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    Ce que chacun doit savoir du Judaïsme

    Le sionisme

    * Le sionisme est l'aspiration des Juifs dispersés dans le monde à revenir sur une terre dont Sion - autrement dit Jérusalem - est le centre. Ce mouvement répond à des motifs divers. On peut y distinguer une dimension religieuse et une dimension politique.

    * Dieu promet une terre à Israël
    La promesse d'une terre est déjà adressée aux patriarches, par exemple à Jacob : « Je suis le Seigneur, Dieu d'Abraham ton père et d'Isaac : la terre sur laquelle tu es étendu, c'est à toi que je la donnerai et à tes descendants (Genèse, chapitre 28, verset 13), promesse répétée dans l'Exode (ch. 3, v. 7-8) et par le Deutéronome : « Voyez, je vous remets la terre. Entrez et prenez possession du pays que le Seigneur a juré de donner à vos pères et à leurs descendants après eux » (ch. 1, v. 8). Cette terre promise est aussi une terre conquise, mais cette conquête sera moins l'œuvre des hommes que celle de Dieu agissant par des interventions plus ou moins directes. En contrepartie, le don de la terre implique, pour le peuple d'Israël, l'obéissance aux commandements (Deutéronome, ch. 6, v. 10 à 12; Jérémie, ch.2, v. 7).

    * Cette terre appartient à Dieu. Il a élu le peuple d'Israël afin qu'il y vive selon sa volonté ; dans ce sens, elle est Terre Sainte, c'est-à-dire terre mise à part pour être le signe que Dieu tient ses promesses. Il y a donc un lien profond entre la terre d'Israël, le peuple d'Israël et les commandements, dont un tiers d'ailleurs ne peut être observé que dans le pays d'Israël : dîmes sur les produits agricoles, année sabbatique, bénédiction sacerdotale quotidienne, etc.

    * Ainsi, dès l'Antiquité, existe un lien entre le peuple juif et sa terre. A travers les exils successifs qu'eut à subir le peuple, l'aspiration au retour à Sion ne s'est jamais démentie, comme le prouvent la prière quotidienne pour le retour à Sion, la liturgie du 9 Av, le souhait pascal « l'an prochain à Jérusalem », le désir chez beaucoup de s'y faire enterrer, etc. Contrairement à ce que l'on prétend parfois, la présence juive n'a jamais disparu de Palestine après la destruction du Temple (en l'an 70 de notre ère) : elle s'est concentrée principalement en Galilée, important centre culturel. Elle se maintint sous la domination arabo-islamique, à partir de 640, puis sous celle des Croisés et, à partir de 1517, celle de la puissance ottomane. En dépit de grandes difficultés et avec l'aide de la Diaspora, la population juive a pu se maintenir dans le pays, notamment dans les quatre centres de Jérusalem, Safed, Tibériade et Hébron. Jusqu'au 19ème siècle les juifs étaient en majorité à Jérusalem. Vers la fin du 19ème siècle des pionniers venus de l'Europe de l'Est installèrent des établissements agricoles ; leur mystique de la terre était inspirée par L’amour de Sion, qui ont nourri les prophètes de la Bible et des poètes comme Jehuda Halévi (1085-1141).

    Theodor Herzl et « l'Etat Juif »

    * L'antisémitisme, de plus en plus vif en Europe dans la seconde moitié du 19ème siècle, fut la cause principale du développement du sionisme dans une direction politique. En 1892, le philosophe viennois Nathan Birnbaum parle pour la première fois de sionisme; mais c'est l'Autrichien Theodor Herzl (1860-1904) qui est le créateur du sionisme politique. Fortement impressionné par l'affaire Dreyfus qu'il avait suivie en tant que journaliste, il rédigea L'Etat juif (1860). En 1897, il convoqua à Bâle le premier Congrès sioniste. C'est là que s'imposa la conviction qu'un État juif ne pouvait s'implanter qu'en Terre sainte et que le mouvement reçut sa charte fondamentale. Le sionisme était désormais structuré.

    * Désormais, le sionisme prend l'aspect d'une véritable renaissance nationale, sans pour autant rallier l'ensemble du judaïsme. Les Juifs fortement assimilés redoutaient une renaissance de l'antisémitisme ; beaucoup de Juifs religieux marquaient leurs réserves par rapport à la création d'un Etat séculier. Paradoxalement, des antisémites virent dans le sionisme un moyen de se débarrasser des Juifs.

    * C'est en 1917, en pleine guerre, que la Déclaration Balfour garantit aux Juifs un Foyer national en Palestine.. Toutefois, l'ambiguïté de la politique britannique et l'hostilité arabe en ralentirent l'application. L'avènement du national-socialisme en 1933, puis la mise en application de son programme d'extermination des Juifs en Europe (en hébreu Shoa, terme préférable à celui d'Holocauste) font percevoir le sionisme comme une réplique à ce projet. Après Auschwitz la création d'un État juif s'imposa. Ainsi, la vision d'Herzl prenait corps. De nombreuses difficultés subsistent cependant : le caractère à la fois laïque et religieux de l'Etat d'Israël, le statut politique des citoyens arabes, la coexistence avec la Diaspora, la contestation de la Loi du retour (droit de tout Juif à s'établir dans l'Etat d'Israël comme citoyen), la reconnaissance de l'Etat dans des frontières garanties par la communauté internationale et notamment les pays arabes, les droits des Palestiniens, etc.

    Les Chrétiens et le Sionisme

    * Les Chrétiens doivent prendre conscience de la place fondamentale qu'occupe la Terre d'Israël dans la pensée religieuse juive, sans vouloir définir une théologie à leur place.
    Dès les premiers temps du sionisme les Chrétiens ont, dans l'ensemble, réagi avec indifférence, mais d'autres y ont vu l'aube des temps messianiques. Après la création de l'Etat d'Israël, considérée comme une résurrection d'entre les morts, beaucoup de Chrétiens ont été réconfortés dans leur espérance. D'autres vivent encore dans une atmosphère religieuse où la dispersion des Juifs en tant que châtiment paraît une vérité théologique permanente. Des voix chrétiennes se sont même associées à celles de l'antisémitisme classique pour assimiler l'idéal sioniste à une forme de racisme.

    * Mais les Chrétiens doivent ouvrir les yeux sur le poids du passé antisémite de la Chrétienté et sur les risques que l'antisionisme ne relaie l'antisémitisme. Il faut tenir compte de la virulence des antisionistes du monde actuel qui permettent à tous les fantasmes antisémites de se manifester sans dire leur vrai nom. La responsabilité des Chrétiens exige d'exercer le plus grand discernement à ce sujet.
    à suivre...

    Edité et diffusé par « Etude du judaïsme » sous les auspices de la commission « Eglise et Peuple d'Israël » de la Fédération Protestante de France.
    Les dépliants 1 à 12 (sur 14) ont été publiés dans ce journal.

    Extrait du mensuel « présence » de l’ERF de Thiers





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