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    6ème Rencontre du Partage Biblique 2017-18 – Création

    1 rue de l'Hôtel de Ville – 7 décembre 2017

    Nous poursuivons le travail avec cette stèle que nous propose Jean-Pierre Sternberger (JPS)
    Il nous indique : « Bien qu'aucune inscription ne vienne le confirmer, il semble bien que le dieu représenté sur ce bas-relief soit Haddad, dieu de l'orage, surnommé Baal, le maître. Même si l'attitude du personnage laisse supposer une influence égyptienne, cette stèle a été trouvée en Syrie, sur le site de Ras Shamra Ougarit, elle date de la deuxième moitié du deuxième millénaire. »
    Puis il nous demande ce que nous remarquons et le sens que nous pouvons trouver à cette représentation.
    - C’est l’attitude d’un chef
    - Sous ses pieds, il y a de l’eau, la mer peut-être ou des montagnes ?
    - On voit bien la pluie tomber. Le choix de ce support tout strié n’est pas un hasard. Et il tient à la main gauche une espèce de lance qui représente un éclair. La main droite brandit une massue ( ?). Sous la pointe de ce qui semble être le fourreau d’une arme à lame, on croit apercevoir un personnage tout petit.
    - Si nous voyons bien la relation entre cette représentation d’un Baal dieu de l’orage et l’épisode dans lequel les prêtres de Baal prient en vain leur dieu en lui demandant de provoquer un orage, nous ne comprenons pas bien pourquoi on en parle ici, puisque précisément, le passage en question ne fait pas partie du texte qui nous est présenté !
    - Au contraire, le dernier passage proposé nous présente Dieu comme n’étant pas dans la fureur des éléments.
    - Pourtant, toujours dans le passage non proposé, on voit en action le Dieu invoqué par Elie ; et cette intervention est radicale puisque même les pierres constituant l’autel sont consumées par le feu divin alors que les prophètes de Baal n’ont obtenu aucune réponse.
    - Décidément, nous n’arrivons pas à nous concentrer uniquement sur les passages retenus par JPS !
    - Cette juxtaposition de deux présentations de la présence de Dieu, l’une dans la violence et la fureur – à laquelle répond la violence de l’action du prophète qui égorge tous les prophètes de Baal et d’Astarté - et l’autre dans la douceur d’un souffle léger, cette double présentation nous incite peut-être à ne pas chercher à qualifier Dieu, à le limiter à un seul domaine d’action, un seul type d’intervention.
    - Elie est tenté de se voir comme « le plus fort », le seul dépositaire du vrai Dieu, mais il se sent abandonné et il exprime sa colère, voudrait même en finir avec la vie. C’est rassurant de voir Dieu l’écouter, écouter sa colère, ses récriminations ; c’est rassurant pour nous de se savoir écoutés même dans nos pires moments, y compris lorsque, comme Elie, nous cédons à la tentation de juger l’action, ou la non-action de Dieu. !
    - JPS nous demande pourquoi, à notre avis, le culte de Baal était si populaire ?
    - « Je ne sais pas » dit l’un, « par soucis de pouvoir maîtriser la météo dans un pays où la pluie est nécessaire mais rare » dit un autre …
    - Aujourd’hui, c’est la croyance en la « vérité » portée par la science qui semble être la croyance la plus attractive. Et on voit bien que grâce aux découvertes de la science, la technique nous a permis depuis un peu plus de deux siècles de faire des « progrès » immenses, l’invention des moteurs a décuplé la puissance de l’homme, l’invention de l’électricité a été décisive, élargissant encore cette puissance, etc. On peut alors assez facilement dire que le couple science-technologie est vu aujourd’hui par beaucoup de personnes comme était vu autrefois Baal : un dieu tout puissant capable d’assurer les bases de notre sécurité et de notre confort. La croyance en la toute puissance de la science est peut-être aussi forte aujourd’hui que l’était la croyance en Baal du temps d’Elie. Cette comparaison permet de comprendre la grande popularité de Baal au temps d’Elie, alors qu’elle nous paraît stupide aujourd’hui.
    - JPS nous demande aussi ce qu’on pouvait attendre de Baal et du Seigneur.
    Difficile de répondre à cette question à la lecture de nos textes. Personne ne parle de ses attentes, et en tout cas pas le peuple qui ne s’exprime pratiquement qu’après la venue du feu du ciel qui dévore tout l’holocauste préparé par Elie.
    - L’un de nous relit un passage où s’exprime une attente, une demande : 18,36-37
    A l’heure de l’offrande, le prophète Elie s’approcha et dit : « SEIGNEUR, Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, fais que l’on sache aujourd’hui que c’est toi qui es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur et que c’est par ta parole que j’ai fait toutes ces choses.
    Réponds-moi, SEIGNEUR, réponds-moi : que ce peuple sache que c’est toi, SEIGNEUR, qui es Dieu, que c’est toi qui ramènes vers toi le cœur de ton peuple. »

    Et il ajoute : globalement, je suis gêné par ce Dieu qui envoie la sécheresse, puis le feu sur l’holocauste et enfin la pluie…
    - Justement, cette remarque nous amène à la question sur laquelle nous étions restés la dernière fois : Dieu s’occupe-t-il de météo ?
    - Bien sur. Dieu est bien le maître de la météo, mais il est aussi celui qui nous a donné la liberté et il laisse donc une certaine marge de liberté aux hommes et aux éléments naturels.
    - Non, répond un autre participant : Dieu ne s’occupe pas de la météo ; il s’occupe de son peuple, de nous, de chacun d’entre nous. Mais pour ça, il y a la « petite » condition : il faut que nous donnions notre accord, que nous le suivions. C’est d’ailleurs « Le » reproche fait par Elie, tant au roi qu’au peuple. A Achab v.18 : « Il lui dit : « Ce n’est pas moi le porte-malheur d’Israël, mais c’est toi et la maison de ton père parce que vous avez abandonné les commandements du SEIGNEUR, et que tu as suivi les Baals » et plus loin, au peuple v.21b : « Si c’est le SEIGNEUR qui est Dieu, suivez-le, et si c’est le Baal, suivez-le ! »
    - Mais alors, s’il s’occupe de nous, il s’occupe aussi de ce qui nous touche, donc de la météo, pourquoi pas ! Et pourquoi ne prierait-on pas pour qu’il pleuve ? Dans ma jeunesse, j’ai participé à des processions pour la pluie ou le beau temps.
    - Dieu nous écoute, Dieu nous entend, mais il fait finalement ce qu’il décide !
    - On voit bien les incendies à Los Angeles, la sécheresse qui sévit un peu partout ou bien de grosses inondations, la maladie qui touche certains et pas d’autres ; nous sommes là devant le mystère du mal pour lequel nous n’avons aucune explication satisfaisante.
    - Le mal, Dieu l’a pris sur lui en Jésus Christ, à la croix !
    - A l’époque d’Elie, on pensait naturellement à l’intervention divine en continu. Aujourd’hui, nous mettons une certaine distance. Nous sommes des hommes imparfaits, dans un monde imparfait. Nous ne pensons pas obligatoirement que s’il y a une grosse tempête, c’est parce que Dieu l’a voulue. Les météorologistes nous expliquent l’origine des ces phénomènes extrêmes et ils nous disent aussi que nous avons notre part de responsabilité dans ces déchaînements. Notre mode de vie, notre consommation sans borne sont aujourd’hui à l’origine du réchauffement climatique et donc en partie des catastrophes climatiques exceptionnelles que nous connaissons.
    - Pour autant, nous pouvons tout demander à Dieu, absolument n’importe quoi ; il n’y a pas de domaine réservé. Et nous savons que Dieu écoute ; il y a ce passage célèbre dans le nouveau testament où Jésus dit à ses disciples Matthieu 17,20 : « …Car, en vérité je vous le déclare, si un jour vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Passe d’ici là-bas”, et elle y passera. Rien ne vous sera impossible. »
    Cependant, la réponse de Dieu n’est pas forcément celle que nous attendons. Nous en avons de très nombreux exemples et justement à la fin de notre texte : Elie attend un Dieu tout puissant qui le sorte du péril dans lequel il est et, non, Dieu n’est pas dans les éléments déchaînés qui le précèdent, mais dans la brise légère. Jusqu’à Jésus lui-même qui demande au moment de la passion, s’il ne peut pas y échapper, mais qui renonce à sa demande pour accepter la volonté du Père. Nous ne comprenons pas forcément la réponse qui nous est faite ; nous aimerions bien pourtant, ce serait rassurant. Nous aimerions bien savoir pourquoi. Pourquoi nous subissons des épreuves parfois terribles que nous avons peut-être tendance à considérer comme un châtiment, pourquoi, pourquoi… Nous verrons un plus tard, avec le texte de Job, quel genre de réponse ou de non réponse nous obtenons à ces pourquoi.
    - « Personnellement, je n’ai pas forcément toutes ces questions et j’ai un peu de mal avec les questions que nous pose JPS. Pour moi, la prière est quasi permanente, pendant que je fais la cuisine par exemple. C’est une façon de vivre naturelle et simple » nous dit un participant.
    - « Moi j’ai besoin d’un temps spécifique, au calme. J’ai besoin de consacrer à Dieu un temps particulier, un temps de silence, déconnecté du quotidien » dit un autre
    … et les échanges se poursuivent : « Moi aussi, je suis souvent en prière dans des moments du quotidien, même s’il m’arrive, en des occasions particulières, des temps forts, de faire un peu autrement ». « Pour moi, la prière accompagne des temps spécifiques, comme avant de prendre la route ; une amie, elle, remercie à la fin du voyage, si tout s’est bien passé ». « Et s’il y a eu un accident ? » rétorque l’un de nous.

    Cela nous amène à la dernière question posée par JPS :
    Le fait de croire que Dieu est créateur change-t-il notre regard sur le monde ?
    - « Oui, car c’est la marque de sa toute puissance »
    - « Non, Dieu n’est pas dans la toute puissance ; il s’est humilié »
    - « C’est difficile pour un chrétien de ne pas dire que Dieu est le créateur. Les scientifiques nous expliquent chaque jour un peu mieux, un peu plus précisément, l’origine, les tous premiers instants du monde. Et Dieu n’y est pas »
    - « Et si nous inversions la question : Si je ne crois pas Dieu créateur, qu’est ce que ça change ? »
    - « Attention à mettre la science à sa juste place. Elle ne dit jamais pourquoi telle ou telle manifestation ; elle dit simplement comment. Elle explique, de plus en plus finement, comment fonctionne le monde, le cosmos comme l’infiniment petit et ça permet de prévoir ce qui va se passer ; c’est ce qui permet de calculer ce qu’il faut faire pour envoyer une fusée à un endroit précis, même à des centaines de milliers de km de notre terre. Mais elle ne dit jamais pourquoi c’est comme ça et pas autrement. Elle ne dit pas pourquoi il y a l’attraction universelle, celle qui fait que la pomme de Newton tombe vers la terre ; mais elle peut expliquer comment ça fonctionne, la vitesse, l’endroit de la chute etc. La science permet de décortiquer le réel, de plus en plus finement, de décrire ce qui se passe. En ce sens elle s’approche d’une certaine vérité. Mais elle ne peut jamais dire pourquoi cette réalité est comme ça. Cette vérité ne nous est pas accessible ; nous avons l’impression de nous en approcher, toujours plus près, mais nous ne la possédons jamais.

    Nous devrions aborder le quatrième point de notre programme le 22 décembre.
    JPS a titré ce paragraphe : Le premier et le dernier – Le texte biblique est Ésaïe 44,6-26.

    Compte-rendu établi par J.P. Lechevalier et révisé par Marc Pattus.

    Les prochaines rencontres du groupe :
    toujours le vendredi, à 10h15.
    22 décembre / 12 janvier 2018
    Le 26 est la rencontre à mi-parcours avec Jean-Pierre Sternberger.


    A noter dans les agendas : les prochaines rencontres avec JPS.
    A mi-parcours :
    le vendredi 26 janvier 2018 à 10h15 au presbytère 1 rue de l’Hôtel de Ville

    Pour conclure l’année : le vendredi 22 juin 2018, toujours à 10h15 au même endroit.





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