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ECHOS...Partages bibliques
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    7ème rencontre du Partage Biblique 2017-18 – Création

    1 rue de l'Hôtel de Ville – 22 décembre 2017

    Comme prévu nous abordons le quatrième thème : « Le premier et le dernier. »
    Nous commençons par commenter l’image proposée par Jean-Pierre Sternberger (JPS) dans le livret d’accompagnement.
    - Elle n’est pas jolie, je la trouve très triste.
    - Le personnage semble être dans un cadre, ajoutée sur un fond…
    - Le texte fait partie de la photo, à moins que ce ne soit un montage.
    - C’est une vitrine avec l’enseigne au-dessus, mais une enseigne incomplète. Une photo de femme est accrochée dans cette vitrine et la vitre réfléchit ce qui se trouve derrière le photographe, un ciel gris au dessus de sapins …
    - C’est gris, nuageux, triste.
    - ça ne fait pas du tout naturel, le portrait est figé et que veut nous dire celui qui a composé cette photo ? On voit bien que c’est très travaillé, les doigts sont interminables, certainement retouchés. Même si au départ
    c’est une photo, faite avec une personne déjà bien préparée et maquillée, l’image produite a été encore retravaillée. Au final, il ne reste pas grand-chose de « naturel » mais beaucoup « d’artificiel ».
    - La question de l’image qu’on donne de soi est tellement importante que dans les ANPE on proposait il y a quelques années, des conseils pour travailler son « look » et pouvoir se présenter sous son meilleur jour dans les entretiens d’embauche.
    - Mais alors, ne met-on pas en avant une image fausse, comme celle qui nous est présentée ? Tellement fausse qu’elle en devient irréelle.
    - Attention : cette opposition vrai contre faux, ou plutôt, réel contre faux renvoie aussi vers un absolu, une question morale, un jugement de valeur qui peut entraîner rapidement une condamnation de ce qui aura été décrété comme faux.
    - Comme toujours lorsqu’on parle d’une image, chacun voit à sa manière et finalement personne ne voit la même chose. Nous trions ce que nous regardons et nous accordons de l’importance à des éléments différents pour chacun. Nous ne pouvons pas savoir comment JPS voit cette image ni pourquoi il nous la présente en préambule à notre lecture biblique. D’autre part, la notion même d’image n’est certainement pas du tout la même à l’époque de la rédaction du texte et aujourd’hui. Nous sommes entourés d’images, images de nous dans les multiples miroirs présents dans nos habitations et images du monde ou images fabriquées dans la publicité, les journaux, et les multiples écrans de notre quotidien.
    Pour finir autour de cette image de femme, JPS nous demande ce qu’évoquent pour nous les mots d’image, d’icône et d’idole.
    - En ce moment, autour de la mort de Johnny Hallyday, nous sommes submergés d’images de lui. On l’avait aussi surnommé « l’idole des jeunes » dans les années 60-70 et pour beaucoup il est considéré comme une icône de la chanson populaire. Voilà déjà, autour du même personnage, trois idées de ce que sont ces mots pour moi.
    - En piochant dans un dictionnaire on trouve les définitions suivantes :
    Icône :
    -1- Image sacrée ; elle ne relève pas de l’art religieux, simple art profane à motif religieux, mais de l’art sacré fondé sur le symbolisme et reflétant la vie spirituelle d’une religion.
    -2- Signe qui est dans un rapport de ressemblance avec la réalité extérieure. Exemple : un dessin d’une maison est une icône par rapport à la maison qu’elle représente.
    Idole :
    -1- Représentation d’une divinité sous une forme matérielle qui est l’objet d’un culte d’adoration comme s’il s’agissait du dieu lui-même
    -2- Personne qui est l’objet d’une tendresse ou d’une adoration passionnée de la part de quelqu’un.
    Image :
    -1- Reproduction d’un objet matériel donné par un système optique (par exemple un miroir)
    -2- Reproduction d’un objet matériel par la photographie, le cinéma, la télévision, la radiologie …
    -3- Illustration d’un livre
    -4- Personne ou chose qui présente un aspect de ressemblance ou d’analogie avec une autre : exemple fils/père ; parlement/corps électoral…
    -5- Représentation matérielle d’une réalité invisible, abstraite, d’un symbole …
    - Dans la Bible, Dieu créé l’homme « à son image »
    - Les icônes et les idoles se présentent d’abord comme des images.
    - Dans le judaïsme et le christianisme, l’idole est condamnée : c’est un faux, c’est un faux dieu.
    - Chez les chrétiens orthodoxes, l’icône permet la communication avec Dieu. Faire une icône est une espèce de prière et l’objet devient ainsi un lieu où le divin s’exprime.
    - Avec le protestantisme radical, toutes les représentations sont devenues des idoles, d’où la « nudité » des temples protestants dans nos régions. Luther avait une attitude nettement plus nuancée.
    - Cependant, on sait aujourd’hui que de très nombreuses images, bas-reliefs, vitraux dans les églises, se voulaient comme des catéchismes pour des fidèles illettrés n’ayant pas accès directement aux textes bibliques.
    - Les statues placées dans de petites chapelles à l’intérieur même des églises, ne s’apparentent-elles pas plus à des divinités, avec leur autel, les bougies, etc… ?
    - Certains expriment la gêne qu’ils ont devant les pratiques comme le fait d’embrasser une icône, même si le geste n’a pas de caractère obligatoire dans le culte orthodoxe, ou, comme on le voyait encore dans les années 50-60, lorsque des fidèles catholiques étaient amenés à embrasser le Christ d’un crucifix.

    Nous abordons le texte proposé. D’abord, JPS résume ce qui précède notre passage :
    Après des dizaines d'années d'exil à Babylone, le peuple d'Israël assiste à la défaite de ses oppresseurs vaincus par les Perses de Cyrus. Pour le prophète qui proclame le message qui suit, le véritable vainqueur n'est autre que le Dieu d'Israël qui n'a rien à voir avec les idoles qu'on adore à Babylone.

    Ésaïe 44,6-26
    6 Ainsi parle le SEIGNEUR, le roi d'Israël, son rédempteur, le SEIGNEUR des Armées : "Je suis le premier et je suis le dernier, en dehors de moi il n'y a pas de dieu.
    7 Qui est comme moi ? Qu'il crie ! Qu'il l'annonce et m'expose tout ce qui s'est passé depuis que j'ai fondé le peuple d'autrefois ! Et qu'ils annoncent aussi ce qui est à venir, ce qui doit encore arriver !
    8 Ne soyez pas effrayés, ne tremblez pas; ne te l'ai-je pas fait entendre et annoncé depuis toujours ? Vous êtes mes témoins : y a-t-il un autre dieu en dehors de moi ? Il n'y a pas d'autre Rocher, je n'en connais pas.
    9 Ceux qui façonnent des statues, eux tous, se réduisent au chaos, et leurs œuvres les plus chères ne servent à rien; ils sont leurs témoins, elles n'ont ni la vue, ni la connaissance, aussi seront-ils honteux.
    10 Qui façonne un dieu ou fond une statue, pour n'en retirer aucune utilité ?
    11 Tous ses compagnons seront honteux; les ciseleurs eux-mêmes ne sont que des humains; qu'ils se rassemblent tous, qu'ils se présentent, et tous ensemble ils seront effrayés et honteux.
    12 Le forgeron, comme pour une hache, travaille avec des braises et il façonne à coups de marteau; il travaille d'un bras vigoureux; mais a-t-il faim, le voilà sans force; ne boit-il pas d'eau, le voilà épuisé.
    13 Le menuisier tend le cordeau, il la dessine à la craie, il la forme au ciseau, il la dessine au compas; il la fait sur le modèle d'un homme, il lui donne l'apparence d'un être humain, pour qu'elle habite dans une maison.
    14 Il coupe des cèdres, il prend des rouvres et des chênes qu'il a laissés grandir parmi les arbres de la forêt; il plante des pins, et la pluie les fait croître.
    15 L'homme s'en sert pour faire du feu, il les prend pour se chauffer. D'une part, il en allume pour cuire du pain, d'autre part il fabrique un dieu, il se prosterne; il en fait une statue, devant laquelle il fait des révérences.
    16 Il jette au feu la moitié de son bois, avec cette moitié il va pouvoir manger de la viande, il cuit un rôti et se rassasie; il se chauffe aussi et dit : « Ah ! Ah ! je me chauffe, je vois les flammes !»
    17 Et avec le reste il fait un dieu, sa statue, il fait des révérences devant elle, il se prosterne, il l'invoque et s'écrie : « Délivre-moi, car tu es mon dieu ! »
    18 Ils n'ont ni connaissance ni intelligence; leurs yeux sont bouchés, de sorte qu'ils ne voient pas, et leur cœur, de sorte qu'ils n'ont pas de bon sens.
    19 Il ne réfléchit pas et il n'a ni connaissance ni l'intelligence de dire : « J'en ai jeté une moitié au feu, j'ai cuit du pain sur les braises, j'ai rôti de la viande et je l'ai mangée; et avec le reste je ferais une abomination ! Je ferais des révérences devant un morceau de bois !»
    20 Il se repaît de cendres; son cœur abusé l'égare, il ne le délivrera pas; il ne dira pas : « N'y a-t-il pas un mensonge dans ma main droite ? » Souviens-toi de cela, Jacob, Israël, car tu es mon serviteur;
    21 je t'ai façonné pour que tu sois mon serviteur; Israël, je ne t'oublierai pas.
    22 J'ai effacé tes transgressions comme un nuage et tes péchés comme une nuée. Reviens à moi, car j'ai assuré ta rédemption."
    23 Ciel, pousse des cris de joie, car le SEIGNEUR a agi ! Profondeurs de la terre, lancez des acclamations ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Vous aussi, forêts, avec tous vos arbres ! Car le SEIGNEUR a assuré la rédemption de Jacob, il montre sa splendeur en Israël.
    24 Ainsi parle le SEIGNEUR, ton rédempteur, celui qui te façonne depuis le ventre de ta mère : "Moi, le SEIGNEUR, je fais tout; seul, je déploie le ciel, par moi-même j'étale la terre.
    25 Je déjoue les signes des vantards et je fais perdre la tête aux devins; je fais reculer les sages et je rends leur connaissance stupide.
    26 Je réalise la parole de mon serviteur et je mène à bien les projets de mes messagers.

    Réactions, questions ?
    - Si je comprends bien, depuis le verset 9 jusqu’au 17, les artisans qui fabriquent des idoles sont décrits comme des personnes qui devraient se rendre compte qu’ils font des objets sans utilité, aveugles et sans connaissance. Mais le verset 18 dément cette vision : « … leurs yeux sont bouchés de sorte qu’ils ne voient pas …»
    Il faut vraiment qu’ils soient empêchés de voir ou de comprendre, car la démonstration parait tout de même lumineuse et évidente !
    JPS nous propose une série de questions pour nous aider à avancer dans le texte :
    La première : Qu'est-ce qui, selon le texte, différencie le SEIGNEUR des idoles ?
    - Le Seigneur est au commencement et à la fin et il est le seul à occuper tout cet espace, tout ce temps.
    - C’est le Seigneur qui est le créateur de l’homme (de Jacob/Israël au v.21) et pas l’inverse. L’homme fabrique des images qu’il décide d’appeler des dieux et qui ne sont rien que des morceaux de bois ou de métal.
    - Je suis étonné de cela : l’idole n’a aucun pouvoir, elle ne fait rien et pourtant les hommes continuent à en faire !
    - Autre élément de comparaison selon le texte : Le Seigneur connaît l’histoire, autant le passé que le présent et l’avenir, alors que l’idole n’a pas de connaissance.
    - Mais l’idole ne pourrait-elle pas être simplement une « représentation » de la divinité, pas la divinité elle-même ?
    - Cette question renvoie à une autre représentation des choses et des êtres qui est le nom qui leur est attribué. Le nom « représente » bien ce qu’il désigne, mais lorsque je nomme quelque chose, c’est aussi une façon d’en prendre possession, d’exercer un certain pouvoir sur la chose ou la personne nommée. On se souvient bien du moment où Dieu présente à l’homme tous les animaux qu’il a fait pour briser la solitude de ce premier homme (Genèse 2,18 et ss.). Cette désignation assoit la domination de l’homme sur les autres créatures vivantes.
    En Genèse 32,28-30, Jacob se « roule dans la boue toute la nuit » avec un inconnu, au gué du Yabbok. A la fin de ce combat sans vainqueur, cet inconnu lui change son nom qui devient Israël. Jacob/Israël à son tour, demande le nom de son adversaire ; « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? » lui répond l’inconnu qui le bénit et disparaît. Et Jacob/Israël déclare avoir vu la « face de Dieu », nom qu’il donne au lieu. Dieu reste celui qui domine : il nomme, renomme mais ne donne pas son nom, ne se laisse pas dominer par la connaissance de son nom. Autre exemple tout aussi connu où un héro biblique demande à Dieu quel est son nom (Moïse dans Exode3,14) voici la réponse : Dieu déclara à Moïse : « «JE SUIS QUI JE SUIS». Voici donc ce que tu diras aux Israélites : «JE SUIS m'a envoyé vers vous r » (Traduction français courant). Là encore, pas vraiment de réponse.
    Le nom comme représentation de Dieu est inaccessible. Le nom, représentation de la chose nommée, n’est pas « qu’une simple représentation ». Une représentation de Dieu, quelle qu’elle soit serait donc déjà une volonté de prendre la main sur lui, de le dominer …

    Question suivante de JPS : Quel lien fait le texte entre l'acte créateur de Dieu et le règne de Cyrus ?
    - Il semble que pour répondre à cette question il faille lire plus loin que le passage choisi : du v. 26 à 45,5
    26J’accomplis la parole de mon serviteur, je fais réussir le dessein de mes messagers : Je dis pour Jérusalem : « Qu’elle soit habitée », pour les villes de Juda : « Qu’elles soient rebâties », ce qui est dévasté, je le remettrai en valeur.
    27Je dis à la haute mer : « Sois dévastée, tes courants, je vais les dessécher ! »
    28Je dis de Cyrus : « C’est mon berger » ; tout ce qui me plaît, il le fera réussir, en disant pour Jérusalem : « Qu’elle soit rebâtie », et pour le temple : « Sois à nouveau fondé ! »

    Chapitre 45
    1Ainsi parle le SEIGNEUR à son messie : A Cyrus que je tiens par sa main droite, pour abaisser devant lui les nations, pour déboucler la ceinture des rois, pour déboucler devant lui les battants, pour que les portails ne restent pas fermés :
    2Moi-même, devant toi je marcherai, les terrains bosselés, je les aplanirai, les battants de bronze, je les briserai, les verrous de fer, je les fracasserai.
    3Je te donnerai les trésors déposés dans les ténèbres, les richesses dissimulées dans des cachettes : ainsi tu sauras que c’est moi le SEIGNEUR, celui qui t’appelle par ton nom, le Dieu d’Israël.
    4C’est à cause de mon serviteur Jacob, oui, d’Israël, mon élu, que je t’ai appelé par ton nom ; je t’ai qualifié, sans que tu me connaisses.
    5C’est moi qui suis le SEIGNEUR, il n’y en a pas d’autre, moi excepté, nul n’est dieu ! (traduction TOB 2010)

    - A noter : en 45,1, Cyrus est appelé messie, en grec « christos ».
    - Ésaïe a prédit ces événements 100 ans avant leur réalisation !
    - Dieu réalise les prophéties.
    - Dieu se présente comme à l’origine de tout, seul, et donc à l’origine de Cyrus aussi. Le rôle qu’il lui fait jouer est simplement la suite de son acte créateur initial.

    Nous poursuivrons la prochaine fois avec les autres questions que nous pose JPS et les éléments de la page suivante du livret : le dessin d’un chariot de supermarché déifié avec des personnes qui se prosternent et l’adorent, ainsi que le texte de Roger-Pol Droit justement à propos du chariot de supermarché.

    Compte-rendu établi par J.P. Lechevalier avec l’aide de Marc Pattus.

    Les prochaines rencontres du groupe :
    toujours le vendredi, à 10h15 :
    12 janvier 2018
    Le 26 est la rencontre à mi-parcours avec Jean-Pierre Sternberger.

    A noter dans les agendas : les prochaines rencontres avec JPS.
    A mi-parcours :
    le vendredi 26 janvier 2018 à 10h15 au presbytère 1 rue de l’Hôtel de Ville
    Pour conclure l’année :
    le vendredi 22 juin 2018, toujours à 10h15 au même endroit.





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