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    5ème Rencontre du Partage Biblique 2017-18 – Création

    1 rue de l'Hôtel de Ville - 24 novembre 2017

    Nous passons au troisième temps proposé par Jean-Pierre- Sternberger (JPS), intitulé : Le maître de l’orage.
    Nous allons lire partiellement les chapitres 18 et 19 du premier livre des Rois. Ils concernent les relations entre Achab, roi d’Israël et Elie. A la fin du chapitre 16, Achab nous est présenté comme un roi encore pire que ses pères : il épouse Jézabel, fille du roi des Sidoniens, construit un autel à Baal à Samarie et fait une idole d’Astarté. Elie annonce à Achab une sécheresse puis part dans le désert, se réfugie chez la veuve de Sarepta dont la cruche d’huile et le pot de farine ne se videront jamais, ressuscite le fils de cette femme. Trois ans passent, toujours avec la sécheresse et l’Éternel envoie Elie devant Achab. Voilà pour l’essentiel, ce qui précède ce que nous lirons. Cependant, avant cette lecture, JPS nous propose un vitrail et nous demande ce qu’il nous inspire :
    - La tête d’Élie, finement représentée, semble pensive … - … mais apaisée.
    - nourri par les corbeaux et abreuvé par la rivière, il peut dire : « Dieu a pourvu »
    - « Je suis frappé par le bleu qui teinte tout : le ciel, l’eau, mais aussi les arbres, le sol et le vêtement d’Élie et les corbeaux. Ce bleu froid, c’est la sécheresse qui touche tout. Ce bleu permet aussi de mettre en valeur le jaune des galettes et le rouge de la cruche. Elie ne souffre pas de la sécheresse. »
    - « Ce bleu intense me fait penser au bleu des ciels méditerranéens ! »
    - « Le personnage semble se dire : - qu’est ce que je m’embête ici !- on a une impression d’ennui. »
    - « Ce séjour dans le désert me fait penser aux 40 jours de Jésus dans le désert »
    - « Et les corbeaux, ils sont d’habitude associés au malheur ; on ne les aime guère ; mais ici, ils me font penser au texte de I Corinthiens 1,27-28 : « …27 Mais ce qui est folie dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les sages ; ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort ;
    28 ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n’est pas, Dieu l’a choisi pour réduire à rien ce qui est,… »
    - « Pour moi, cette couleur quasi généralisée, ce bleu, c’est l’apaisement »
    - « C’est comme pour L’Église qui connaît des moments très contrastés : ici, c’est le calme »
    - « Un ami me parlait du choix qu’il faisait régulièrement d’aller dans un monastère faire une retraite. Il me disait qu’il se croyait plutôt contemplatif ; mais un gros problème de santé l’a amené à se voir très différemment, car il s’est mis en colère. Ce calme dont il se sentait habité a volé en éclats. »
    - « Oui, mais le temps de retraite, de calme, est un temps choisi, alors que l’irruption d’un événement brutal est totalement subi ! »
    - et cette irruption dérangeante révèle un caractère moins serein.
    - Dans le cas d’Élie, il ne choisit rien ; il ne fait que suivre des instructions reçues.
    - « Cette image, je ne vois pas en quoi elle va avec ce que nous allons lire, ni avec le thème de cette année : « Création » !
    - D’autant qu’entre l’épisode représenté par le vitrail et notre texte il y a l’épisode de la veuve de Sarepta.
    - Les corbeaux rappellent tout de même l’histoire du déluge qui est aussi une histoire de récréation du monde après sa destruction quasi complète (Genèse 8,7). Le corbeau est le premier animal envoyé par Noé pour voir l’état de la terre.
    - Cet épisode avec les corbeaux (I Rois 17,2-7), juste au début de la mission d’Élie fait écho à l’épisode de la fuite au désert (I Rois 19,3-8) qui suit juste la fin sa mission victorieuse. Mais la tonalité en est toute autre.
    - Nous allons lire ce que JPS nous propose ; ça ne comporte pas l’épisode très violent au cours duquel Elie est amené à égorger tous les prophètes de Baal et d’Astarté. Pourtant, nous sommes aujourd’hui dans un contexte de grande violence, également de tueries au nom d’une religion par rapport à d’autres ; à moins que nous soyons focalisés sur cet aspect de la réalité par ce que nous en disent les médias.
    - Nous savons bien qu’il y a des pays qui connaissent une très grande misère et même si les statistiques mondiales nous disent que la pauvreté a reculé, nous savons bien qu’elle est encore très présente, souvent accompagnée de violences…
    - et la sécheresse, c’est aussi totalement d’actualité !
    Nous en venons à la lecture de I Rois 18 1-2 puis 17-19, 42-49 suivi de I Rois 19 1-13
    Achab, roi d'Israël a épousé une princesse phénicienne, Jézabel qui a permis le développement en Israël du culte de Addu /Baal, le dieu de l'orage. Le prophète Elle résiste et continue de prétendre que le SEIGNEUR est le dieu d'Israël. Une terrible sécheresse sévit en Israël. Partout on supplie Baal d'envoyer la pluie sur le sol desséché.

    18 1 Bien des jours s'écoulèrent, et la parole du SEIGNEUR parvint à Elie, la troisième année [de la sécheresse] : "Va, parais devant Achab, et j'enverrai de la pluie sur la terre."
    2 Elie s'en alla pour paraître devant Achab. La famine sévissait en Samarie.
    [•••]
    17 Lorsqu'il aperçut Elie, Achab lui dit : "Est-ce toi qui attires le malheur sur Israël ?"
    18 Elie répondit : "Ce n'est pas moi qui attire le malheur sur Israël; au contraire, c'est toi et la maison
    de ton père, puisque vous avez abandonné les commandements du SEIGNEUR et que tu as suivi les Baals.
    19 Maintenant, fais rassembler tout Israël auprès de moi au mont Carmel, avec les quatre cent cinquante
    prophètes du Baal et les quatre cents prophètes de l'Ashéra qui mangent à la table de Jézabel."

    À l'issue d'une terrible joute entre prophètes, Elie élimine tous ses rivaux, les prophètes de Baal...
    42 Achab monta pour manger et pour boire. Mais Elie monta au sommet du Carmel et, se courbant
    jusqu'à terre, il mit son visage entre ses genoux
    43 et dit à son serviteur : "Monte, je te prie, regarde du côté de la mer".
    Celui-ci monta, regarda et dit : "Il n'y a rien". Sept fois, Elie lui dit : "Retourne !"
    44 La septième fois, il dit : "Un petit nuage s'élève de la mer, il est comme la main d'un homme." Elie dit : "Monte dire à Achab : "
    45 De toutes parts le ciel devint noir de nuages, le vent se leva, et une forte pluie se mit à tomber. Achab
    monta sur son char et partit pour Jizréel.
    46 La main du SEIGNEUR fut sur Elie, qui passa une ceinture à ses reins et courut devant Achab jusqu'à l'entrée de Jizréel.

    191 Achab rapporta à Jézabel tout ce qu'avait fait Elie, et comment il avait tué par l'épée tous les
    prophètes.
    2 Jézabel envoya un messager à Elie, pour lui dire : "Que les dieux fassent ceci et qu'ils y ajoutent
    cela, si demain, à cette heure-ci, je ne fais de ta vie ce que tu as fait de la vie de chacun d'eux !"
    3 [Elie] prit peur, se leva et partit pour [sauver] sa vie. Il arriva à Bersabée, qui appartient à Juda, et il laissa là son sénateur.
    4 Mais lui, il alla dans le désert, à une journée de marche.
    Il vint; il s'assit sous un genêt solitaire et demanda la mort en disant : "C'en est trop ! Maintenant, SEIGNEUR, prends ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes pères."
    5 Il se coucha et s'endormit sous un genêt solitaire.
    Mais voici : un envoyé le toucha et lui dit : "Lève-toi, mange !"
    6 Il regarda et voici : il y avait à son chevet une galette [cuite] sur des pierres chaudes et une cruche d'eau. Il mangea et but, puis se recoucha.
    7 L'envoyé du SEIGNEUR vint une seconde fois, le toucha et dit : "Lève-toi, mange, car le chemin serait trop long pour toi."
    8 Il se leva, mangea et but. Avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, l'Horeb.
    9 Là-bas, il entra dans la grotte et y passa la nuit. Soudain la parole du SEIGNEUR lui parvint, qui lui disait : "Que fais-tu ici, Elie ?"
    10 Il répondit : "J'ai montré une passion jalouse pour le SEIGNEUR, le Dieu des Armées; car les
    Israélites ont abandonné ton alliance, ils ont rasé tes autels, ils ont tué tes prophètes par l'épée; moi, je suis
    resté, seul, et ils cherchent à me prendre la vie !"
    11 Il reprit : "Sors et tiens-toi dans la montagne, devant le SEIGNEUR".
    Or le SEIGNEUR passait. Un grand vent, violent, arrachait les montagnes et brisait les rochers devant le SEIGNEUR : le SEIGNEUR n'était pas dans le vent. Après le vent, ce fut un tremblement de terre : le SEIGNEUR n'était pas dans le tremblement de terre.
    12 Après le tremblement de terre, un feu : le SEIGNEUR n'était pas dans le feu. Enfin, après le feu, un calme, une voix ténue.
    13 Quand Elie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, sortit et se tint à l'entrée de la grotte. Soudain une voix lui dit : "Que fais-tu ici, Elie ?"
    1 Rois 18 et 19

    Nos réactions, questions, etc.
    - Pourquoi un pluriel à Baal ?
    - Ce pluriel doit certainement vouloir englober tous les autres Dieux que l’Éternel.
    - « Il me semble que s’arrêter dans la lecture au verset 13 fait un peu « queue de poisson » ; le verset 14 reprend mot à mot le verset 10, ce qui donne une certaine unité à l’ensemble du texte.
    - « J’avais l’habitude d’entendre ce texte jusqu’au verset 12 seulement ; en s’arrêtant là, le fidèle est amené à se poser la question de son attente de Dieu, d’un Dieu fort à la présence éclatante, ou d’un Dieu de la douceur, du calme, de la paix »
    - attention : le texte dit que les événements violents que sont le vent, le tremblement de terre et le feu sont « devant » l’Éternel, ils font partie du cortège qui précède l’Éternel. D’ailleurs, si le texte précise que l’Éternel n’est pas dans les événements violents, il ne dit pas non plus qu’il est dans la brise légère. Il ne faut pas trop vite opposer ces différentes manifestations.
    - « Je trouve qu’Élie a une foi énorme ; il fait bien plus que ce que lui demande l’Éternel : (18,1b) : « Va, montre-toi à Akhab ; je vais donner de la pluie sur la surface du sol. ». L’Éternel n’en dit pas plus. Et lui, non seulement il va voir Achab, mais il monte un énorme scénario, lui tout seul face aux 850 prophètes de Baal et d’Astarté, devant tout le peuple et le roi ; il en rajoute même : « versez de l’eau, une fois, deux fois, trois fois » Seule sa foi, sa totale confiance en son Dieu, lui permet de lancer un tel défi. »
    - Dans le morceau de texte qui suit le verset 18, jusqu’au verset 40, c’est ce défi qui est raconté et en particulier, le fait qu’à la demande d’Elie (v.36-37), « 38 Le feu du SEIGNEUR tomba et dévora l’holocauste, le bois, les pierres, la poussière, et il absorba l’eau qui était dans le fossé. » La manifestation de Dieu n’est pas seulement dans le doux bruissement de la brise (19,12) comme nous venons de le voir.
    - Nous remarquons que finalement, nous parlons beaucoup plus des textes que nous n’avons pas lus que de ceux choisis par JPS !
    - Au moment de son défi lancé aux prophètes de Baal, Elie a manifesté une très grande foi, mais dans la suite du texte, nous le trouvons découragé, demandant la mort, s’enfuyant devant les menaces de Jézabel. Certes, il a bien « le droit » d’avoir peur, mais pourquoi alors qu’il vient de défier victorieusement un très grand nombre d’adversaires ?
    - Nous pouvons nous poser à peu près la même question dans l’épisode de la veuve de Sarepta (17,8-24).
    Dans un premier temps, elle fait confiance à la parole de l’Éternel transmise par Elie et utilise ce qui lui reste de farine et d’huile pour lui faire une petite galette. Mais lorsque son fils meurt, elle invective violemment Elie, homme de Dieu. Elle a tout à fait perdu cette belle confiance. Et ce n’est qu’à la vue de son fils vivant qu’elle reconnaît l’Éternel comme Dieu. Le peuple rassemblé au moment du défi entre Elie et les prophètes de Baal aura la même réaction « C’est l’Éternel qui est Dieu » (18,40).
    Voilà, presque en parallèle, deux histoires qui racontent la puissance de Dieu, de façon très discrète, presque secrète, avec la veuve de Sarepta et son fils, de façon grandiose et totalement publique dans l’épisode avec les prophètes de Baal. Et dans les deux cas, la foi des acteurs en l’Éternel semble inconstante, extrêmement variable, passant de la confiance totale, voire exaltée à la colère contre Dieu ou le désespoir. Ces deux histoires ne nous parlent-elles pas de nous ? Au-delà de l’aspect fantastique, de la dimension miraculeuse, c’est la petitesse de notre foi qui est mise en scène, sa capacité à être grande un moment et à quasi disparaître peu de temps après dans un temps de difficulté.
    - Nous nous reconnaissons aussi dans ce peuple à qui on demande de venir donner un avis, valider un choix. Ça ressemble même un peu à un acte « démocratique » ! Mais quel drôle de personnage qui déclare haut et fort que c’est l’Éternel qui est Dieu, mais qui laisse Elie complètement désemparé et seul face à la menace de Jézabel, ce peuple qu’Élie manipule allègrement avec le miracle de l’holocauste, l’aidant à retenir les prophètes qu’Elie va égorger dans le ravin après leur défaite, mais qui disparaît totalement de l’histoire juste après.
    - Nous voyons, une fois de plus, combien les scènes décrites, sont finalement peu réalistes au regard de notre logique rigoureuse, mais c’est, comme d’habitude, parce que le rédacteur ne prétend pas faire œuvre historique mais transmettre un message, faire partager sa conviction. A qui donc s’adressent de telles histoires ? Que veulent-elles nous dire ?
    - « Pour moi, c’est la mise en avant de l’efficacité de la prière : la demande d’Élie est exhaussée. Il est suivi par Dieu dans son défi fou à Achab et à Jézabel. »
    - Pour moi, le final indique clairement l’orientation vers un Dieu de la douceur, de la protection et pas d’un Dieu de la violence, uniquement capable d’actes grandioses. La force me semble plus présente dans la prière d’Élie que dans les manifestations violentes des éléments. Certes, Dieu a suivi Elie dans son défi et a permis à son feu de venir réaliser ce que le prophète avait demandé, mais au bout du compte, dans la solitude de la grotte, avec un Elie redevenu tout craintif, rempli de peur, Dieu semble dire : « Je t’ai suivi, OK, mais ne me mets pas dans cette posture, je ne suis pas à ton service ! »
    - La suite de l’histoire d’Élie est aussi une réponse de Dieu sur la durée, pas seulement un Dieu de l’action immédiate. Elie va avoir un successeur et Dieu lui indique ce qui va se passer.
    Toutes nos remarques et questions autour de la puissance de Dieu, de la confiance que nous avons dans la puissance de notre prière, toutes ces questions sont une bonne introduction aux questions qui nous attendent pour la prochaine rencontre.
    JPS nous demande par exemple si nous pensons que Dieu s’occupe de la météo !
    Nous avons 2 semaines pour y réfléchir.

    Compte-rendu établi par J.P. Lechevalier et révisé par Marc Pattus.

    Les prochaines rencontre du groupe :
    toujours le vendredi, à 10h15 = 8 et 22 décembre
    Le 12 janvier 2018
    Le 26 janvier est la rencontre à mi-parcours avec Jean-Pierre Sternberger.

    A noter dans les agendas : les prochaines rencontres avec JPS.
    A mi-parcours :
    le vendredi 26 janvier 2018 à 10h15 au presbytère 1 rue de l’Hôtel de Ville
    Pour conclure l’année :
    le vendredi 22 juin 2018, toujours à 10h15 au même endroit.





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