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    Echo de la Table ronde du 14.10.2011

    « Nos peurs parlons-en…et de nos espoirs aussi »

    INTERVENANTS :

    Docteur CH. BOISSIER (professeur à l’Hôpital de St Etienne)
    Docteur François KRAFT (retraité de l’Hôpital d’Annonay)
    Mr Jean DIETZ (pasteur chargé de mission Solidarité du conseil régional)
    Mr Lluis CABALLE (D.R. de la Fédération de l’Entraide Protestante de France)

    Monsieur Lluis CABALLE

    * Qu’est ce que la peur ? – Pas facile à définir, une ambiguïté : Il ne parait pas souhaitable de vivre dans la peur – Pourtant, devant terroristes, nous pouvons éprouver une sorte d’admiration de, ils n’ont pas peur !!! La religion a beaucoup utilisé la peur, notamment peur de l’enfer.
    Est-il bon ou pas, que l’homme ait peur ?

    Reportons-nous à la bande dessinée « Astérix et les Normands » ! Les normands veulent à tout prix connaître la peur, car on leur a dit qu’elle permettait de voler. Ils comptent sur les Gaulois pour leur apprendre à voler. Ils n’y parviendront jamais, mais ils deviennent plus humains –avant ils étaient bloqués dans leurs délires –
    La peur est une structure de l’humain, mais aussi de l’animal = C’est l’instinct de survie – la peur devant le prédateur protège : c’est une réaction salutaire. La peur est vitale, elle fait partie de l’économie de la vie. Sans elle, l’animal deviendrait une proie facile.
    Face à la peur, les perceptions sont différentes – Il existe des peurs spécifiques : souris peur du chat, éléphant (prétend-on) peur de la souris.

    L’humain est un être de parole – Il va essayer de parler sa peur –
    La peur, chez les enfants a un rôle important = Dans cet « allant devenant » comme disait Françoise Dolto, la peur est formatrice.
    Les peurs, nous pouvons les surmonter seuls, ou dans la relation avec les autres – Les rites d’initiation, dans les sociétés primitives, permettaient de passer du stade d’enfant au stade d’adulte – les enfants jouent souvent à se faire peur, par plaisir : A une fonction d’éveil – Les adolescents jouent aussi à des jeux dangereux, lorsqu’ils sont dans une société trop sécurisante (réaction).

    -> La peur peut donc être nécessaire
    Cependant, des êtres à l’imagination débordante s’inventent des peurs imaginaires personnelles, liées à l’histoire de chacun – Peurs sans objet qui génèrent l’angoisse – Elles brouillent la relation avec la vie – Pour se délier, il faut parler – Si on élude ses peurs, on tombe dans l’illusion – Il y a quelque chose du refus du vivant –
    Chez certains toxicomanes leur histoire d’amour avec le produit les coupait de la densité du vivant – Quand ils rompent avec la drogue, en même temps que la peur, ils retrouvent la joie.

    Docteur François KRAFT

    A réfléchir sur les peurs collectives, qui laissent une empreinte sur le groupe.
    La peur est à distinguer de l’angoisse – Peur à une cause, l’angoisse n’en a pas (sentiment confus)

    1) Les peurs du quotidien
    La société a vécu dans l’espoir jusqu’en mai 1968, grâce aux progrès techniques, le radical socialisme – En ¼ de siècle, renversement total des mentalités – Tout perçu comme entièrement négatif bien que le progrès matériel soit de plus en plus grand –
    Diverses peurs du quotidien :
    -> Peur de la perte de l’emploi
    -> Peur de l’autre : insécurité
    -> Peur de l’étranger
    -> Peur de la solitude (il faudra peut-être briser les idoles que sont la télé et les écrans de toutes sortes)
    -> Peur de la vieillesse
    -> Peur de l’accident imprévisible, sur lequel on n’aurait pas de maîtrise
    Ces peurs sont amplifiées par les médias, qui ne contribuent pas à rassurer…
    Sentiment de perdre la maîtrise – On s’est affranchi des idéologies, on veut se construire une vie indépendamment de toutes les contingences – mais on a l’impression de ne plus rien maîtriser – Les élites aussi paraissent avoir failli – Peu de philosophes ou autres que l’on entend massivement ont quelque chose à dire ; ceux qui auraient quelque chose de valable à dire, on ne les écoute pas, on ne les entend pas :
    Le progrès devient totalement sécularisé – Le progrès moral ne suit pas le progrès matériel -> à tel point que dans nos sociétés, on en arrive à la haine du passé, qui nous a trop fait espérer.
    Ce n’est pas pareil dans le monde entier – En Asie, on croit à une amélioration – En Inde, les castes refluent, la population peine – Le Japon est vieillissant – En Afrique, on parle beaucoup de la colonisation.

    2) Les peurs apocalyptiques
    On a à faire à des discours catastrophiques – La démographie galopante va amener la famine – On a peur des épidémies – La fin de l’humanité semble proche.
    Il ne serait pas raisonnable de ne pas prendre la situation au sérieux – Mais on se polarise sur ce qui est du ressort de la puissance de l’homme (puissance de la destruction de la nature par exemple ou le nucléaire)
    On a l’impression d’être toujours dans une 1ère fois – Or, il y a eu la peste, des flammes, des catastrophes bien avant nous.
    -> Tout ceci ouvre sur l’absurde : il n’ y a pas de salut.

    Professeur. Ch. BOISSIER

    « Même pas peur ». C’est le cri d’un petit garçon devant des plus grands qui voulaient le tabasser.
    Penser à la cérémonie du cri des All Blacks, avant tous leurs matchs – On veut impressionner – On a donner à la peur toutes les couleurs :
    « Avoir une peur bleue » - « Être vert de peur » - etc ….
    Il existe des peurs de toutes sortes et une kyrielle d’expressions pour montrer les réactions produites par la peur – Dans mon expérience de professeur et de médecin, je vois deux volets –

    -> La peur de l’étudiant – (il a peur de l’échec à l’examen, peur de ne pas pouvoir entreprendre la carrière qu’il s’est choisie – on pourrait envisager une école « relax », sans examen – Mais quels seraient les résultats ? pas forcément du travail !

    -> La peur des malades – La mort n’est pas beaucoup évoquée, mais on parle de la peur de la dépendance et du handicap –
    La peur, est un moyen de sensibilisation :
    On montre les images des conséquences – Et on va appuyer là-dessus, pas forcément sur le plus fondamental -
    * Les gens ainsi auront peur de perdre des points au permis s’ils font des excès de vitesse… (Et pas de tuer quelqu’un au volant) –
    * Ils auront peur de l’impuissance sexuelle s’ils boivent ou se droguent… (Mais pas de dégâts sur leur santé et sur leur famille).

    La peur est un outil de marketing = Au moment par exemple où aux Etats-Unis, on discutait de l’amendement sur la délivrance des armes, les fabricants et vendeurs ont mis l’accent sur l’insécurité – comme pour dire : vous êtes en danger, vous avez besoin des armes.
    La peur est un outil de gouvernance = On peut se soumettre à un gouvernement par peur de tout ce qui pourrait arriver – En définitive :

    *** La peur, un outil nécessaire ( ?)
    -> Utile pour sensibiliser et prévenir –
    -> Persuader –
    -> Gouverner –
    *** Une attitude –
    -> Qui relève de la violence –
    -> Qui relève d’une réaction d’impuissance –

    Pasteur Jean DIETZ

    La peur est-elle une mauvaise conseillère ? Pas forcément –
    Pour la question du marketing, il existe une charte entre professionnel, mais elle n’est semble-t-il pas bien respectée –

    La peur peut emprisonner les autres – Exemple : dans le roman « L’arrache cœur » de Boris Vian, où une mère, qui a peur, finit par enfermer ses enfants dans des cages, au moins ils seront à l’abri pense-t-elle ! – « Mais l’air passait à travers les barreaux » ...

    Quel monde construisons-nous pour les générations futures ?
    -> Une peur s’exprime dans cette question – mais nous devons quand même choisir –
    Cela n’apparaîtra que plus tard si notre choix est bon ou mauvais – On ne peut pas savoir dans le présent – C’est toujours la génération suivante qui se prononce, exemple = On n’a pas encore neutralisé tous les obus de la dernière guerre en France – Dans d’autres pays, il y a encore des champs de mines –

    Dans les rencontres à Annonay ont émergé diverses peurs
    -> Peur de la désorientation –
    -> Peur de l’abandon –
    -> Peur du dernier voyage –
    Dire de quoi on a peur, c’est accepter de se montrer faible – Certains se sont proposés d’accompagner de façon non intrusive –
    Dans « Litanies contre la peur » de Jacques Salomé, on trouve ces étapes :
    -> La peur peut amener l’anéantissement –
    -> Je ferai face à ma peur –
    -> Quand la peur j’aurai traversée, moi seul je donnerai !

    (Notes relevées par Hélène Argaud) avant le débat





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