn et Abel (Genèse 4). A quelle question, à votre avis, l'auteur ou les auteurs essaie(nt) de répondre ?

    2 créations, pourquoi ?
    - En les comparants, nous voyons combien ces deux récits sont très différents. Dans le premier, l’être humain, homme et femme, est créé en dernier. En Genèse 2, c’est l’être humain qui est créé en premier et placé au centre du jardin. L’humain est ainsi mis en avant, il a un rôle central, une place magnifique dès le début. Dans Genèse 1, le héro, le personnage central, c’est Dieu le créateur grandiose content de son travail. Dans Genèse 2, Dieu est bien sur le créateur, mais on le voit attentif à l’humain, plein de bonté à son égard, reprenant même sa création, sa créature, pour que ce soit « mieux » pour l’être humain. Il le fait finalement homme et femme et nous avons vu qu’il n’y a aucune raison d’utiliser le texte pour dire que la femme a été créée pour le « confort » de l’homme !
    - Cette histoire, cette double histoire, me semble être une tentative des rédacteurs pour « expliquer » le monde, pour répondre à nos éternelles questions , qui sommes nous, d’où venons nous, qu’est ce que ce monde dans lequel nous évoluons.
    - On a longtemps considéré ces textes comme des récits quasi « journalistiques » de la réalité de la création. Certains le pensent encore aujourd’hui. On sait bien que ce n’est pas le cas. Ces récits veulent dire quelque chose, veulent apporter une réponse aux questions évoquées à l’instant et ne prétendent pas raconter historiquement l’origine du monde. On a attribué ces récits à Moïse qui les aurait écrits. Historiquement, cette idée n’a pas de sens. Ces récits sont de l’ordre de la foi, ils parlent de la relation de l’homme à Dieu, ils s’efforcent de dire comment les auteurs comprenaient la place de l’homme dans le monde et le rôle que Dieu lui avait attribué. Sur le point très précis de la relation homme-femme, ils essayent d’éclairer ce sujet qui reste, aujourd’hui encore, tout à fait central : il n’y a qu’à voir les films, la littérature, la musique et les chansons, la publicité, etc, pour se rendre compte à quel point ce sujet est omniprésent, presque obsessionnel.
    - Pour en revenir à la place de l’humain, à son rôle ou ses missions, on voit bien, autant dans Genèse 1 que Genèse 2 que c’est bien la véritable question qui y est traitée : ces textes parlent surtout de l’homme, de sa place vis-à-vis de Dieu. Dans Gen.1 l’humain est « à l’image de Dieu », ce qui le met dans une position tout à fait particulière dans l’ensemble de la création et dans Gen.2, l’humain est décrit comme bénéficiant du « souffle de Dieu », alors que les autres créatures sont seulement façonnées. Là aussi, l’homme jouit d’une proximité particulière avec Dieu. Quelle différence avec tous les récits d’origine du monde qu’on trouve dans d’autres civilisations, où l’homme est le jouet d’une multitude de dieux.
    - L’homme n’apparaît pas comme « créé par le hasard »
    - L’homme est placé dans un projet de Dieu.
    - Ce qui nous amène à nous poser la question de ce que fait l’homme, de ce que nous faisons, de cette « étincelle » divine, dans le monde, dans nos relations aux autres, dans les choix que nous faisons.
    - Notre texte, avec la suite que nous n’avons pas lue mais que nous connaissons, le serpent tentateur et la désobéissance, la dispute mortelle entre Caïn et Abel, cette histoire n’est-elle pas une façon de dire notre monde actuel, avec ses hommes handicapés et malades, ses conflits, ses violences et tout simplement, cette diversité du genre humain qui m’amène à devoir vivre quotidiennement avec des gens qui pensent et vivent de façon bien différente de ma façon de penser et de vivre.

    Note du rédacteur : mes notes à ce moment là sont trop imprécises pour que je puisse valablement prétendre faire un « compte-rendu » de nos échanges ; cependant, il me semble que nous avons poursuivi autour du thème des différences, en commençant par la première différence, la différence sexuelle initiée par Dieu afin que l’humain ne soit pas seul mais qu’il puisse jouer de l’entraide réciproque. Mais cette entraide voulue au départ se dégrade en accusation vis-à-vis de l’autre, en jalousie et aboutit au meurtre. N’est ce pas un appel à retrouver dans les multiples différences que nous vivons, différences sexuelles certes, mais aussi différences de caractères, d’idées, d’âges, de capacités intellectuelles et physiques, etc, à retrouver donc le chemin de l’entraide au lieu de se laisser aller à la confrontation ?

    Nous terminons notre temps de partage par la lecture de la prière que JPS nous propose :
    Je suis de glaise et de poussière - Tu es de souffle
    Je suis de cendre - Tu es de braise
    Je suis de miettes - Tu es de pain
    Je suis de larmes - Tu es de source
    Je suis d'impasse - Tu es le chemin
    Je suis d'absence - Tu es de veille
    Je suis de lutte - Tu es de paix
    Viens roules la pierre de nos enfermements
    Et que ta vie traverse de toi à moi ! Amen
    (d'après Francine Carillo)

    Compte-rendu établi par J.P. Lechevalier avec l’aide de Marc Pattus.

    Les prochaines rencontres du groupe Annonay :
    Toujours le vendredi, à 10h15.
    16 et 30 mars
    27 avril
    11 et 25 mai
    8 juin
    Et pour conclure l’année :
    Le vendredi 22 juin 2018 avec Jean-Pierre Sternberger





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